Est-ce que les traitements médicamenteux en psychiatrie sont systématiques pour les détenus ?
Eh bien, pour répondre assez globalement et assez rapidement, oui ! Mais pas tous logés à la même enseigne : chacun aura son traitement en fonction des évaluations que les psychiatres, en concertation avec le reste de l’équipe médicale, auront choisies pour vous. Le reste de l’équipe médicale, ce sont les infirmier(ière)s, psychologues, ergothérapeutes (s’il y en a) et même les veilleurs ont leur mot à dire pour que les psychiatres puissent à la fin faire une bonne synthèse d’après tout ce qu’ils ont entendu concernant leurs patients. En gros, les psychiatres écoutent les rapports verbaux des infirmières/infirmiers et autres qui vous auront reçu les premiers dans leur structure, et donc observé en premier, pour qu’ensuite ils répètent votre conduite ou attitude et état d’esprit à ces psychiatres qui décident à la fin quel traitement vous correspondrait le mieux.
Pourquoi c’est systématique les traitements ?
Eh bien la réponse est toute simple : si vous allez en psychiatrie, c’est qu’il y a eu à la base un problème !! Sinon vous seriez resté en prison ou à la maison, non ? Je parle pour les détenus, mais pour les patients du civil, c’est pareil : s’il n’y avait pas eu de problème, ils seraient restés chez eux. Donc toute personne qui rentre en psychiatrie a 90% de chances d’avoir un traitement ponctuel ou pérenne (qui dure).
Mais un détenu aura encore plus de chances à 95% d’avoir un traitement, car les psychiatres ont peur que ces derniers commettent des actes de violence à cause d’une mésentente entre les autres patients ou membres hospitaliers ou pendant une tentative d’évasion qui est bien plus facile qu’en prison. Alors les psychiatres avec l’expérience mauvaise qu’ils ont pu avoir avec les détenus, peuvent devenir encore plus paranos que certains détenus psychopathes paranoïaques. C’est pour dire, vous le verrez dans mes écrits à travers des exemples autobiographiques réellement vécus.
Alors pour répondre plus précisément à la question : est-ce que les traitements médicamenteux en psychiatrie sont systématiques pour les détenus ?
Je dirais qu’il y a des exceptions. Et une personne qui souhaiterait s’évader de ces structures aura intérêt à faire en sorte de ne prendre aucun traitement pour rester lucide, clairvoyante et musculairement efficace pour réussir son évasion. Sinon, elle aura l’esprit empêtré par ces psychotropes-molécules-folles qui auront raison de sa raison et motivation de poursuivre son évasion. Là aussi, il a fallu que j’use de ruses et de subterfuges après ma première évasion pour retourner en hôpital psychiatrique et ensuite double-ruser pour avoir un traitement faible et facile à-ne-pas-prendre… Vous lirez tout cela dans mon premier tome « Pardon Chérie de t’avoir envoyée dans Le royaume des anges » et les tomes suivants.
Alors, mon premier séjour en psychiatrie, ce n’était pas une ruse pour m’évader, oh que non ! Je suis arrivé en prison juste après avoir enlevé la vie de ma Chérie, après la garde à vue, dès ma première nuit à la Maison d’Arrête de Nanterre, je me suis charcuté la veine radiale du poignet gauche. La cellule au petit matin ressemblait à un abattoir tellement il y avait de sang partout sur les murs, au sol et sur mon lit (oreiller, couverture, draps, matelas, sommier en ferraille percé de ces milliers de petits trous bleus qui faisaient comme des cascades de sang jusqu’au sol…). On m’a sauvé in extremis… et j’ai atterri au service des urgences (ma tension était presque nulle tellement je m’étais vidé de mon sang), on m’a rafistolé avec des points de suture, j’avais totalement cisaillé ma veine radiale. Alors, arrivant dans un tel état de suicidant (qui a fait déjà une tentative de suicide), il était clair que le psychiatre allait me shooter de médicaments pour éviter que je recommence, qui plus est dans son service. Car il a vu et compris que je voulais en finir !!! Que pour moi, à ce moment-là, ce n’était que partie remise. J’attendais juste une prochaine occasion ; pour vous dire, je passais mon temps dans cette chambre d’isolement à la recherche d’objets tranchants. J’avais envoyé la Fille la plus gentille de l‘univers dans Le royaume des anges, alors que moi je n’avais pas eu le cran ensuite de me suicider, alors il m’était inconcevable de continuer à vivre pareillement sans Elle sur cette planète-terre-enfer. Je me suis donc retrouvé dans une situation où le psychiatre m’avait prescrit du Nozinan (un puissant neuroleptique) sous forme buvable ; je ne pouvais donc plus aussi facilement ruser pour ne pas le prendre ; contrairement à des comprimés qui peuvent être dissimulés sous la langue. Cela me provoquait des sensations très très désagréables comme des petites araignées qui couraient partout dans tout mon corps tout en embrouillant mon cerveau, une torture !!! Mais bon, cela était justifié vu mon état suicidaire ! Si j’avais eu une arme à ce moment-là, là je l’aurais eu LE COURAGE de me tuer d’une balle en pleine tête. Ensuite, j’avais parlé au psychiatre, qui m’avait arrêté le traitement. Mais je continuais de prendre d’autres comprimés, en vrai, je ne les prenais pas, je les mettais sous la langue avant de les jeter dans les toilettes. Rester lucide en toutes circonstances était mon leitmotiv-dans-ma-déprime, je préférais mourir lucide qu’abruti. Je déteste ne plus avoir les commandes de mon cerveau, trop conscient pour imposer un tel souffle moléculaire à mon hyper-sensible cerveau-coupable.
Donc, dans un cas pareil, les psychiatres s’arrangent pour essayer de neutraliser toute récidive, et leur arme biochimique, ce sont les médicaments. Si vous êtes assez rusé et savez bien argumenter, vous pouvez vous en défaire, mais ce n’est jamais gagné. Car vous devez passer toutes les futures évaluations : vous devez donc montrer que vous n’êtes plus suicidaire, que vous prenez bien votre traitement classique, que vous avez un esprit plus ouvert et optimiste que fermé et pessimiste proche d’une envie de suicide, tout doit être contrôlé de votre côté, absolument tout. Vous devez donc être encore plus psychologue que les psychologues et les psychiatres pour comprendre leur automatisme psychologie de prescription et d’intention sécuritaire. Vous apprenez donc à dire ce qu’il faut dire et ne pas dire.
Un patient qui semble normal, et un jour qui s’énerve pour une broutille, le psychiatre lui prescrira dans la foulée un traitement qui s’ajoutera ou pas à celui de base, histoire de le calmer et le remettre « d’aplomb » pour éviter un autre pétage de plomb. Il sera réévalué plusieurs jours après, qui peut s’étendre sur plusieurs semaines avant de décider ou pas d’arrêter son traitement et de revenir à celui précédant le pétage de plomb…
Vous voyez donc que les prescriptions suivent les états fluctuants de la raison qui met parfois en prison le détenu ou le patient. C’est à vous de bien parler aux psychiatres afin que votre traitement finisse par un simple somnifère. J’en ai connu qui avait un traitement à tuer une baleine : plus de 14 comprimés plus solution buvable jaunâtre ; si j’avais pris moi, un tel traitement, je serais je pense tombé dans un coma sans certitude d’en sortir !!! Un jour, un détenu qui était mon pote, il était black, baraqué, et il faisait peur, alors le psychiatre en concertation avec toute l’équipe avait décidé de chimiquement le neutraliser. Cela a été une expérience des sens pour moi en étudiant en direct tout au long de la journée comment son comportement évoluait entre avant la prise, pendant la prise, et après la prise. On était potes à l’USIP de Prémontré d’où je m’évaderai pour la deuxième évasion. Il n’était pas malin, il montrait des signes d’impulsivité, ce qu’il ne faut surtout jamais faire, en plus avec sa carrure, c’est clair, qu’il foutait la frousse à tout le monde, alors, il se faisait bourrer de médicaments jusqu’à son départ-retour en prison avant de revenir quelques semaines plus tard beaucoup plus lucide, mais de re-dégringoler mentalement et perceptiblement de nouveau proportionnellement à la reprise des médicaments sous solution buvable et solide pour lui (avec en plus des comprimé). Je pense que moi, à sa place, j’aurais claqué d’une overdose !!! Je suis déjà hyper-hyper-hyper-sensible rien qu’en mangeant un carré de sucre, oui, je me perçois déjà mentalement plus pâteux et cotonneux, alors je vous laisse imaginer avec des neuroleptiques… !
Si vous arrivez donc à installer un climat de confiance entre toute l’équipe médicale, des infirmiers/ières aux psychiatres (souvent un seul par service) aux psychologues qui vous considèrent comme inoffensif (facteur le plus important pour eux), vous n’aurez pas un gros traitement à prendre, et vous pourrez plus facilement dissimuler sous la langue le peu de comprimés que vous prendrez avant de les virer dans les toilettes. Déjà enfant, en classe j’étais très habile pour cacher aux maîtresses les chewing-gums ou bonbons sous la langue quand c’était interdit. Je ne me suis jamais fait attraper. Il en sera de même dans toutes les structures psychiatriques où je passerai : ça sert d’être enfant.
Votre comportement psychique et physique est comme un étalon-visuel-évaluatif qui donnera ou pas l’alerte aux membres des services psychiatriques avant de recevoir un traitement faible ou fort du point de vue réaction-bio-chimique sur votre esprit imaginatif en exil. Tous les détenus que j’ai croisés dans les services psychiatriques avaient tous un traitement, et parfois comme moi, quelques comprimés, mais beaucoup rusaient aussi en ne les prenant pas, mais d’autres c’était comme une drogue secondaire au cannabis ou à la méthadone pour aider les toxicomanes à compenser leur manque de drogue… !!! D’ailleurs c’est la raison pour laquelle il y a dans toutes les prisons un petit marché frauduleux de médicaments : par exemple, vous pouvez échanger vos médicaments contre des cigarettes, des produits alimentaires des cantines (après achat de marchandises via des feuilles de cantine que l’administration pénitentiaire met à la disposition des détenus), voire de l’argent (facile d’en passer via les parloirs ; surtout les billets qui ne font pas sonner les détecteurs).
Donc, rien n’est acquis si vous allez dans les services psychiatriques, c’est à vous d’être malin ou d’être tout simplement vous-même !
Mais à l’inverse, si vous faites confiance aux membres des services psychiatriques et à la médecine en général et que vous souhaitez aller mieux, prenez tout ce qu’on vous donne, et vous verrez. Moi, je n’avais pas qu’une seule raison (de rester clairvoyant), mais plusieurs de ne prendre aucun traitement tout au long de ma longue incarcération ; vous les connaîtrez toutes ses raisons qui ont fluctué tout au long de mon incarcération, car je suis l’être je pense, le plus complexe de l’univers après Dieu.
Pour conclure :
Tous ceux qui vont en psychiatrie auront un traitement qui sera régulièrement « recalibré » en fonction de leur évolution psychologiquement positive ou négative (bien luné ou mal luné) évaluée par les équipes satellitaires du docteur-soleil-psychiatre.