C’est quoi les différentes structures psychiatriques ?
Alors, avant toute chose, il faut savoir qu’il y a plusieurs types de structures psychiatriques en France, aussi bien pour les détenus (ceux qui effectuent une peine de prison) que les gens classiques du civil (qui ne sont pas entre les mains de la justice ou de l’administration pénitentiaire). Et souvent, les détenus sont mélangés avec ces civils bien qu’ils soient plus surveillés que ces derniers : ils peuvent rester parfois isolés et confinés uniquement dans les chambres d’isolement sans aller se mélanger avec les autres patients du civil (dans les salles communes par exemple) avant de repartir en prison. Ils peuvent être astreints à prendre un traitement pour contenir leur violence ou envie d’évasion…etc. Enfin, cela dépendra du profil psychologique du détenu qui sera observé pendant justement son passage dans la chambre d’isolement ; ensuite soit il y reste, soit il en sort pour aller avec les autres patients ; et c’est le même traitement pour les patients du civil qui doivent aussi passer dans ces chambres d’isolement pour y être observés-évalués.
Mais il y a différentes structures psychiatriques comme il y a différentes structures carcérales (en rapport avec la prison) qui reçoivent en fonction du comportement calme, agité, violent… des patients civils ou des détenus.
Il y a les services psychiatriques classiques HP (Hôpital psychiatrique). Un patient qui entre la première fois en hôpital psychiatrique ou un détenu par exemple après une grave tentative de suicide en prison pourra y être reçu, mais en chambre d’isolement dans un premier temps, afin d’y être observer pour ensuite avoir ou pas plus de liberté de circulation au sein des locaux : avoir le droit de partager les pièces communes ; réfectoire, salle télé, salle d’activité, toilettes, cour de promenade extérieure sauf pour les détenus qui sont surveillés de plus près et qui ont très peu le droit de sortir des locaux.
Pour rappel : une personne classique du civil peut demander elle-même d’entrer en psychiatrie ou bien de faire entrer un membre de sa famille dont elle juge nécessaire l’hospitalisation pour éviter des problèmes pour elle ou son entourage (risque de suicide, de pétage de plomb sur des personnes…etc). Mais bon, faire attention, car c’est souvent un bon moyen de se débarrasser d’un membre de sa propre famille pour toucher ensuite le pognon de cette personne ; on en a des milliers d’exemples dans la littérature et dans les faits divers. Alors attention à ce que l’on peut dire sur telle ou telle personne. Les langues de crapuleuses-vipères sont souvent au sein des familles… dont certaines tueraient leur mère pour 30 euros !
Maintenant, si un détenu ou un patient civil s’est montré agitateur, perturbateur ou violent dans ces simples services psychiatriques de base, une demande de transfert vers un établissement plus strict pourra être faite par un membre hospitalier : souvent les infirmiers en concertation avec un/une psychologue et un/une psychiatre décident ensemble d’envoyer un détenu ou patient dans un service plus sécurisé et strict avec encore moins de liberté de circulation ; ça s’applique là autant sur les patients civils que sur les détenus qui eux sont déjà habitués à avoir très peu de liberté de mouvement dans ces services psychiatriques classiques. Alors en vrai pour eux, ça ne change pas tellement grand-chose. On y reviendra. Parmi ces structures, il y a les USIP (Les Unités de soins intensifs psychiatriques).
Mais si un patient ou un détenu est vraiment très très problématique avec risque d’un pétage de plomb d’une extrême violence d’après les appréciations-supputations des infirmiers, psychologues et psychiatres, et qui a déjà fait preuve de violence extrême dans le passé, et donc considéré comme extrêmement dangereux, car imprévisible, eh bien, on l’envoie en UMD (Unité pour Malade Difficile). Mais un détenu qui est considéré comme dangereux ou rusé capable d’évasion, on va l’envoyé lui aussi en UMD pour éviter qu’il s’évade de nouveau. Mais d’autres détenus venant d’une Maison Centrale, ne vont que très rarement en HP classique, ils vont soit en USIP, soit en UMD. Par contre les détenus en Maison d’Arrêt (qui n’ont pas été encore jugés ou à qui il reste moins d’un an à faire pour purger leur peine), eux peuvent aller dans ces services psychiatriques classiques « s’ils ne sont pas trop psychopathes ». On doit donc retrouver en USIP et en UMD les pires psychopathes de l’hexagone normalement… On y reviendra sur cette vraie ou fausse vérité. Mais c’est vrai qu’à la Maison Centrale de Clairvaux j’ai retrouvé des détenus que j’avais côtoyés au CP de Château-Thierry, mais aussi de l’UMD de Sarreguemines. On peut donc dire que Clairvaux, c’est la structure qui réunit les pires psychopathes, peut-être, mais je ne me suis jamais senti aussi bien qu’à Clairvaux… ! Bizarre non ? Est-ce donc vrai tout cela ?
Donc en gros, il y a un type de structure pour un type de profil psychologique qui pose problème aux membres hospitaliers. Et leur solution est donc de les envoyer dans ces différentes structures plus surveillées et donc plus sécurisées avec des traitements médicamenteux souvent plus importants.
Pour un détenu, c’est pareil en quelque sorte : au départ, avant d’être jugé, il arrive et passe son temps dans une M.A (Maison d’Arrêt). S’il ne reste pas tranquille avant d’être jugé pendant son passage dans cette Maison d’Arrêt, il pourra subir un changement de secteur dans une autre structure carcérale, soit au sein de la détention où il se trouve comme un SMPR (Service médico-psychologique Régional) soit on l’isole dans un QD (Quartier d’isolement) soit il subira un transfert au CP (Centre Pénitentiaire) de Château-Thierry qui est par excellence le service psychiatrique carcéral qui réunit les pires des pires détenus à l’image des UMD pour les patients. Une fois jugés, les détenus qui ont ce profil finissent en Maison Centrale. Moi, je les ai toutes faites sans aucune exception ! Toutes : HP, Quartier d’isolement (après ma première évasion), SMPR, Château-Thierry, USIP, UMD, Maison Centrale, on y reviendra dans mes écrits (mes tomes : Samedi et les limbes entre les murs).
J’ai donc vu de l’intérieur comment les choses se passaient, leurs faiblesses, leurs failles, leurs dysfonctionnements, j’ai pu connaître toute une palette de psychologies différentes : des simulateurs aux pires psychopathes ; vraiment cela a été très intéressant pour moi qui aime tant analyser tout ce qui passe devant mes yeux et mes oreilles. Bien que ces décors auraient pu pousser plus d’un au suicide, moi, à part mes deux premiers séjours juste après le drame où je voulais vraiment mourir, car je ne voyais pas d’avenir de vivre sans ma Chérie… mais une fois des années passées, je ne me suis jamais autant marré dans ces services psychiatriques à l’image de McMurphy joué par Jack Nicholson dans le film Vol au-dessus d’un nid de coucou de 1975 (année de ma naissance) de Miloš Forman où ça aurait pu être moi Jack Nicholson.

Mais aujourd’hui où ma santé n’est plus au beau fixe, ce passé est devenu même nostalgique…, là aussi, je détaillerai tout cela dans mes écrits.
Donc pour récapituler : vous arrivez dans un HP (hôpital psychiatrique « classique », si vous insultez le personnel, si vous vous bagarrez avec un patient, un membre ou autre en perturbant la vie des autres patients, vous finirez en USIP ou en UMD. Vous savez les UMD comme celui de Cadillac en l’occurrence, que les journalistes montrent souvent à la télé en stimulant de leur caméra les membres médicaux afin que ces derniers provoquent un pauvre patient isolé pour qu’ensuite celui-ci s’énerve devant la caméra afin de justifier ensuite le travail extrêmement dangereux que ses infirmiers font chaque jour… (falsification de la réalité pour obtenir des primes de risque ou d’autres indemnités) ! Là aussi, on manipule les téléspectateurs en provoquant du sensationnel-visuel, alors qu’en vrai, en UMD, il y a plus de gens bien et gentils que de véritables psychopathes. Je dirais même que la plupart des patients ont plus de cœur que 60% des gens libres censés être normaux !!! On y reviendra là aussi dans mes écrits. Moi j’avais été dans l’UMD (Unité pour Malade Difficile) de Sarreguemines.
Ne croyez pas tout ce qu’on vous passe à la télé, car le monde est dirigé par le pognon ! Quand il y a pognon derrière, il y a mensonge devant !!! S’il y a pognon, il y a mensonge !!!