Le Buisson Magique

Bienvenu dans ma bibliothèque/librairie ! Cet espace est fait pour vous détendre et vous changez les idées via la lecture. Car je me soucie de votre bien-être, et chacun de mes mots lu seront pour vous comme des caresses psychiques... Je vous souhaite donc de très bonnes lectures !

Le Buisson Magique

Desplanches David. Né le 3 juin 1975. Premier jet terminé à l’âge de : 37 ans. « Le Buisson Magique » et publié sur Amazon le 27 août 2021 à l’âge de 46 ans.

                                   

   Quatrième de couverture

 

Une créature mystérieuse se lance à la poursuite d’un couple sans histoires qui vit dans une résidence chic de Sceaux. Christophe, Élodie et leur petit chien Riki vont vivre une insoutenable angoisse jusqu’à l’évanouissement d’Élodie pendant que la traque se poursuit…

Oui, cette créature reste un mystère total, incompréhensible jusqu’au dénouement.

Livre suspense pour tout public avec rebondissements du début jusqu’à la chute de l’histoire.    

Le Buisson Magique

Première partie : page de 5 à 39 
Deuxième partie : page de 41 à 77 
Nombre de pages total : 81 
Nombre de lignes : 2099 
Nombre de mots : 15 047 
Paragraphes : 313 
Photos : 2 

Principaux personnages : Christophe et sa femme Élodie avec leur petit chien Riki, sans oublier le mystérieux…

 

               Copyright © 2020 Desplanches David                                        Tous droits réservés.                              ISBN : 978-2-9566808-0-2

 

 Première partie

 

Il s’approcha de la voiture et, quand il prit ses clés, un bruit dans le buisson se fit entendre.

Christophe se retourna au même moment que son sac de sport tomba au sol. Son chien, Riki, un caniche tout blanc, aboya vers cette touffe verdâtre qui avait bizarrement retrouvé son silence dans une position statique ; les branches ne bougeaient plus ! Son petit chien était visiblement intrigué, car il avait l’oreille plus réceptive que son maître.

– « Riki reviens, allez reviens… ! »

Dans l’arbrisseau, il y avait des yeux tout rouges qui semblaient flotter entre les branches touffues.

– « Allez, viens Riki ! relança Christophe avec plus de détermination. Allez, viens, on rentre à la maison ! »

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Il venait d’ouvrir la portière pour mettre son sac sur la banquette arrière ! Et attendait maintenant que son chien se jette dans la voiture avant de la refermer !

Le chien émit des petits couinements de peur qui échappèrent à son maître qui lui, était préoccupé de vite rentrer chez lui pour suivre les informations télévisées : il y avait l’équipe de France de football qui jouait !

Les yeux rouges mystérieux prenaient plus d’ampleur, comme un ballon de baudruche qui gonfle concentriquement en prenant plus de volume autour de lui en poussant les feuilles. Le petit chien, pris de panique, rebroussa chemin vers l’automobile couleur bleu ciel. Oui, cette Porsche dernier cri avait été personnalisée exceptionnellement par le constructeur pour Christophe dans cette coloration qui sortait effectivement de l’ordinaire.

Riki sauta d’un bond sur le siège arrière tout en cuir noir. Christophe prit aussitôt le volant et démarra le véhicule en direction de sa ville de Sceaux, dans la banlieue sud-parisienne, dans le 92 (Hauts-de-Seine). Il venait de s’entraîner au squash dans la salle de sport de Verrières-le-Buisson, dans la commune de l’Essonne dans le 91, et nous étions le vendredi 18 avril 2025. 

La voiture disparaissait à un feu rouge quand le buisson, encore sur le parking, bougea de nouveau, et

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chose surprenante, après un bruit sec, comme un arrachement, il se mit à suivre la voiture en glissant sur la route après avoir quitté son poste, visiblement d’observation ; seule une queue transparente dépassait de l’arbrisseau ! Un couple qui se promenait en vélo n’en croyait pas ses yeux de voir un si petit arbre glisser à une vitesse aussi vertigineuse ; il allait très vite et pourtant, il n’y avait pas de vent ! Ce fut si incompréhensible pour eux qu’ils arrêtèrent leur vélo et posèrent le pied à terre pour mieux regarder la scène qui se déroulait sous leurs yeux ébahis et sidérés.

Le buisson rattrapa la voiture de Christophe en moins de deux ; s’il l’avait voulu, il aurait même facilement pu la dépasser ! Mais ce n’était pas tout, le buisson était malin, car il savait se cacher dans les recoins et derrière d’autres voitures pour échapper à l’œil vigilant du conducteur Christophe, mais surtout de Riki qui l’avait déjà presque débusqué de sa tanière un peu plus tôt sur le parking. Devant le couple en vélo, passa aussi une voiture rouge qui allait lentement comme pour mieux assurer sa conduite. Le conducteur devait aussi être hésitant et indécis en voyant un tel spectacle devant lui. Cette voiture aussi voyait la scène, mais cela, on l’ignorait ! 

Le buisson était visiblement intelligent, mais comment pouvait-il avancer aussi vite qu’une

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voiture, en l’occurrence qu’une Porsche nerveuse ? Le chien, sur la banquette, dut sentir encore quelque chose, car il aboya cette fois-ci face à la lunette arrière, en direction de la route que la voiture de Christophe laissait derrière elle. Il avait reniflé la même odeur pestilentielle que celle qu’il avait sentie au sol devant l’arbuste, à l’arrêt, juste avant de partir du parking qui bordait la forêt. Riki vit le buisson glisser sur la route et les suivre. Il paniqua, regarda Christophe tout en multipliant les aboiements et revint à la vitre ovale. Le véhicule allait prendre la grande nationale descendante en faisant du quatre-vingts kilomètres-heure. Christophe prenait des risques à rouler en pleine ville. Le buisson les doubla tout en slalomant entre les arbres sur le trottoir de droite, devant les cités roses. Riki, s’il avait la parole, aurait bien dit : « Mais ce n’est pas vrai, quelle dextérité a ce tas de branches ! Il se joue des arbres, des voitures, des poubelles, des bancs, des trottoirs, voire de la gravité terrestre tellement il semble voler entre ces objets urbains ! »

Christophe demanda à son chien d’arrêter d’émettre autant d’aboiements. « Riki, arrête d’aboyer ! Mais qu’est-ce qu’il y a ? » Mais comme il était intrigué aussi de voir son chien dans un tel état d’agitation peu habituel, il regarda à son tour vers la droite pour constater ce que Riki regardait : le buisson en pleine action !

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Le buisson slalomait maintenant parallèlement à la voiture. Christophe le constata et n’en revint toujours pas ! Il cligna des yeux comme pour sortir d’une hallucination visuelle qu’il aurait eue, avant de les rouvrir vers la rue et les maisons qui bordaient la route. Le buisson avait disparu. « Oh, c’est pas vrai, tu as vu ça Riki, je n’en crois pas mes yeux ! »

Il revint vers le pare-brise en tenant plus fermement son volant pour poursuivre l’ajustement de sa trajectoire et éviter de foncer dans le décor. Quand il aperçut l’arbrisseau, celui-ci se trouvait, ce coup-ci, sur le trottoir de gauche et dix mètres devant sa Porsche ! Le chien se mit cette fois-ci à la fenêtre de la portière gauche et aboya tout aussi fort dans les oreilles de son maître.

– « Tu te tais maintenant Riki, j’ai besoin de réfléchir. C’est quoi ce truc ? », maugréa-t-il en regardant avec des yeux hagards dans la même direction. Mais qu’est-ce que c’est que cette chose ? On dirait un buisson Riki ! Mais, c’est un buisson ! Comment est-ce possible ? Mais qu’est-ce c’est que ce bidule ? N’ai-je pas pris tout à l’heure, en jouant au squash, la balle dans la tête sans m’en rendre compte pour délirer ainsi ? Peut-être que mes neurones sont en vrac ! Est-ce vraiment vrai ce que je vois ? Mais oui, cela doit être la réalité puisque toi aussi Riki tu le vois !

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Mais qu’est-ce que c’est que cette chose bizarre, nom d’une pipe ! »

Il prit la décision de s’arrêter près d’un petit groupement de magasins qui bordaient la route, juste devant une librairie qui allait bientôt fermer ses portes une fois que ses derniers clients seraient sortis. Il était 18 heures. Il voulait vérifier si cette espèce d’arbre en miniature le suivait vraiment, réellement !

Au moment de son arrêt, il tourna la tête dans toutes les directions et Riki arrêta d’aboyer. Le buisson semblait encore une fois s’être mystiquement sublimé ! Il avait disparu, il n’était nulle part. Christophe sortit de la voiture pour inspecter les environs d’une manière plus approfondie, en vain : pas herbe qui vive !

Des acheteurs sortirent de la librairie en regardant Christophe d’une manière bizarre. Christophe ne s’en rendit pas compte, mais il avait une expression du visage des plus préoccupantes et bavait légèrement d’embarras, comme son chien Riki !

Un couple passa près de sa Porsche.

– « Il y en a qui se garent vraiment n’importe où, vraiment ! Ça possède une Porsche et ça se permet tout ! dit l’homme avec un brin de jalousie dans ses yeux pleins de convoitise avortée. Et regarde cette autre voiture rouge qui semble fumer tellement le capot est chaud ! Je

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viens de me cramer la paume de la main en la posant dessus. »

En effet, le monsieur de ce couple avec un journal à la main avait failli perdre équilibre en observant la scène de l’expression du visage de Christophe. Il s’était rattrapé en posant sa main sur le capot en se brûlant. Les gens à l’intérieur, dont des enfants, se faisaient tout petits car ils étaient tout aussi mal stationnés.

Au bout de dix minutes de vérifications, Christophe reprit sa voiture et repartit vers le rond-point de La Croix de Berny. C’était en bas de cette même route qui passait plus haut devant cette librairie et qui se poursuivait plus loin et plus bas en laissant sur la gauche l’une des entrées du parc de Sceaux.

Pendant qu’il passait devant la préfecture d’Antony, à mi-chemin sur la droite sur cette même route, mais un peu plus bas du lieu d’où il venait de repartir avec Riki après cette vaine vérification, le couple fit entre temps quelques pas en sens contraire sur le même trottoir en remontant cette route en pente. Ils entendirent un bruit sec de cassement de branche, se retournèrent et virent un arbre dont les branches à mi-hauteur bougeaient toutes seules dans des secousses assez importantes et intrigantes ! Et de cet arbre, qui était devant la voiture rouge au capot

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encore tiède, sauta ce buisson qui avait eu le temps de se cacher pendant que Christophe s’était garé quelques minutes avant devant la boutique de livres sur le même trottoir, mais à quelques arbres plus bas de la cache du buisson.

Le couple prit peur tout en étant intrigué et resta scotché sur cette chose qui était visiblement vivante ! L’arbrisseau se précipita en repartant vers la route que la Porsche avait prise avec ses deux occupants à bord : Christophe et Riki ! Le jeune couple se regarda tout coi avant de regarder de nouveau sur la route pour constater qu’il n’y avait plus cette touffe mobile incompréhensible. En moins de deux, elle avait disparu !

Ils reprirent le trajet en commentant la scène qu’ils avaient vue tous les deux.

« Hein, chéri, tu as vu comme moi ?

– Oui oui chérie, j’ai bien vu comme toi et je n’y comprends rien, je me demande ce que c’était. Tu ne veux pas que l’on aille voir au moins jusqu’en bas de la route ?

– Non non, je préfère rentrer, il commence à faire froid, je ne suis pas rassurée, tu comprends. C’était peut-être un animal enragé…… 

– Oui, et puis de toute façon, il avait l’air d’aller très vite, donc, je n’aurais pas eu le temps de le rejoindre ! Mais j’ai quand même un petit regret de n’avoir pas eu mon portable sur moi !

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Oui, j’aurais pris une séquence vidéo de ce bond qu’il a fait de l’arbre, bond vraiment très intrigant. Je le revois en train de tomber… ! Hallucinant ce que l’on vient de voir chérie !

– Oui et c’est pour ça que l’on va rentrer à la maison sans s’attarder… »

La jeune fille était tellement en panique qu’elle essayait de dissimuler sa peur sous son envie de rentrer rapidement !

Riki s’était remis à aboyer et Christophe, perplexe, regarda dans le rétroviseur pour voir vers où son chien orientait la tête. Il regardait vers la gauche. Christophe tourna sa tête et aperçut de nouveau avec frayeur le buisson qui était à cheval sur le mur de séparation de l’A86. Oui, cette autoroute commençait à s’enfoncer sous le sol pour traverser les deux carrefours : celui qui permettait plus loin de couper cette A86 près de la gare de La Croix de Berny et celui du rond-point, justement de La Croix de Berny, qui refaisait surface plus loin pour continuer vers Fresnes et Rungis. Le buisson allait très vite ! Il avait la taille d’une grosse bouée de sauvetage noire que l’on peut voir flotter dans les piscines et sur laquelle les enfants peuvent s’amuser et sauter dessus du bord du bassin et rebondir. 

Christophe se résolut à prendre son téléphone portable pour appeler la police, et comme la

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préfecture était juste à côté sur la droite, il voulut se garer, mais il avait largement dépassé l’endroit où il pouvait stationner sur le parking devant le bâtiment. Il était à un feu rouge, juste à côté d’un rond-point qui coupait perpendiculairement, par-dessus, l’A86 qui elle, s’enfonçait sous terre. Il repartit donc en remontant la route en sens contraire, mais toujours parallèlement à l’A86. Il ne voyait donc plus la préfecture, cachée justement par les murs de cette A86. Sur leur droite, Christophe et Riki passèrent devant l’une des entrées principales du parc de Sceaux. Un peu plus haut, toujours sur le même trottoir, il y avait une autre entrée qui était réservée, entre autres, à ceux qui allaient à la piscine, au terrain de tennis ou tout simplement au parc. Au bout de cette route montante, à son sommet, au feu rouge, pas loin de la librairie qu’il avait quittée avec Riki, il pouvait encore voir au loin le couple qui était toujours sur le trottoir, mais tout en haut. Eh bien, au sommet de cette route toujours devant le feu rouge, il tourna donc à gauche pour refaire le chemin inverse pour redescendre et prendre à temps cette fois-ci à droite en se garant devant la préfecture. Il fit ensuite le numéro de la police avec l’objectif d’expliquer le phénomène, mais il pensait qu’à cette heure-ci, sa chance d’avoir quelqu’un encore sur place était maigre. Dring dring dring…..!

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« Oui allo, police d’Antony !

– Oui bonjour monsieur ! Je vous appelle car il m’arrive une drôle de chose !

– Oui, je vous écoute monsieur ! » 

Riki s’était remis à aboyer.

– « Riki tu te tais, je n’entends plus. Allez, tais-toi Titi ! Oui, excusez-moi, je vous disais que je suis suivi par un buisson depuis que j’ai quitté la salle de sport de Verrières-le-Buisson !

– Un buisson, vous délirez monsieur ?

– Mais non, je vous dis qu’il y a un buisson hyper habile qui esquive les voitures, les gens, les feux rouges, les arbres, les poubelles sans culbuter une seule fois l’un d’eux !

– Mais monsieur, vous avez des hallucinations visuelles ou quoi ?

– Mais arrêtez, monsieur l’agent, de ne pas prendre au sérieux mes dires. Je vous signale que mon chien aussi serait schizophrène s’il délirait comme moi… vous avez bien entendu les aboiements ! »

Le buisson était caché entre une voiture et une poubelle, comme pour faire croire qu’il était un sapin ou un petit arbre qui avait été jeté aux ordures. Riki, l’avait vu s’y mettre subrepticement, d’où ses derniers aboiements avant que Christophe lui demande de se taire ! Mais ce dernier ne l’avait pas vu. Il regardait partout dans le vague, sans

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concentration, avec son téléphone portable collé à son oreille droite, sans le voir, comme tout à l’heure dans l’arbre où il s’était caché et qu’il n’avait également pas vu.

– « Mais, monsieur l’agent, je vous conjure de me croire ! IL Y A UN BUISSON QUI NOUS SUIT DEPUIS TOUT À L’HEURE.

– Bon, monsieur, je suis désolé, mais je dois prendre des appels plus sérieux, vous encombrez la ligne pour rien ! Tout ce que je peux vous conseiller, c’est d’aller consulter un psychiatre ! Je raccroche, désolé… bonne soirée !

– Mais ce n’est pas vrai, il ne m’a pas cru d’une miette ! Hein Riki, nous sommes peut-être tous les deux fous, qui sait ! »

Pour toute réponse, Riki répondit à son maître par quelques petits aboiements brefs, comme pour dire : « Je suis avec toi Christophe, je l’ai vu de mes propres yeux comme toi ! ! ! »

Christophe redémarra le véhicule et sortit du parking pour tourner à droite et reprendre le feu rouge avant de continuer son chemin vers chez lui, quand tout à coup, sur la droite, jaillit le buisson qui tomba sur toute la partie droite du pare-brise avant de disparaître sur le toit en glissant à toute vitesse ! Christophe était estomaqué et Riki ne pouvait plus s’arrêter d’aboyer, la tête en l’air, à l’aveuglette, vers

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le milieu du plafond de l’habitacle du véhicule derrière lequel se trouvait le buisson, étant donné qu’il n’était pas redescendu de la lunette arrière ou de l’une des autres vitres. La scène se déroula tellement fugacement que Christophe eut à peine le temps de voir le buisson monter sur le toit de sa voiture. Il vit plusieurs branches qui terminaient la queue de cette chose si étrange ! Christophe prit la décision de ne pas sortir de son véhicule et d’attendre que le feu se mette au vert avant de tourner à gauche et de s’arrêter à l’autre feu rouge, en plein milieu de ce petit carrefour. Ensuite, il accéléra et juste avant l’autre rond-point, le long du parc de Sceaux qu’il connaissait bien pour y être passé plein de fois, à l’endroit où il y avait une vieille statue sans tête, il freina comme un type déterminé à faire tomber ce qui se trouvait sur le toit de sa Porsche. Mais rien ne se produisit et il redémarra pour contourner le rond-point et accélérer de nouveau pendant toute la montée. Il freina encore une fois brusquement devant un autre feu rouge, au sommet de cette route pentue, à droite d’une autre entrée du parc. Toujours rien, rien ne tombait. Pourtant, il attendait que cette chose dégringole sur le capot avec fracas devant ses yeux qui restaient curieux et inquiets !

« Bon, Riki, je vais me garer et sortir. Tu restes ici tranquillement ! Je vais devenir réellement dingue là, si ça continue ! Et puis, je ne sais pas,

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mais j’ai l’impression d’avoir vu cette voiture rouge dernière nous au moins trois fois. Elle nous suit ou quoi ? Est-ce que c’est la police qui me prend pour un triple dingue et qui me surveille de si près en attendant mon premier faux pas pour me faire interner ensuite en psychiatrie ? Bon, il faut que j’arrête de penser….. ! Tu as compris, tu restes là Riki, je vais voir ! »

Christophe gara son véhicule en le laissant reculer un peu pour faire un créneau sur sa droite et se mettre sur le côté le long du trottoir. Mais il hésita un moment avant d’ouvrir la portière, car il était quand même sur une voie de circulation. Une fois qu’il n’y eut plus de voiture qui arrivait par l’arrière, il sortit précautionneusement de la sienne en baissant sa tête, et courba son tronc face à la portière tout en reculant à deux mètres de sa Porsche avant de se relever précipitamment. Stupéfaction ! Une fois de plus, il n’y avait toujours rien sur le capot et aux alentours immédiats, comme il l’avait constaté quelques minutes plus tôt devant la librairie. Il regarda sous la voiture lorsqu’il entendit le klaxon violent d’un camion qui arrivait à son niveau. Christophe se rabattit rapidement sur le bas-côté. Le camion passa à son niveau en le frôlant de justesse, et comme il y avait un passager à la place du mort, celui-ci lui lança :

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« Tu es dingue ou quoi de rester comme ça en plein milieu de la chaussée, espèce de barjo inconscient ! 

oExcusez-moi ! », répondit Christophe. 

Il avait à peine terminé sa phrase que le gros véhicule rectangulaire était déjà cinquante mètres plus loin après le feu qui repassait d’ailleurs maintenant à l’orange. Oui, Christophe était vraiment très intrigué pour négliger pareillement la sécurité de base à appliquer quand on traverse une voie de circulation. En effet, il était plus absorbé à retrouver cette chose qui semblait extraterrestre qu’à faire attention à sa propre vie. Riki n’aboyait plus, mais regardait son maître comme pour l’interroger. Il n’y avait toujours rien, c’était à devenir fou à lier ! Christophe poursuivit son inspection et eut l’idée de faire sortir Riki côté trottoir afin qu’il lui prête son flair pour essayer de débusquer ce buisson fantastique. Riki bondit sur le sol avant de s’arrêter, stimulé par le chemin qu’il pensait prendre, quand son maître lui ouvrit la portière. Son exaltation fut éphémère, car il ne sentait plus rien ! Le buisson avait disparu de leur vue et du nez de Riki !

Christophe reprit, avec son chien, sa place dans la voiture et redémarra en passant la première vitesse. Il roula calmement pendant qu’il observait attentivement, comme son chien, le paysage. Il n’en

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revenait toujours pas de la dextérité de ce buisson fantôme qui s’était joué, tout à l’heure, de la rambarde de séparation de l’A86 !

Toujours rien au bout de cent mètres de chemin parcouru à petite allure. Il passa devant l’une des entrées principales du parc de Sceaux, sur leur gauche, et la dépassa pour s’arrêter au feu rouge, plus bas sur cette route qui commençait à descendre légèrement. Sur la droite de cette longue route d’où il venait et jusqu’au feu rouge où il s’était arrêté, il y avait le grand bâtiment du lycée Lakanal, et à gauche, toujours le parc de Sceaux avec une autre petite entrée. Christophe s’engagea sur le rond-point au-delà du feu vert pour tourner à gauche et remonter tout le boulevard Colbert qui allait vers le centre de la ville de Sceaux. Et, stupéfaction, à mi-chemin sur sa droite, sous les arbres, il vit de nouveau le buisson qui semblait connaître le parcours, car il l’attendait plus loin devant, sur ce petit boulevard qui allait chez lui. En fait, le buisson s’était dissimulé derrière une haie qui clôturait le devant d’une des maisons d’un Scéen (habitant de la ville de Sceaux) et qui longeait de quelques mètres une partie du trottoir contigu à plein d’autres maisons voisines, toutes aussi alignées les unes à côté des autres devant cette chaussée qui allait jusqu’à un autre rond-point.

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Riki, de nouveau, se mit à rouspéter vers cette chose incompréhensible qui les suivait depuis Verrières-le-Buisson. Était-ce un spécimen extraterrestre échappé d’un laboratoire de recherche qu’il y avait dans la ville ? En tous les cas, l’appellation de Verrières-le-Buisson tombait bien. Oui, elle tombait à pic avec ce buisson qui provenait visiblement de là ! Mais que voulait-il ? Qu’était-ce ? Une entité venue de l’espace ou des laboratoires ? Avait-il un message à transmettre à Christophe ou à son chien Riki ? Qui sait, ce buisson pouvait peut-être parler le langage canin ? Oui, il y avait vraiment de quoi se poser plein de questions !

Christophe poursuivit son chemin sous les aboiements répétés de Riki et finit par s’arrêter à un feu rouge devant un autre rond-point. Le feu rouge était juste devant l’entrée d’un autre petit parc au centre duquel se trouvait un kiosque en béton avec un toit en bois. Celui-ci était vide de fanfare, cet orchestre accompagné d’instruments de percussion. Le buisson s’était de nouveau volatilisé dans le décor architectural urbain de Sceaux ! Christophe était presque arrivé dans sa résidence, mais il voulait vraiment semer cet arbuste qui était encore plus collant que des ronces, même s’il n’avait jamais touché Christophe et Riki directement.

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Christophe décida alors de faire complètement le tour du rond-point pour refaire le chemin inverse. Il reprit très vite la nationale 20 tout en bas après avoir franchi pas moins de trois feux rouges. Il regarda par curiosité dans ses rétroviseurs, mais plus de buisson qui vive, qui frétille ! Alors, il décida de prendre un autre chemin en contournant son trajet habituel et en passant par Bourg-la-Reine, ce qui faisait un très très grand détour supplémentaire. Il prit l’avenue du Général Leclerc et traversa tout le petit centre pour reprendre ensuite en bas au feu rouge, à gauche, la rue Bourg-la-Reine qu’il traversa pour rejoindre, après avoir retraversé la nationale 20 qui s’était divisée en deux parties, la rue de Fontenay en face. Ensuite, il prit encore à gauche pour rouler sur l’avenue George Clemenceau. Au rond-point, il poursuivit en ligne droite l’avenue Raymond Poincaré et passa au-dessus de la voie ferrée de la station RER de Sceaux. À un petit carrefour, il tourna à droite en prenant toute la rue de lycée qui longeait une autre portion de sa résidence. Au rond-point, au lieu d’aller en face dans la rue Bertron, il tourna encore à gauche en prenant la grande route montante, la rue de Fontenay. Tout en haut de cette dernière, il y avait enfin, sur sa gauche, le portail en pierre de l’entrée de sa résidence. Cette entrée était juste devant l’Entreprise électrique de France (E.D.F) située sur l’autre trottoir d’en face, donc sur la droite

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de Christophe quand il arriva. Christophe hésita puis s’engagea dans l’entrée après avoir vérifié dans le rétroviseur et à droite qu’il n’y avait pas de voiture qui arrivait du rond-point central de la place du Général de Gaulle, juste devant le grand garage Renault. Cette manœuvre pouvait être dangereuse, car il allait couper la route pour s’engager dans la résidence dont la loge du concierge était de suite à droite après cette entrée principale en belle pierre haute de couleur grise. La Porsche prit l’allée Bernadotte tout de suite à gauche, et en bas de celle-ci, à quelques centaines de mètres, il tourna sur la droite pour se garer juste devant son immeuble. Il y arriva avec son chien et vit la fenêtre de la cuisine où sa chérie était en train de lui faire un sourire suivi d’un coucou fait avec sa jolie main effilée. Apparemment, aucun buisson en vue. Riki était même calme et ne semblait plus du tout être perturbé par ce buisson qui n’avait plus donné signe de vie depuis le rond-point du petit parc au kiosque. La manœuvre de Christophe de vouloir faire un grand détour au lieu d’arriver directement chez lui avec son chien, avait donc réussi. Oui, réussi à semer cette chose sans nom de tout à l’heure !

Christophe était visiblement très préoccupé par cette poursuite des plus bizarroïdes. Avec Riki, ils sortirent de la voiture et s’engagèrent en montant les petites marches pour atteindre une plateforme

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couverte par le béton supérieur de l’immeuble. C’était sous une sorte de porche d’entrée en pierre. Arrivé sur ce perron, Christophe appuya sur le bouton de l’interphone du deuxième étage. Sa copine, Élodie, lui ouvrit la porte et il entra avec Riki. Mais au moment de prendre la première marche de l’escalier du hall en colimaçon blanc, ils entendirent un bruit de fouettement sur la porte de l’entrée vitrée. Ils se retournèrent en même temps et aperçurent le buisson en train de cogner sur la vitre, comme pour essayer de casser la porte d’entrée pour s’introduire à son tour dans le hall. Riki se précipita témérairement sur la porte et aboya en rafale. Christophe décida de monter rejoindre sa chérie en appelant son chien. « Allez Riki, viens mon chien, allez, viens… » Mais Riki resta un moment devant la porte vitrée qui permettait de tout voir. Il vit que de la tête du buisson, deux yeux rouges grossissaient exactement comme ils l’avaient fait devant la salle de sport de Verrières-le-Buisson, sur le parking. Riki couina de peur et remonta les marches trois par trois pour rejoindre au plus vite son maître pendant qu’il entendait encore la porte d’entrée se faire fouetter violemment par ce mystérieux buisson-chasseur qui, visiblement et auditivement, n’avait pas dit son dernier fouet (mot) !

Riki rentra juste derrière son maître pendant que celui-ci alla directement vers sa chérie, qui fut

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d’ailleurs surprise de l’expression inquiète de son concubin. En effet, ils vivaient ensemble depuis un an et demi déjà, dans cet appartement cossu qu’ils avaient trouvé très charmant pendant la visite. Oui, ils étaient heureux d’être dans un cadre pareil à l’intérieur d’une ville bien fleurie, à proximité du parc de Sceaux et de ses oiseaux. Mais ce qu’ils allaient vivre, là, maintenant, allait-il remettre en cause tout leur bonheur ?

« Bonjour chérie ! Oh ! Si tu savais, il nous arrive une drôle de chose ! On a, depuis Verrières-le-Buisson, un buisson justement qui nous suit à toute vitesse, comme si c’était un soldat des autres arbres de la forêt de Verrières qui se révoltait contre nous les humains. Ou bien c’est une chose qui vient d’un autre monde ! Je suis vraiment inquiet chérie !

– Oui, je vois ça ! Quoi, un buisson vous suit depuis la salle de sport ?

– Oui je crois !

– Comment cela est possible ? Un buisson ne peut pas aller plus vite qu’une voiture, et j’imagine, vu la manière dont tu conduis, que tu as dû essayer de le semer ?

– Oui, mais c’est méconnaître sa vélocité incroyable ! Il nous arrive là, chérie, une chose extraordinaire ! Et il est là en bas sur le perron devant les boutons d’interphone !

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– Quoi ? Attends, je vais regarder par la fenêtre de la cuisine pour voir si je le vois dans l’allée de quelques mètres qui mène aux interphones !

– Non, surtout pas ! Ferme toutes les fenêtres, car je l’ai vu grimper sur le mur de séparation de l’autoroute A86 de la petite route parallèle devant la préfecture de police ! Eh bien je peux te garantir que ce buisson est phénoménal, il se joue de la gravité, et cela à toute vitesse ! Alors n’ouvre aucune fenêtre car il peut escalader les façades. Dans le doute, n’ouvre rien ! D’accord chérie ?

– Oui. Il va bien Riki ?

– Oui, regarde, il boit à sa gamelle, car il a tellement aboyé qu’il a très soif ! »

Ils se retournèrent tous les deux pour voir leur petit chien qui buvait goulûment son eau fraîche. Élodie alla vite fermer la fenêtre et le rideau de la chambre, et pendant qu’elle fermait, elle tomba sur la mystérieuse voiture rouge qui descendait tranquillement l’allée. Elle semblait avoir suivi la Porsche de Christophe depuis au moins la préfecture d’Antony. Mais comme elle ne connaissait pas le conducteur et que c’était la première fois qu’elle la voyait, Élodie n’y prêta pas attention et poursuivit le tirage du rideau rouge cerise. Un pan du rideau allait sur l’autre côté en barrant par là même la fenêtre et toute possibilité de voir l’intérieur de leur chambre

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pour une personne ou chose mystérieuse se trouvant sur leur balcon ou dans l’un des trois arbres qui se trouvaient justement devant leur balcon. La fermeture de ce rideau empêchait également que des gens de l’immeuble d’en face voient leur chambre.

Elle retourna dans la cuisine rejoindre Christophe qui était toujours aussi intrigué d’avoir vu une chose pareille le talonner aussi efficacement et en plus, sans même se faire voir, attraper ou repérer à chaque fois que son véhicule s’était arrêté. Et surtout, comment avait-il fait pour l’attendre chez lui ? « Ce buisson avait donc une âme », se disait-il tellement c’était incompréhensible. Oui, comment avait-il pu anticiper et connaître son chemin avec le grand détour qu’il avait pourtant fait préalablement avant de venir chez lui ?

« Tu sais chérie, il nous arrive une chose vraiment stupéfiante ! Oui, ce buisson qui nous suit vraiment depuis la salle de sport de Verrières-le-Buisson. C’est incompréhensible, mais complètement inconcevable !

– Oui, c’est vraiment bizarre ce qui nous arrive ! », renchérit Élodie, à demi convaincue.

Elle eut à peine le temps de terminer sa phrase qu’un bruit de fouettement se fit entendre à leur porte d’entrée de l’appartement. Il y avait quelque chose dans le couloir, et cette chose voulait apparemment entrer chez eux ! De nouveau, leur chien Riki

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n’arrêtait plus d’aboyer en mettant son museau au sol sur le côté, comme pour mieux humer l’odeur derrière la porte qui lui était maintenant familière. Il ressentait la même émanation caractéristique de tout à l’heure sur le parking.

« Attends Riki, laisse-moi passer !

– Je ne vois rien ! », lança Élodie à son mari.

Christophe prit place à son tour derrière le judas et il aperçut furtivement une branche fouetter l’air du couloir en passant juste devant lui.

 « Oh ! C’est pas vrai chérie, recule, il est là !

– Quoi ?

– Recule-toi, vite, il est là, on va appeler la police !

– Ce n’est pas la police qu’il faut appeler, mais les services O.N.V.I !

– Oui, c’est presque cela ! Mais bon, cela ne me rassure vraiment pas du tout, et surtout, je nage complètement. Je doute d’être réellement réveillé. Je ne rêve pas là chérie, pince-moi très fort, je ne rêve pas… ?

– Non chéri, je te rassure que Riki non plus ne rêve pas, et il est sur la défensive ! Chéri j’ai peur, rassure-moi, c’est une malédiction contre nous ou quoi ! Je ne suis pas tranquille, fais quelque chose ! Chéri, j’ai peur, notre ligne téléphonique est coupée je viens de le remarquer, il n’y a plus de tonalité ! On est perdus !

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– Mais non, tant que l’on reste dans notre appartement, on ne risque rien !

– Oui, mais on ne va pas rester comme ça tout le temps, il faudra bien que l’on sorte à un moment ou un autre ! Ne serait-ce que pour aller faire les courses et sortir Riki pour ses besoins ! D’ailleurs, dans une heure, ce sera normalement sa promenade ! Comment on va faire ?

– Oh ! Chérie, ce n’est pas le plus important, on mettra des journaux exceptionnellement dans le cagibi pour ce jour des plus exceptionnels et mystérieux ! Mais je vais quand même le sortir, ce n’est pas un buisson bizarre qui va changer nos habitudes !

– Non chéri, je ne veux pas que tu sortes tant que la police n’est pas là. Il est peut-être dangereux ! Et comme un boa constricteur, ses branches sont peut-être aussi puissantes pour pouvoir nous étrangler ou nous transpercer tous les deux comme des morceaux de viande sur une brochette ! Je ne veux pas qu’il nous arrive quelque chose avec Riki. Je ne m’en remettrai jamais !

–  Oui chérie, d’accord, je ne vais pas prendre le risque de sortir tant que la police ne sera pas dans notre résidence ! »

Christophe était toujours collé à l’œilleton et les ballets aériens des petites branches du buisson

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continuaient de balayer l’espace vide du perron devant leur porte d’entrée. Christophe recula et dit à sa chérie :

 « Chérie, ce buisson est intelligent !

– Ah bon, pourquoi ?

– Tu ne pourras jamais le deviner !

– Non, mais dis-moi, allez, je suis inquiète !

– Eh bien, pendant que je regardais dans le judas, il continuait de battre l’air de ses petites branches quand tout à coup, une petite feuille s’est collée sur l’œilleton, m’empêchant du coup de continuer de voir ce qu’il y avait dans notre couloir !

– Oh chéri, j’appelle la police ! Ah oui c’est vrai, on n’a plus de ligne téléphonique ! Nous sommes perdus !

– Attends chérie, prends mon portable dans la poche de mon blouson ! Et le tien, tu ne l’as toujours pas récupéré chez le réparateur ?

– Non, normalement je devais y aller demain matin vers 10 heures !

– Alors prends le mien et appelle la police ! »

À peine avait-il dit ça qu’une branche passa sous la porte en faisant un demi-cercle, comme pour essayer de happer un orteil des propriétaires ou une patte de Riki ! Riki se précipita sur la tige inhumaine pour l’attraper avec sa gueule hargneuse et l’arracher d’un seul coup dent ! Christophe appela

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son petit chien. « Viens Riki, c’est bien Titi, viens me faire voir ce que tu as attrapé ! » Il s’empara de la petite branche et l’examina avec sa chérie sous toutes les coutures. Elle semblait normale et sentait même la branche classique !

« Mais chéri, cette branche est tout à fait normale, elle n’a rien d’extraterrestre !

– Oui, tu as raison chérie, mais on ne sait pas ce qui se cache dedans. La chose extraterrestre est peut-être à l’intérieur, là où doivent se trouver son corps et son cerveau ! Et le buisson lui sert peut-être uniquement d’accoutrement de dissimulation pour mieux se fondre dans les décors terrestres et mieux nous tromper, comme ferait le membre d’un commando !

– Oh ! Tu as entendu… ! » 

La porte était en train d’être la cible de fouettements en rafale. On voyait plein de petites branches sous la porte qui rasaient le sol du vestibule jusqu’à cinquante centimètres au-devant de l’intérieur de l’appartement, au-delà de la porte d’entrée. Élodie prit Riki dans ses bras précipitamment, car elle ne voulait pas que son chien se fasse happer ou balayer par ces branches offensives surexcitées ! Elle le serra tellement fort à cause de la peur qu’elle lui fit mal. Il glapit légèrement sous la douleur. Ceci eut pour conséquence immédiate qu’elle lâcha sa prise en

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s’excusant au passage. « Oh ! Pardon Riki ! » Elle lui fit un petit bisou en le reprenant pour se rattraper et s’excuser. 

« Alors, tu n’as pas pris mon téléphone portable ?

– Non, ces branches ont détourné mon attention et j’ai pris Riki avec moi, regarde !

– Oui tu as eu raison, attends, je vais le chercher ! »

Au même moment, leur téléphone sonna. Ils se regardèrent en chiens de faïence, car Élodie avait bien constaté à plusieurs reprises, quelques minutes plus tôt, qu’il n’y avait vraiment aucune ligne téléphonique pour appeler. Et là, ils se faisaient appeler. C’était à ne plus rien comprendre ! Alors, ils hésitèrent à répondre.

« Chéri, je vais répondre ?

– Non, attends, je vais aller moi-même prendre le combiné car il est près de la porte et je ne veux pas qu’une de ces branches vienne te fouetter les pieds, on sait jamais ! »

En effet, leur téléphone était posé sur la petite commode à étage en kit de montage qu’ils avaient achetée chez Ikea, et elle était juste à gauche de la porte d’entrée tout de suite quand on entrait dans l’appartement. Christophe préféra y aller lui-même. Au moment où il s’apprêta à y aller, Élodie l’interrompit avec son bras gauche qui était libre, le droit étant toujours pris à porter Riki.

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« Oui chérie, qu’est-ce qu’il se passe, laisse-moi y aller !

– Oui, mais fais attention s’il te plait, je ne suis pas rassurée !

– Ne t’inquiète pas, je vais longer le mur de la salle à manger et tendre uniquement le bras gauche en le mettant à l’équerre pour épouser l’angle des deux murs et prendre le combiné sans même me mettre devant la porte.

– Oui, mais fais attention quand même ! J’ai vraiment peur ! »

Christophe s’approcha donc du téléphone comme il venait de le dire, et prit le combiné sans fil avant d’appuyer sur le bouton marche pour prendre l’appel.

« Oui allô ?

– Oui bonjour, je suis votre voisin de palier du premier étage. Pouvez-vous venir m’aider s’il vous plait, car je suis bien embêté !

– Ah bon ! Eh bien figurez-vous que nous aussi, nous sommes dans une position délicate !

– Oui, mais la nôtre doit être pire que la vôtre. Nous sommes encerclés par des espèces de branches, et il y en a partout ! Aidez-nous s’il vous plait ! Car il y en a vraiment partout, nous allons être perdus dans peu de temps !

– Eh bien vous savez, c’est vraiment drôle ce que vous me dites là, mais nous aussi nous

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sommes attaqués par un buisson extraordinaire, et il a même failli attraper mon chien !

– Mais non, j’ai appelé votre voisin, en face de chez vous du deuxième étage, et il m’a dit que là, maintenant, il n’y avait plus rien sur votre palier ! Lui aussi il l’a vu, mais il ne peut pas venir nous aider… venez s’il vous plait ! »

En effet, Élodie et Christophe ne voyaient plus les petites branches raser leur sol juste devant leur porte d’entrée. Alors, Christophe demanda à sa chérie :

« Chérie, regarde et colle ton oreille à la porte, et dis-moi si tu entends toujours quelque chose !

– Non non, ça ne va pas ! Je ne vais pas tendre mon oreille derrière une chose qui risque de surgir à n’importe quel moment ! Non, désolée chéri, mais j’ai trop peur !

– Bah, alors dépose Riki sur le sol, et laisse-le aller vers la porte. On va observer sa réaction, comme il a les oreilles plus fines que les nôtres…

– Oui, mais si cette chose recommence et flagelle Riki au passage, je ne veux pas qu’il ait mal ou pire, qu’il se fasse étrangler !

– Non, ne t’inquiète pas. Attends, je vais rester à côté, quelques pas en arrière, pour retirer Riki par le haut au cas où ce buisson refasse surface ! Ou sinon, j’y vais moi-même !

– Non chéri, je ne veux pas !

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– Alors, on laisse faire Riki ?

– Oui ! Mais mets-toi non loin, comme tu voulais le faire pour le récupérer au cas où, mais fais bien attention ! »

Élodie, un peu tranquillisée, fit confiance à son chéri et posa délicatement Riki au sol. Celui-ci se précipita à la porte pour renifler et écouter. Aucune réaction de sa part ! Il changea de place en allant d’un bout à l’autre, de la porte vers le mur de la cuisine. Ensuite, il s’éloigna du mur pour aller vers la commode où reposait le socle du téléphone, et ainsi de suite, de gauche à droite, avec le museau plaqué au sol, mais toujours aucune réaction d’aboiement et d’affolement ! Le voisin du téléphone avait donc raison : le buisson devait s’être détourné d’eux pour aller chez leur voisin de dessous. Peut-être était-ce plus facile pour l’arbuste de grimper à leurs fenêtres ?

« Bon, chérie, notre voisin du dessous est en danger. Je vais sortir pour aller voir chez eux, ils sont visiblement en danger, il me l’a dit et répété. C’était lui au téléphone ! Mais il faut que je prenne une arme. Mais que prendre contre ce buisson ? Je pourrais le mettre en feu, mais ceci engendrerait peut-être un incendie dans tout l’immeuble ! Et puis, comment faire ? Je n’ai pas de chalumeau ou de lance-flammes ! Dois-je

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prendre un ciseau pour couper ses branches ? Impossible, vu la vitesse de ses ramifications qui sont passées sous la porte, je n’aurais même pas le temps d’en couper une qu’il se saisirait de ma gorge pour m’étrangler ! Et puis, il est très rapide, il me suivait en voiture tout à l’heure en se jouant de la gravité des obstacles urbains ! Je n’ai vraiment aucune possibilité pour me défendre s’il lui vient l’envie de se saisir de moi chérie ! Alors, je vais simplement prendre une couverture pour me protéger quand même le visage de ses éventuelles griffures !

– Oui chéri, vas-y, mais fais attention. Je vais venir avec toi, mais tu ne veux pas appeler la police avant ?

– Non, leur vie ne tient peut-être qu’à un fil, le temps leur est compté ! Ils ont des enfants, on ne peut donc pas les laisser comme ça ! »

Christophe s’approcha de la porte et y colla à son tour son oreille droite. Il resta comme cela une minute et aucun bruit derrière la porte ne se fit entendre. De plus, Riki n’aboyait toujours pas.

« Chérie, je n’entends rien, mais cela est inquiétant, car si le buisson avait attaqué nos voisins de dessous, on aurait dû entendre quand même les coups de branches sur leur porte !

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– Chéri, peut-être qu’ils sont dans l’incapacité de le faire ! Peut-être que le buisson les a neutralisés d’une manière ou d’une autre en ayant réussi à entrer chez eux !

– Je l’ignore, mais cela m’angoisse. Et s’ils venaient à mourir à cause de moi, faute d’avoir essayé d’intervenir au plus vite, je m’en voudrais toute ma vie ! Alors chérie, je vais ouvrir la porte et descendre en ne perdant plus une seconde pour aller voir et faire peut-être quelque chose pour eux !

– Et Riki ?

– Tu le tiens en l’empêchant de sortir. Je vais descendre et toi, si je ne suis pas revenu dans dix minutes, appelle la police avec mon portable !

– Fais attention chéri, je suis au bord de tomber d’évanouissement tellement mes émotions sont en ébullition !

– Oui, je vais faire mon possible ! »

Christophe ouvrit la porte en laissant passer un petit courant d’air qui souleva une touffe de poils à Riki.

« Non Riki, tu ne sors pas ! Chérie, reprends-le sur toi ! »

Une fois Riki entre les bras d’Élodie, Christophe ouvrit la porte en plus grand et sortit sur la pointe des pieds en regardant vers le haut des marches qui

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allaient au troisième et celles du bas de cet escalier en colimaçon qui allaient vers le palier de leur voisin du premier étage. Christophe ne voyait rien, mais il remarqua que sur son tapis, il y avait un mélange de copeaux de végétation : branches, petites écorces et feuilles. Oui, ceci prouvait bien l’attaque de leur porte il y a quelques minutes de cela ! Il s’approcha prudemment de la première marche qui descendait, et quand il arriva, Élodie vint sans prévenir vers son chéri, sans être prudente. Elle avait presque couru ! Elle ne voulait pas rester seule et laisser son chéri partir, peut-être pour toujours s’il lui arrivait quelque chose…

« Mais que fais-tu chérie, pourquoi tu n’es pas restée dans l’appartement ? lui dit Christophe en chuchotant de sa voix à peine audible.

– Je ne pouvais pas te laisser aller seul vers cette chose terrifiante ! »

Ils se serrèrent dans les bras pendant qu’au même moment, profitant d’un courant d’air qui ouvrit davantage la porte, Riki sortit de l’appartement en passant devant eux comme une flèche pour disparaître vers le premier étage. Ils entendirent un rapide couinement de frayeur, puis silence radio ! Christophe et Élodie se regardèrent avec une inquiétude intense dans les yeux, pensant avoir peut-être définitivement perdu leur chien.

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« Chérie, il n’y a plus de temps à perdre, j’y vais. Maintenant, Riki aussi est en danger ! »

Ils descendirent tous les deux, marche par marche, avec une lenteur similaire à deux paresseux, les mammifères arboricoles qui font des gestes très lents.

 

 

 

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Deuxième partie

 

« Chéri, attends un peu, écoute, j’entends des bruits, c’est quoi à ton avis ?

– Oh ! J’ai l’impression que ce sont des coups de fouet. À mon triste avis, c’est le buisson qui doit les torturer ou les tuer ! On n’a donc plus de temps à perdre ! Je vais remonter dans notre appartement, car j’ai une idée ! »

Christophe remonta dans l’appartement avec sa chérie à ses talons et ils ressortirent aussi vite.

« Mais chéri, que vas-tu faire avec ce déodorant ? Et pourquoi tu en as pris deux autres dans tes poches ? Et ce briquet, c’est pourquoi ?

– Chérie, je vais me faire un petit chalumeau, et toi aussi tu vas en faire un. Tiens, prends-en un et prends aussi le briquet. Attends, je le sors de ma poche, tiens !

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– Mais comment faire un chalumeau ?

– Regarde, tu mets ton doigt sur le bouton de déodorant et tu allumes le briquet juste devant ! Et quand tu te sentiras menacée par ce buisson, tu appuieras sur le bouton devant la flamme qui provoquera au final comme un petit lance-flammes. Beaucoup plus petit certes, mais c’est mieux que rien. Les animaux ont peur du feu ! Et moi aussi, je ferai pareil sur le buisson. Il devrait en prendre pour son compte !

– Chéri, j’ai peur, est-ce que cela va marcher ?

– C’est notre seule solution chérie, il y en a peut-être d’autres, mais là, dans le feu de l’action, j’en ai pas d’autres ! C’est mieux que rien ! J’ai pensé à faire bouillir de l’huile, mais on n’a pas le temps… Bon tu es prête ?

– Oui, mais je reste derrière toi ! »

Christophe et sa copine descendirent les marches une à une et arrivèrent à la courbure de l’escalier en spirale. À mi-chemin, ils purent voir la porte de leur voisin du dessous. Celle-ci était ouverte et, au sol, il y avait des morceaux de branches inertes. Élodie poussa un petit cri qu’elle retint vite afin d’éviter de trahir leur position à ce mystérieux arbuste irréel. Mais si le buisson était intelligent, il devait savoir que si le chien (qu’il avait peut-être dévoré) avait été dans les escaliers avant de rentrer dans

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l’appartement, ses propriétaires pouvaient l’être aussi. Alors, il était pour Élodie et Christophe doublement nécessaire d’être très discrets.

Après leur arrêt, Christophe poursuivit sa descente, suivi par sa fiancée qui crispait plus fortement, au fil de la descende, ses mains sur ses épaules musclées. Oui, elle avait vraiment de plus en plus peur au fur et à mesure qu’ils se rapprochaient de l’entrée de l’appartement de leur voisin du premier. Celui-ci était peut-être déjà mort.

Arrivés sur le palier de ce premier étage, ils refirent une pose le temps d’écouter ce qui pouvait se passer dans l’appartement. Il n’y avait plus un seul bruit ! Vraiment, pas un seul craquement ni d’aboiement de Riki n’était perceptible, audible ! Le buisson était-il parti en sortant par la fenêtre après son éventuel carnage ?

Christophe s’approcha, les bras devant, vers la porte sans entendre le moindre petit son. Il poursuivit son avancement en traînant sa chérie. La porte s’ouvrit et ils entrèrent tous les deux sur la pointe des pieds. Sur leur droite, il y avait, comme chez eux, la cuisine, et ils ne virent rien de particulier. Il y avait cependant plein de branches au sol et les meubles semblaient avoir reçu beaucoup de coups, d’éraflements et de salissures. Tout à coup, ils entendirent des bruits secs qui provenaient apparemment de la chambre. Élodie serra cette fois le

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bras de Christophe en lui faisant très mal, car ses ongles lui entrèrent dans la chair en traversant même son polo. Mais ce qui était aussi inquiétant, c’est que Riki ne donnait plus aucun signe de vie, lui qui ne perdait jamais une occasion d’aboyer de joie ou de peur en cas d’alerte. Pourtant, ils l’avaient bien vu entrer dans cet appartement-là, c’était une certitude ! En temps normal, il aurait de suite senti ses maîtres et aurait été tout naturellement vers eux. Là non. Pourquoi ?

« Chéri, où est Riki ? Ce n’est pas possible, il est bien rentré ici, hein, tu l’as vu comme moi ! Rassure-moi, je n’ai pas d’hallucination ?

– Non chérie, je te confirme que tu n’es pas folle, mais si cela continue, je vais vraiment moi devenir fou, car on vit une situation totalement mystérieuse ! dit-il en continuant de chuchoter à voix douce.

– Oh ! Tu as entendu chéri, les bruits recommencent ! Oh ! Regarde, les volets du salon et de la cuisine se ferment en même temps ! Il commence à faire noir chéri ! Mais fais quelque chose ! »

Au même moment qu’Élodie termina de prononcer ces paroles, la porte d’entrée se ferma en claquant violemment derrière eux. Ils étaient pris au piège ! Qu’allait-il leur arriver ? Christophe se précipita sur la porte pour essayer de l’ouvrir, mais en vain. Elle

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était fermement bloquée et ne bougeait même pas d’un iota, comme si une force extraordinaire maîtrisant les lois physiques avait fait en sorte de la verrouiller définitivement. Élodie poussa au même moment un cri de frayeur. Elle était terrorisée et resta figée sur place, ses mains comprimant de nouveau les épaules de Christophe. De plus, ils ne voyaient plus rien car les volets étaient complètement baissés.

« Chéri, j’ai peur, il fait noir, je n’y vois plus rien ! Chéri, fais quelque chose ! »

Ils étaient paniqués, d’autant plus qu’ils n’avaient pas été discrets au moment d’entrer chez leurs voisins du premier ! Si le buisson se trouvait dans cet appartement, c’est certain qu’ils s’étaient fait repérer par lui, surtout avec le cri de terreur que venait de faire Élodie. Et puis, si la porte et les volets s’étaient fermés, c’est qu’il y avait forcément quelqu’un sur place et qu’ils avaient été certainement repérés. Ils risquaient donc maintenant leur vie en restant ici. Christophe voulut absolument sortir, même si cette opération comprenait beaucoup de bruit, car il devait essayer de défoncer la porte à coups d’épaule répétés.

« Chéri, dépêche-toi, j’ai peur, je n’y vois rien !

– Bon, chérie, arrête un peu, je fais le nécessaire, enfin j’essaye. Tiens-moi toujours les hanches et ne me lâche surtout pas !

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– Chéri, il y a quelque chose qui bouge ! Oh ! Écoute ! La porte du salon qui donne sur la chambre grince, tu entends ?

– Oui ! Oh là, ça devient préoccupant », lança-t-il toujours à voix basse.

Christophe multiplia les essais en augmentant sa détermination à vouloir casser la porte pour vite sortir avec sa chérie, mais ses épaules en prenaient pour leur grade. Élodie et Christophe regardèrent alternativement dans le vague et en biais dans la direction de la porte-fenêtre vitrée du salon qui donnait sur la chambre, même s’ils ne voyaient rien pendant un moment, quand apparut soudainement quelque chose.

« Oh ! Chéri, regarde, il y a deux yeux rouges qui nous fixent à travers les vitres ! Je vais sauter par la fenêtre, on va mourir ! C’est quoi ? Oh ! Sors-nous de là ! Riki a dû se faire manger par cette chose ! »

Élodie, dans la panique, disait des choses sans réfléchir, tout devenait incohérent dans sa tête. Oui, puisque les fenêtres étaient closes à cause des volets, comment pourrait-elle sauter par la fenêtre ? En effet, elle était vraiment dans un état second et ne raisonnait plus convenablement. Mais Christophe aussi allait perdre la raison…

« Oh mon Dieu, mais c’est quoi cette chose ! remarqua Christophe juste après sa femme.

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Chérie, mets-toi là, et sors le déodorant et le briquet ! Prépare-toi et reste derrière moi, je vais aller voir ce que c’est ! 

– Non, reste ici, chéri, ne va pas là-bas, tu vas te faire tuer par cette chose qui semble être un terrible animal ! Non non non ! Reste-là ! 

– Calme-toi chérie, on ne peut rien faire, la porte est bloquée, alors je ne vais pas rester là à rien faire. As-tu pensé à prendre le portable ?

– Non, dans la précipitation pour venir te rejoindre dans les escaliers, je n’ai même pas pensé à appeler la police. Pardon chéri ! J’ai peur chéri ! Sors-nous de là ! 

– Bon, reste derrière moi sur le côté avec les bras tendus avec le briquet et le déodorant. On va s’approcher tous les deux ! Es-tu prête ?

– Oui ! Non ! Attends, j’ai peur chéri !

– Je sais ma puce, mais on est pris au piège, alors il faut être courageux pour se défendre ! »

Lorsque Christophe termina ces paroles, un vacarme de fouettement se fit de nouveau entendre. Ce vrai tapage s’entendit jusque chez le concierge de la résidence qui se trouvait 100 mètres plus loin, à l’entrée. Ce tapage filtrait à travers les volets fermés. Des carreaux de fenêtres avaient dû être cassés à cause de cette mystérieuse chose ou bien une fenêtre avait dû être restée ouverte. Agression qui n’avait

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laissé, du coup, aucune chance à ces propriétaires-voisins d’avoir le temps de se barricader !

Christophe et Élodie continuèrent d’avancer à l’aveuglette, avec la peur au ventre, vers la porte-fenêtre qui donnait sur la chambre. Les yeux de cette chose grossissaient au fur et à mesure et le tumulte gagnait en intensité, comme si la queue de cette chose continuait de frapper les murs tout en maintenant son regard sur eux. Élodie allait presque lâcher le déodorant pour pouvoir se boucher les oreilles tellement le bruit était étourdissant, assourdissant ! Mais ce n’était pas tout, car dans tout l’appartement, les portes claquaient, des bruits de fouettements cinglaient les murs, et ce qui était surprenant, c’est que cela fouettait tant dans la chambre que dans la salle de bain qui était à l’opposé. Oui, les branches devaient être très grandes pour pouvoir être partout à la fois et s’insinuer comme des milliers de serpents ! De plus, les lumières des lampes clignotaient pendant que les deux gros yeux disparaissaient dans le fond noir de la chambre, dernière les deux portes vitrées.

Élodie était terrifiée, glacée de peur sur place, et Christophe était tout en sueur. Des gouttes dévalaient de son petit front surchauffé. Ils étaient dans la salle à manger, éloignés de quelques pas de l’entrée-vestibule. Ils étaient au niveau de la porte-fenêtre

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vitrée de la chambre-salon quand toutes les lumières s’allumèrent en même temps et que le buisson se lança vers eux, sur la droite. Il avait fait le tour en prenant l’autre porte de la chambre qui donnait sur le vestibule en passant devant la salle de bain pour revenir à ce vestibule-entrée, et c’est là qu’il s’élança sur Élodie en l’assaillant par derrière.

Élodie cria au secours en même temps qu’elle s’évanouit sur les épaules de Christophe qui poussa à son tour un cri d’alerte à la Tarzan (il était très fort) en essayant de retenir sa copine. Lui-même avait été très surpris de l’irruption inopinée par la droite de ce buisson terrifiant.

Le buisson s’approcha de plus en plus d’eux. Christophe voulut armer sa bonbonne en mettant le briquet devant et appuyer pour le cramer, mais il n’eut ni le temps ni même la possibilité de le faire. Il tenait toujours sa chérie et ne pouvait pas la lâcher comme ça et libérer ses bras. Oui, Élodie était similaire à une poupée désarticulée encore en pleine syncope. Elle n’était pas morte, mais son cœur s’était grandement ralenti… 

Christophe constata quand même quelque chose de très bizarre. Son regard fut attiré vers le bas et il aperçut des petites jambes au bout d’une paire de chaussons. Oui, drôle de buisson ! Christophe ne réagissait plus tellement son cerveau était paralysé par la peur et par l’inquiétude de voir sa chérie dans

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un tel état émotionnel. Il continua à détailler l’animal et il observa, en plus, des petites mains humaines de couleur verte. Mais ce qui l’intrigua fortement, c’est que l’on aurait vraiment dit de la peinture ! Puis, son regard revint vers la tête et il remarqua des petites lèvres humaines qui souriaient. Christophe était des plus déconcertés. Il ne savait plus s’il rêvait ou s’il faisait un cauchemar. Avait-il des visions erronées, devenait-il dingue ou bien était-il tout à fait normal outre le fait d’être apeuré ?

Le dénouement allait bientôt arriver. Soit ils seraient tués, soit ils seraient épargnés. Alors, qu’allait-il advenir de ce jeune couple ? Oui, comment pourraient-ils être épargnés par une telle bête qui semblait des plus féroces ?

Christophe regarda de nouveau plus attentivement après avoir plissé les yeux plusieurs fois pour être sûr qu’il ne rêvait pas, tout en rendant ses yeux plus clairs comme avec des essuie-glaces. Ce qu’il aperçut provoqua chez lui un immense soulagement, un sentiment d’apaisement et même un léger sourire. Il aperçut un enfant déguisé avec une tenue en tissu avec plein de branches articulées par d’autres copains, des enfants qui suivaient juste derrière. Ils n’étaient pas moins d’une dizaine de personnes dans l’appartement ! Et Riki allait bien au final ! Oui, il était dans les bras d’une petite fille, l’enfant de leur voisin qui était aussi dans le coup de cette terrifiante

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blague faite comme poisson d’avril ! Oui, une blague très organisée que Christophe et Élodie allaient découvrir dans quelques minutes et comprendre dans les moindres détails.

Quelques secondes après, Élodie reprit ses esprits. 

« Chérie, c’est moi, Christophe ton chéri. Ce n’est rien ma puce, c’est apparemment une blague de nos voisins ! Riki va bien, et regarde, le buisson n’était en vrai qu’un costume que ces petits galopins de voisin ont revêtu ! Et pour les branches, c’était les autres garçons qui faisaient remuer ces parties tentaculaires après les avoir bien enfilées sur leurs membres ! Ah ces petites canailles ! »

Rire général dans l’appartement.

« Vous savez que vous m’avez fait une peur à en mourir ! Heureusement que l’on n’était pas cardiaques ! Oui, un cardiaque aurait très bien pu y laisser sa peau avec votre farce de mois d’avril ! En tout cas, c’est bien joué ! Mais dites-moi tout ! Comment avez-vous fait, car il y a plein de choses qui m’échappent encore ! Chérie, ça va ?

– Oui, mais qu’est-ce qui s’est passé ? J’ai perdu connaissance, j’ai encore un peu mal à la tête ! Ai-je reçu un coup ?

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– Non, pas du tout chérie ! Tu t’es évanouie et tu viens tout juste de réapparaître ! Et ce n’est rien au final, ce n’était qu’une blague de mauvais poissons, oui, de mauvais goût avec les telles frayeurs qu’ils nous ont provoquées ! Regarde-les, comment ils sont accoutrés ces farceurs ! »

Élodie se tourna pour constater qu’effectivement, ce n’était qu’une blague certes, mais visiblement bien organisée et digne de figurer dans des séries les plus subtiles de caméras cachées télévisées !

« Oh Riki viens mon titi, viens me voir… »

La fille déposa le chien sur le parquet marron orangé, et Riki se précipita vers sa maîtresse pour lui faire plein de papouilles sur les joues, la bouche, le nez et les oreilles. Ceci contribua même à la réveiller plus rapidement et avec assurance, comme après le mauvais rêve de son petit évanouissement.

« Alors Riki, tu nous as fait peur ! On a cru que tu avais été mangé tout cru ! Oh ! Que je suis contente de te voir en bonne santé mon petit père ! Fais-moi un autre petit bisou mon Titi ! Chéri, serre-moi dans les bras, j’ai eu la peur de ma vie ! Oh ! Que je suis contente de te voir aussi en chair et en os !

– Et moi aussi ma puce ! Attends, je vais déposer ma bonbonne. Et la tienne, où est-elle ?

– Je ne sais pas, j’ai dû la lâcher quand j’ai eu ma faiblesse.

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– Oui, elle est là madame, elle a roulé jusqu’au vestibule quand vous vous êtes légèrement évanouie sur votre copain ! Tenez, je vous la redonne !, répondit un copain du garçon du voisin.

 – Eh bien, il était temps ! Vous alliez mettre le feu chez nous, renchérit Bruno, le propriétaire de l’appartement, le voisin du dessous d’Élodie et de Christophe.

– Oui, on voulait cramer ce buisson qui nous était des plus mystérieux ! », répondit dans la foulée Christophe. 

 Hihihi ! Hilarité générale dans l’appartement.

« Mais dites-nous, comment ce buisson pouvait nous suivre en voiture et aller aussi vite que nous ? Et ces deux yeux, c’était finalement, d’après ce que je vois, deux grandes lampes de poche avec un curseur pour grandir le diaphragme et qui donnait l’impression d’une pupille pouvant se dilater d’une manière aussi effrayante qu’un animal sauvage nocturne ! Mais pour la route, je n’ai rien compris ! Il me rendait dingue, car à chaque fois que je descendais de ma voiture, il disparaissait en moins deux ! Et il allait aussi vite qu’un avion de chasse rasant les trottoirs, les routes… Oui, un vrai furtif ! »

Nouvelle exclamation enfantine dans l’appartement !

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« Eh bien, dit Bruno en tenant son garçon, Nicolas, 12 ans, par les épaules après avoir passé son bras gauche derrière lui. En fait, sous le buisson, il y avait… Nicolas, va la chercher ! »

Christophe et Élodie, qui avait retrouvé sa lucidité, écoutaient Bruno avec une grande attention. Ils restaient fixés sur ses lèvres en attendant que son fils revienne. Bruno poursuivit ce qu’il allait dire.

« Alors, sous ce buisson, il y avait une petite voiture à essence téléguidée qui peut monter à 90 kilomètres-heure. Largement suffisant pour vous suivre en ville ! »

Le couple se regarda, surpris d’une telle supercherie qui avait si bien dupé Christophe et son chien Riki. Ils voulaient en savoir plus. Le fils de Bruno, Nicolas, tout fier, rapporta de la chambre des parents une belle voiture couleur verte. À l’arrière, une espèce de queue faite avec une corde flexible en fibre optique était collée. Et dessous, sur le devant, bien amarrées, il y avait deux autres lampes, plus petites que celle que tenait Bruno juste avant, quand il était derrière la porte de la chambre sous un autre faux buisson en toile. Sur chacune de ces deux lampes fixées sur cette voiture de course miniature, il y avait un diaphragme qui pouvait pareillement augmenter le diamètre de ces deux faux yeux. Mais

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le top, c’est que ceux-ci pouvaient, en plus, être pilotés à distance !

 – Ah ! D’accord ! Mais vous ne l’avez quand même pas pilotée de chez vous ? À moins qu’il y eût une caméra miniature dessus ? lança Christophe.

– Non venez, suivez-moi ! Nicolas, va ouvrir les volets de la cuisine !

Frédéric était un autre fils de Bruno, le petit frère de Nicolas et il avait 10 ans.

– Oui papa ! »

Christophe suivit Bruno qui allait vers la fenêtre de la cuisine pour lui faire voir, en contrebas, quelque chose en vue plongeante. 

« Vous voyez, là en bas ?

– Non ! répondit Christophe, interloqué.

– Mais si, regardez bien sur le parking !

– Mais je ne vois rien je vous dis !

vAllez, concentrez-vous, cela va vous revenir ! »

Christophe regarda bien tout ce qui se trouvait sur le parking, quand tout à coup, il s’arrêta sur quelque chose en écarquillant les yeux et en se retournant vers Bruno, avec le sourire aux lèvres qui fendaient ses joues.

« En effet, des images souvenirs me reviennent en tête ! Oui, je vois maintenant, j’ai compris !

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– C’est quoi chéri ? demanda Élodie, intriguée et qui voulait absolument regarder à son tour.

Elle regarda par-dessus l’épaule droite de Christophe qui rigolait maintenant.

– Mais c’est quoi chéri, je ne comprends pas, pourquoi tu rigoles ?

– Eh bien chérie, il y a la même voiture rouge qui semblait à plusieurs reprises nous suivre et que j’ai aperçue pas moins de trois fois avec Riki depuis la salle de sport ! Et je n’ai même pas percuté une seule seconde qu’elle nous suivait en filature rapprochée, tellement mon attention était déjà grandement préoccupée par ce buisson énigmatique ! Alors que, comme je viens de le dire, je l’ai aperçue plusieurs fois à différents endroits ! En fait, vous avez recouvert ce petit véhicule d’un vrai buisson, et vous l’avez piloté de votre voiture rouge que l’on voit sur ce parking ! Faites-nous donc voir maintenant ce buisson ! Mais pas cette toile qui a servi à nous effrayer efficacement dans cet appartement et sous laquelle se cachaient vos fils et leurs copains qui articulaient en même temps les bras-branches. Non, je veux voir le buisson qui recouvrait cette petite voiture téléguidée… Parce que j’ai vraiment cru que c’était un vrai, alors j’ai hâte de le voir de près ! 

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– Oui en effet, l’autre buisson et un vrai en bois réel. Nicolas, mon cœur, va me le chercher s’il te plait ! »

Nicolas retourna dans la chambre et apporta effectivement un vrai buisson avec son tronc.

« Vous voyez, il y a dans la carlingue un trou central au-dessus de la voiture, comme ceux que l’on peut trouver sur une table d’été et où l’on plante le parasol. Eh bien, on plantait ce buisson dedans. Et on l’attachait ensuite sur le reste de la carrosserie avec une fine ficelle couleur verte, en faisant attention qu’il ne dépasse pas par-devant, pour éviter justement qu’il aille sous les roues. Sinon, cela aurait pu les bloquer en entraînant l’arrêt du moteur ! On voulait habilement dissimuler cette voiture à essence ! »

Bruno mima comment il s’y était pris.

« Oh ! Vous êtes trop malins ! Franchement, personne n’aurait pu voir la supercherie ! Mais dites-moi aussi, pourquoi toutes les roues ont des crampons ?

– Eh bien, les crampons, c’est pour avoir un semblant de frétillement végétal quand elles roulaient sur le macadam ! Mais aussi, pour grimper sur des buttes, des monticules et rouler dans la terre ! »

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Élodie écoutait les paroles de Bruno tout en jetant des regards furtifs sur la femme de celui-ci, Catherine, qui était près de lui.

« Bon, tout s’éclaire, mais comment faisiez-vous pour la faire disparaître quand je m’arrêtais et que je descendais ensuite à pied sur les trottoirs pour essayer de retrouver ce buisson magique ? »

Hilarité générale dans l’appartement.

« Eh bien, quand tu as fait ton premier arrêt à Verrières-le-Buisson, devant la librairie, nous étions aussi garés juste devant cette boutique, mais juste derrière toi. Et à ce moment, tu ne nous as pas vus, car tu regardais dans une autre direction, cherchant ce buisson magique, Hahaha ! Mais on a eu chaud quand même, surtout mon fils Nicolas qui avait garé la petite voiture avec son chapeau-buisson sous une grande voiture classique qui se trouvait encore plus près de la librairie ! Mais comme tu t’es retourné au moment où j’allais reprendre le buisson magique, eh bien, à cet instant précis, tu as regardé dans ma direction, mais sans me voir, car j’étais derrière un arbre ! Et comme j’avais cette voiture-arbrisseaux dans les mains et que j’étais toujours caché derrière cet arbre, je l’ai rapidement perchée sur une branche avant de te regarder. Mais j’ai eu peur que tu viennes à ma

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rencontre pour m’interroger avant même d’avoir eu le temps de dissimuler cette voiture-herbeuse, sinon là, c’est clair que la supercherie aurait été terminée. Alors, je l’ai vite camouflée ! Et quand j’ai vu que tu étais toujours occupé à regarder derrière les autres voitures dans l’autre sens, j’en ai profité cette fois-ci pour vite sauter dans ma voiture à côté de mon fils et me baisser pour me cacher !

– Oui, tu as raison, c’est exactement ce que j’ai fait, et Riki avait arrêté d’aboyer. Je n’avais du coup plus de repère pour savoir où chercher ! Mais après, comment as-tu fait pour repartir et me suivre encore et encore ! Car j’ai halluciné quand ce buisson m’a suivi sur la barre de séparation de l’autoroute A86 !

– Eh bien, là, on a eu de la chance pour que la suite de notre blague continue à être crédible ! Car une fois que tu étais reparti vers la préfecture en prenant la route latérale, mon fils, après le passage d’un couple, a appuyé par mégarde sur le bouton d’avancement de la télécommande de la petite voiture ! Eh bien là, j’ai eu vraiment peur à mon tour ! Car la voiture s’est débloquée de l’endroit où je l’avais perchée sur la branche et elle est tombée au sol en rebondissant au passage sur une plus petite branche plus bas qui l’a renversée sur le dos avec fracas ! Bien que le

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buisson touffu ait amorti le choc, j’ai cru, en la voyant tomber, qu’elle se serait définitivement cassée ! Mais mon fils a pu quand même reprendre les commandes sous les yeux hagards et médusés du couple en question qui s’était retourné à cause de ce bruit et des mouvements mécaniques que la petite voiture avait provoqués dans sa chute. Mais aussi, au moment du redémarrage, elle a rebondi sur son chapeau-buisson demi-ressort qui l’a automatiquement remise sur ses roues ! C’est pour cela que l’on a vraiment eu de la chance deux fois de suite ; la première de ne pas la casser, et la seconde, c’est qu’elle reparte aussi vite pour continuer à vous pourchasser sans que vous l’ayez semée. Autrement dit, on n’a pas eu besoin de ressortir du véhicule à ce moment précis, ni pour la réparer ni pour la remettre sur ses essieux en perdant du temps…

– Oh ! Oui papa, et j’ai rigolé car ils sont partis comme des personnes qui auraient vu un fantôme ! Hihihi ! lança avec amusement Frédéric à son père qui avait de nouveau le sourire en revisualisant la scène que son plus jeune fils évoquait.

– D’accord jusqu’ici, mais comment avez-vous fait pour la faire grimper sur la barre de séparation de l’A86 ?

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– Eh bien, tu avais pris de l’avancement et tu roulais doucement. En même temps, tu disais je crois, à ce moment-là, à ton chien de se taire ; on te voyait remuer les lèvres en te retournant. J’ai donc eu le temps d’avancer et d’aller voir plus loin si la voiture-buisson n’avait pas réellement subi de dommages en tombant. Je savais que tu n’étais pas loin, on te voyait presque à l’arrêt, et que j’avais donc un peu de temps pour jeter furtivement un regard sur sa carlingue tout en m’assurant du bon fonctionnement de ses commandes droite, gauche, avant et arrière. J’étais, en fait, caché à l’extrémité de l’ouverture aérienne de cette A86 qui ressortait en surface parallèle à ta route, et à une cinquantaine de mètres plus bas que la librairie. Et comme j’étais à côté de cette barre de séparation, je me suis mis dans un délire de folie sur la pointe des orteils, en la déposant dessous à l’aide de mon bras droit, et je suis vite retourné à mon volant ! Cela a pris à peine dix secondes à tout casser ! Et mon fils a lancé la voiture tout de suite à ta poursuite et elle vous a rejoints sur cette rambarde en vous rendant encore plus dingues ! Et après, quand tu as fait demi-tour, je suis redescendu pour la récupérer sur l’herbe, car elle avait une fois de plus chuté au terme de cette barre de séparation où elle roulait dangereusement en équilibre, d’où

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sa deuxième disparition ! Et je l’ai ensuite déposée de ma voiture, côté conducteur, sous une voiture juste devant le feu rouge avant que mon fils reprenne les commandes et la fasse rouler à côté d’un ensemble de poubelles de l’autre côté de la route, côté passager, pendant que tu téléphonais ! Et après cet appel téléphonique (que Christophe avait passé depuis la préfecture), on t’a suivi jusqu’au rond-point. Soit dit au passage, on ignore qui tu as appelé, même si on en a une petite idée !

– J’ai appelé la police qui m’a pris pour un cinglé et m’a dit qu’il fallait que j’arrête d’occuper la ligne pour une blague de si mauvais goût, et que l’on n’était pas, en gros, à X-Files ! Il avait raison quelque part ce policier qui m’a pris au téléphone, mais dans la peur, on croit vraiment n’importe quoi ! Bah oui, je vois une chose me suivre et cela, partout depuis la sortie de la salle de sport. Il y a de quoi devenir fou ! Même mon chien Riki commençait à le devenir, oui, complètement cinglé. Il y a de quoi, hein chérie ! »

Hilarité générale pour la énième fois.

« Oui chéri, je suis avec toi, après avoir subi une telle frayeur dans cet appartement !

– Et quand tu t’es arrêté un peu plus haut, après ce premier rond-point au centre duquel il y a

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cette statue décapitée, eh bien on l’a cachée derrière une poubelle qui était devant une propriété ! Et on a procédé secrètement de cette même manière sur tout le chemin en te suivant à bonne distance dans notre voiture rouge ! Et cela, jusqu’à la dernière fois que tu l’as vue, un peu avant le feu rouge devant le jardin de la Ménagerie ou le petit parc de Sceau où se trouve le kiosque ! Après on est venus directement ici sur le parking à t’attendre, en ayant réalisé au passage quelques manœuvres un peu dangereuses ! Il ne faut pas le dire, mais on a pris le sens interdit de la rue de Penthièvre sur vingt-mètre pour rentrer à gauche dans la résidence, allée Troènes, avant de retourner immédiatement à droite dans l’allée Bernadotte et enfin arriver sur ce parking avant vous ! Et toute l’équipe que tu peux voir ici même était prête à vous recevoir et vous faire le meilleur poisson d’avril ou plutôt buisson d’avril de votre vie ! Hihihihi ! Non ? Hihihi !

– Mais dites-moi, je reviens dessus, mais comment le buisson a pu jaillir à un moment donné sur mon pare-brise au niveau du feu rouge à côté de la préfecture de police un peu plus bas ?

– Eh bien, quand j’ai garé le buisson à côté des poubelles pendant que tu appelais l’agent depuis

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cette préfecture d’Antony après avoir refait le tour. Mon fils a fait sauter le buisson grâce à un tremplin que son copain Philippe, qui a douze ans et demi et qui est dans la même classe que lui, avait vite installé entre les deux poubelles ! L’idée lui était venue à l’instant même où il a vu deux planches et un seau à demi rempli de gravats ! Au début, on voulait simplement faire surgir le buisson par un petit saut juste devant toi ! Mais comme Nicolas n’a pas bien dosé la vitesse, le saut a été spectaculaire et le buisson a bondi directement sur ton pare-brise ! Et qu’est-ce qu’on a pu rigoler ! Hihihi !

– Oui, mais après, elle a disparu de mon toit !

– Eh bien, tu as démarré à ce feu rouge et puis à l’autre, quelques mètres plus loin, juste avant d’entamer l’avenue Le Brun qui menait à la statuette sans tête au centre du rond-point. Eh bien, à un moment, quand tu regardais à gauche dans le rétroviseur, mon fils l’a fait descendre par l’angle droit en ferraille de la carrosserie de ton habitacle ! Et tu n’as donc pas pu la voir redescendre puisqu’en plus, tu ne regardais pas du bon côté. Il ne l’a pas fait glisser non plus sur l’une de tes six vitres ! Ensuite, mon fils l’a dirigée vers l’avenue du Parc de Sceaux qui faisait face à la statuette et l’a récupérée ensuite

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pour la redéposer plus loin pour la poursuite de cette blague extraterrestre !

– Et comment la voiture a fait pour monter les marches de notre perron à l’extérieur, au niveau des interphones, en tapant comme une folle sur la vitre du bas avant de rentrer dans le hall ?

bEh bien, la voiture a été déposée latéralement derrière les vrais buissons cette fois-ci, sur le côté des marches de ce perron avec les interphones extérieurs sur la droite ! En fait, c’était avant que tu arrives avec ton chien Riki qui n’a, soit dit en passant rien vu, entendu ou reniflé ! Les enfants aussi étaient cachés, et ce sont eux qui ont récupéré la voiture-buisson avant de revenir ici, quand vous avez quitté la fenêtre de votre cuisine. Ils se sont déguisés en grand buisson magique pour le bouquet final, tout en vert ! Hihihi !

– Oui, ça pour un bouquet, c’en est un, et un sacré ! J’ai failli avoir une crise cardiaque ! rétorqua Élodie.

– Mais qui a fabriqué ces costumes plus vrais que nature, celui que vous portiez ici dans l’appartement, et celui qui a toujours été sur la voiture ? Et comment expliquer les éraflures sur votre mobilier qui nous donnaient vraiment l’impression que le buisson avait fait un carnage avant que l’on arrive ? demanda Christophe, juste

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après sa femme qui venait de s’exprimer avec une forte intonation.

– En fait, regardez, ce sont des autocollants qui donnent une fausse impression d’éraflures, d’égratignures et d’excoriation. Ils zèbrent comme pour de vrai, oui parfaitement, notre innocent mobilier. C’est une sorte de farce et attrape pour faire des farces ! Et on a ajouté aussi de la pâte à mastic, vous savez, celle que l’on met habituellement aux fenêtres pour faire justement tenir les carreaux ! Eh bien, les enfants l’ont ensuite coloriée de la même couleur que les meubles pour faire croire à des défauts, comme de faux soulèvements d’écorce ou de bois cassé, sectionné, déchiré… Vous êtes bien tombés dans le piège ! Hihihi ! Et pour les costumes du faux buisson, on les a trouvés et achetés dans un magasin de déguisement sur Paris quatorzième.

– Oh ! C’est bien vu tout ça, vous êtes sacrément malins, bande de petites fripouilles ! »

Hilarité générale des enfants qui frétillaient des pieds. Oui, ils étaient très contents de leur exploit scénique et fictionnel très original dans l’étrangeté, la singularité, la bizarrerie, l’excentricité et le fantastique de cette l’histoire du buisson magique !

« Et la branche que notre chien a saisie à pleines dents sous la porte de notre appartement avant de me la faire voir ! J’ai constaté ensuite de mes

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propres yeux que ce morceau de buisson était plus vrai que nature !

– Eh bien oui, on l’a récupéré dans la forêt de Verrières-le-Buisson, et elle est bien naturelle, comme vous vous en êtes rendu compte du premier coup d’œil, comme votre chien d’ailleurs, du premier coup de gueule ! Mais bon, il a dû aussi la sentir arriver ! Hihihi ! Il n’arrêtait pas d’aboyer comme s’il avait senti et trouvé l’animal extraterrestre le plus mystérieux de l’univers ! Hihihi ! 

– Et comment expliquer que votre porte, à un moment donné, se soit fermée toute seule et qu’elle ne pouvait plus s’ouvrir pour que l’on puisse s’enfuir ?

– Eh bien, dans un premier temps, mon voisin de palier et moi avons profité du fait qu’il faisait noir pour tirer sur la ficelle qui était accrochée à la poignée pour fermer la porte à l’aide du fil qui était scotché sur l’armoire en bois du tableau électrique, juste à gauche de notre entrée, comme sur votre palier ! Et ensuite, nous retenions cette porte en maintenant fermement la poignée tout en nous baissant afin que vous ne puissiez pas nous voir dans l’œilleton ! Oui, on avait bien préparé le terrain, bon calcul !

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– Oh oui, c’est bien joué tout ça, mais faites-moi les présentations, car il y a du monde ici chez vous !

– Eh bien, vous avez donc mon fils Nicolas, 12 ans, qui était le conducteur de la voiture support de ce mystérieux buisson magique. Moi, je conduisais le véhicule rouge que vous avez pourtant vu plusieurs fois sans prendre conscience le moins du monde qu’il pouvait y avoir un lien entre ce buisson et nous ! Vous avez également ma femme, Catherine, qui avait pour fonction, dans ce canular, de répandre partout dans l’immeuble des copeaux de branches censés provenir de ce terrifiant buisson ! Mais aussi, c’est elle qui était accroupie juste devant votre porte, vers le bas, pour remuer les fausses branches qui passaient devant votre œilleton ! Mais ce n’est pas tout, elle faisait également glisser, sous votre porte d’entrée, les petites branches jusqu’à votre parquet orangé. Soit dit en passant, c’est le même revêtement en latte que le nôtre ! Enfin, elle a même senti à ce moment-là votre chien happer la branche. Vous avez la petite fille, Mélisse, 11 ans et plus que demi, donc presque 12 ans dans quelques heures, et fille de notre voisin Bertrand qui est sur notre palier d’en face. Eh bien Mélisse qui est là, dans notre

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appartement, regardez-là ! Elle sourit encore ! Elle devait, au départ, uniquement regarder la scène. Mais comme votre chien a fait irruption inopinément, à la dernière seconde, on lui a trouvé la mission de tenir Riki en paix, tout en lui maintenant la gueule fermée comme elle pouvait avec ces petites mains. Finalement, elle s’en est remarquablement bien sortie ! Et Riki l’a visiblement adoptée, regarde-le, il lui lèche encore les doigts !

– Oui, on n’a rien entendu ! dit Christophe, étonné que son chien ait été adopté aussi rapidement par une petite fille !

– Vous avez aussi Fabrice, 11 ans et demi, et Christèle, 12 ans, qui sont les camarades de classe de mon fils Nicolas. Et leur rôle était de taper partout et d’allumer successivement les lumières pour que notre appartement ait la même atmosphère que celle des maisons hantées que l’on peut voir dans les films d’horreur à la télévision ou au cinéma ! Mais aussi, ils ont été les caméramans du moment et ont filmé toutes les scènes de poursuite de ma voiture depuis le début ! Et nos voisins, Philippe, qui m’a aidé à tenir la porte, et sa femme Marguerite, qui sont les parents de Mélisse !

– Bon, je comprends maintenant vraiment tout dans les détails. Vous les avez d’ailleurs très

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bien agencés entre eux, mais il y a autre chose qui m’interpelle. Pourquoi avoir pris un buisson ?

– C’était pour faire un jeu de sens avec la ville de Verrières-le-Buisson ! D’ailleurs, n’as-tu pas percuté une seule fois en te posant des questions entre ce buisson et Verrières-le-Buisson ?

– Si, justement, cela m’a traversé rapidement l’esprit, et je me suis même demandé si ce n’était pas la forêt qui se révoltait contre les gens qui ne prenaient pas soin de cet environnement. Je pensais peut-être être la cible concentrée de ces gens-là, pollueurs, bien que moi, j’aie toujours respecté la nature sous toutes ses formes ! Mais ce qui me surprenait et m’intriguait le plus était de savoir comment il pouvait faire la différence entre un automobiliste de passage et un habitué des lieux ! Heureusement que chaque arbre est statique et ne bouge pas comme ce buisson pour venir nous faire la guerre ! On serait mal barrés sinon ! Hihihi ! C’est marrant, comme ça, en y pensant, mais si c’était vrai, ce serait effrayant ! Non ?

– Oui, tu m’étonnes ! Mais tu sais, pour que ton chien puisse te mettre subtilement la puce à l’oreille en attirant ton attention sur ce buisson, on a badigeonné l’arbuste avec l’urine d’une femelle bichonne en chaleur remplie d’hormone !

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Tout cela pour que ton chien Riki aboie à s’arracher la gueule en sentant cette odeur d’une fausse copine qui serait très proche ! Hihihi ! Même lui, on l’a bien eu, car non seulement il est tombé dans le piège, mais il a eu aussi très peur quand il a vu que ce n’était pas une bichonne ! Hihihi ! Et c’est vrai que cela sent très très mauvais, mais il fallait être vrai dans les moindres détails, jusqu’au-boutisme… Hihihi !

– Ah oui ! Bien vu, car c’est vrai que mon chien était dans tous ses états, et j’avais même du mal à lui faire arrêter d’aboyer. Il sentait l’odeur à travers la voiture ! Mais pour le téléphone, je pense avoir compris. Vous avez ouvert notre placard sur le palier et vous avez débranché l’arrivée de la ligne de France Télécom de notre boîtier ! Et vous l’avez remise en place uniquement pour nous faire venir chez vous dans ce piège de la maison hantée, sous prétexte que vous étiez en danger de mort ! Petits malins !

– C’est tout à fait ça mon cher voisin ! Votre femme semble s’en remettre Christophe, elle reprend de la couleur et vous aussi d’ailleurs ! Bon, il faut que je vous le dise, aujourd’hui, c’est l’anniversaire de la fille de notre voisin, Mélisse qui va avoir 12 ans. Ils sont justement partis acheter un cadeau pour elle. Il va donc falloir

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faire maintenant le ménage dans l’immeuble, avec tous ces copeaux de branches !

– Bon, chérie, et si on rentrait à la maison maintenant ?

– Oui, bonne idée ! répondit Élodie à son chéri Christophe qui ne revenait toujours pas de cette blague.

– On vous invite tout à l’heure si vous le voulez pour venir manger un morceau de gâteau ! lança Bruno en présence de sa femme Catherine.

Ils allaient fêter l’anniversaire de la copine de leurs enfants, Nicolas et Frédéric, avec laquelle ces derniers jouaient souvent en bas devant l’immeuble étant donné qu’ils étaient voisins.

– Oui, pourquoi pas, à quelle heure peut-on revenir ?

– Venez vers 19 heures. On aura, d’ici là, tout nettoyé et préparé la table à l’aide de nos voisins qui ne vont pas tarder à revenir des courses ! répondit Bruno.

– OK, on sera donc là ce soir ! En fait, cette blague que vous nous avez faite, c’est une manière indirecte de nous inviter, tout en faisant un cadeau à Mélisse doublé d’un poisson d’avril !

– Oui, mais aussi, comme vous venez de le mentionner, cela a été fait également pour amuser les enfants ! Car on vous l’a dit, toutes

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les scènes ont été filmées par Fabrice, 11 ans, et Christèle, 12 ans, les camarades de classe de mon fils Nicolas qui se relayaient et qui étaient assis sur les sièges arrière de notre Jaguar rouge ! Et si vous le voulez, ce soir, on regardera cette vidéo ! Mais il n’y aura pas d’image de chez vous, non, seules celles de dehors et de chez nous dans notre appartement seront visionnées, car on n’a pas pu filmer vos échanges quand vous étiez dans votre appartement. Vous le comprenez bien, propriété privée !

– Oui, bien sûr, vous avez eu des limites quand même ! Donc OK, alors à ce soir pour de bonnes rigolades ! Mais je vous en prie, plus de buisson magique… Hihihi ! », lança Christophe à son tour pour conclure cette blague, mine de rien, bien ficelée, il faut le reconnaître ! 

Christophe et sa chérie sortirent pour emprunter les escaliers et rentrer chez eux. La ligne de leur téléphone avait été rétablie par Bruno. En passant, ils virent les enfants qui étaient déjà en train de balayer, sur les deux paliers des étages, les feuilles censées provenir du buisson magique. Le couple rescapé leur lança au passage un sourire reconnaissant et rentra chez lui.

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« Oh ! Chéri, j’ai eu la peur de ma vie ! Oh que je suis contente de te voir sain et sauf, mais ce soir, je vais probablement faire des cauchemars !

– Oui, moi aussi je suis content qu’en définitive, cela ne soit qu’une blague de mauvais buisson, oh pardon, je voulais dire, de mauvais goût ! Hihihi ! Non, mais il faut le reconnaître, c’était très bien organisé, et cela reste une farce chérie ! Et puis, tu as vu, il y avait des enfants dans la partie et ils se sont visiblement bien amusés à nos dépens ! Mais bon, au final c’était sympathique, surtout après avoir entendu leurs explications du pourquoi et du comment !

– Oui et tu as vu les moyens qu’ils ont mis pour organiser, ordonner toute cette mascarade ?

– Oui, ils ont planifié leur coup d’une manière quasi militaro-espionnage ! Mais bon, tout finit bien, et c’est l’essentiel. On ira tout à l’heure fêter l’anniversaire de la petite Mélisse ! Mais espérons que cette fois-ci, ils ne vont pas nous faire le coup du gâteau maléfique ! Hihihi ! Car là, cette fois-ci, crois-moi sur parole chérie, je n’y croirai pas ! Hihihi !

– Chéri, il ne faudrait quand même pas arriver les mains vides ! Tu ne veux pas aller acheter des gâteaux à la boulangerie avant qu’elle ferme ?                                   

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– Oui, je vais y aller, je vais prendre des éclairs au chocolat, des tartes et des bonbons. Et toi ma puce, tu veux quoi ?

– Oh ! Une religieuse au café pour m’aider à refaire surface suffira, merci mon chou ! Moi, pendant ce temps-là, je vais préparer un bouquet de fleurs. Je vais les prendre dans ma jardinière sur notre balcon ! Je vais donc, par la fenêtre de notre chambre et du balcon, te voir passer chéri. Tu y vas maintenant ?

– Oui, je prends mon porte-monnaie et j’y vais. Fais un bisou à moi chérie ! Spuim spuim, tiens je t’en fais deux avant toi, et voilà pour toi ma petite chérie, allez encore deux petits bisous pour toi ! Spuim spuim… Ah oui ! Chérie, je pense que je vais passer chez le libraire en même temps pour acheter un livre pour Mélisse, ce sera son petit cadeau d’anniversaire. Qu’en penses-tu ? 

– Excellente idée, oui très bien, je n’y pensais pas, excellente… ! Tiens, voilà tes petits bisous avant de partir ! Spuim spuim… ! »

Christophe récupéra son téléphone et prit son porte-monnaie avec sa carte bancaire. « Sait-on jamais », se dit-il. Il quitta donc son appartement et le bâtiment pour aller chercher des gâteaux quand un mouvement frénétique se fit entendre dans un buisson à droite de l’allée du chemin qui menait justement à la sortie de leur résidence.

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« Oh non ! Cela ne va pas recommencer ! » Ses yeux restèrent fixés sur l’arbuste sans même bouger d’un millimètre. Il s’arrêta de marcher, comme pétrifié par cette nouvelle situation. Au même moment, sa chérie l’appela de la fenêtre de leur chambre, là où tout à l’heure elle avait vu, sans la voir, la voiture rouge. Elle était en train de récupérer des fleurs du bac.

« Chéri ça va ?

– Oui chérie, il n’y a rien ! », répondit-il en essayant de rester le plus naturel possible, ne voulant pas l’inquiéter pour rien ou passer cette fois-ci pour un dingue.

En vrai, il était en panique de voir que cette fois-ci, cela ne pouvait pas être encore une blague étant donné que ses voisins étaient chez eux avec leur fils coquin et plaisantin, Nicolas, son petit frère Frédéric et le reste de la troupe, Fabrice, Christèle, sans oublier Mélisse.

Il continua de regarder intensément le buisson quand tout à coup, un petit chat en sortit en dodinant sur ces quatre petites pattes, comme pour se moquer de Christophe. Celui-ci sourit en se retournant vers sa chérie, rassuré et enthousiaste.

« Ce n’est rien chérie ! Je vais à la boulangerie !

– Ah ! Je préfère te voir comme ça ! J’ai cru un instant que tu avais encore vu un fantôme ! », dit-elle.

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Christophe, sourire aux lèvres, s’en alla vers la boulangerie en quittant sa résidence sous l’œil intrigué de sa copine qui n’avait pas compris cet arrêt devant la haie qui bordait le côté droit de leur résidence. Élodie ferma la fenêtre pour aller composer son bouquet de fleurs en souriant. Christophe, à son tour, comme sa femme, sortit de la résidence avec un large sourire rassurant sur les lèvres… 

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  FIN

Remarque : vous pouvez offrir cette nouvelle « Le Buisson Magique  » à des enfants proches de vous qui s’amuseront du dénouement de cette vaste blague en risquant même de la reproduire en réel… Qui sait ?

Bientôt apparaîtra « La Cantatrice à la robe bleue » et en attendant, je vous dis à bientôt pour une nouvelle aventure littéraire gratuite.

 le livre numérique pour 7 euros (en fichier PDF).

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