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La Cantatrice à la robe bleue
Desplanches David. Né le 3 juin 1975. Premier jet terminé à l’âge de : 37 ans. « La Cantatrice à la robe bleue » et publier sur Amazon le 6 mars 2022 à l’âge de 46 ans.
La Cantatrice à la robe bleue
Première partie : page de 6 à 79
Deuxième partie : page de 81 à 117
Nombre de pages total : 119
Nombre de lignes : 2500
Nombre de mots : 15357
Paragraphes : 213
Photos : 0
Principaux personnages :
Le couple propriétaire de l’Opéra Garnier, Christèle et son mari Alain avec leurs deux enfants : une fille, Sophie, qui avait 10 ans et un fils, Cédric, 14 ans. Et bien évidemment, la Cantatrice à la robe bleue.
Quatrième de couverture
Dans l’Opéra Garnier à Paris se déroulera la plus grande représentation vocale de tous les temps depuis que l’homme a conquis tous les territoires proches ou éloignés de la Terre : mers, îles, plaines, forêts, montagnes, ciel, espace, Lune…
Une Cantatrice dont la voix faisait plus que de transmettre des mélodies ! Oui, quand elle chantait, la planète s’arrêtait pour elle… mais quel était son secret ?
Copyright © 2020 Desplanches David Tous droits réservés. ISBN : 978-2-9566808-2-6
Première partie
Une vraie voix cristalline s’élevait dans tout Paris…
Christèle se regarda dans la glace en étant satisfaite de sa physionomie, mais elle voulait quand même mincir un peu du corps ; pour le visage, ça allait. Oui, elle voulait ressembler à cette dame mystérieuse qui attirait tant l’attention de toute la communauté européenne de musique classique et d’opéra, tant professionnelle que profane. Cette femme énigmatique avait toujours sur elle une magnifique robe bleu ciel. Mais ce qui était tout aussi étrange, c’est qu’elle ne se séparait également jamais de son fauteuil ; autrement dit, elle ne se levait jamais.
Elle avait en face d’elle un grand bureau devant lequel, au sol, reposait un immense aquarium avec de beaux poissons-clowns orange à trois bandes blanches qui nageaient entre les
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tentacules d’une belle anémone de mer mauve. Il y avait une étiquette en haut à droite de ce petit bassin vitré où l’on pouvait lire :
« Ces poissons-clowns habitent normalement les récifs et les mers peu profondes de l’océan Pacifique Ouest. Ils trouvent refuge parmi les tentacules des anémones de mer – leur peau sécrète un mucus qui les rend insensibles aux cellules urticantes de ces dernières. Ils se protègent ainsi de leurs prédateurs et profitent des restes de nourriture de l’anémone. En contrepartie, ils contribuent à nettoyer leur hôte de ses parasites… »
Et sur la droite, mais sur son bureau cette fois-ci, une grande cage avec des oiseaux exotiques de plusieurs couleurs…
Cette dame d’une trentaine d’années avait une voix des plus envoûtantes qui
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soit. Et c’était, semblerait-il, la petite-fille d’un grand ténor italien inconnu. Et elle commençait à devenir, au moins, la plus grande cantatrice d’Europe. Mais elle était aussi devineresse, elle pouvait prédire l’avenir sans aucune faute dans le temps comme dans l’espace. Les gens se battaient même pour venir la consulter tellement ses pronostics se révélaient à tous les coups pratiquement infaillibles à 99 % !
Mais personne ne savait au juste d’où elle venait, car aucune fiche d’état civil ne figurait dans toutes les mairies italiennes comme françaises. Elle était devenue une vraie prima donna mystique, un phénomène de foire à l’état pur ! La seule certitude, c’est que c’était l’équipe d’une grande famille d’anciens pêcheurs qui s’occupait maintenant de ses déplacements. Ils s’étaient apparemment, d’après ce que l’on disait,
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fait embaucher par elle en échange d’argent. Cette famille italo-française avait accepté, car la rémunération en valait vraiment la peine ; oui, c’était bien mieux payé que leur ancienne activité difficile de marin. Très laborieuse en temps de vent et de pluie, quand ce n’était pas ingrate, parfois sans rien ramener au port les jours maigres où tous les poissons semblaient avoir disparu des eaux-salées-azurées…
Ils avaient donc accepté l’offre en partie pour la rétribution qui en valait vraiment le coup. Oui, il paraîtrait que cette somme était astronomique, mais personne ne savait le montant précis. D’autant plus que la Cantatrice à la robe bleue commençait à faire parler d’elle dans toutes les sphères de la musique classique, de la musique diverse (variété), de l’opéra, mais aussi de l’astrologie. Beaucoup de gens voulaient la consulter
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pour connaître les numéros gagnants du prochain tirage du loto, mais comme elle avait reçu des menaces de l’État français, et plus particulièrement de la Française des jeux, elle ne devait rien dire sous peine de recevoir une forte amende, voire d’être intentée en procès ; dorénavant elle ne disait plus rien, bien qu’elle ait fait gagner quelques personnes… Mais était-ce vraiment dû à elle ou au pur hasard… Plein de gens étaient encore dubitatifs sur ce sujet… Mais pour sa voix, personne ne pouvait nier l’évidence, elle était extraordinaire !
Voilà pourquoi les gens insistaient quand même pour la questionner maintenant sur leur avenir et non sur la loterie. Mais cela devenait inquiétant, car elle risquait de se faire un jour kidnapper en échange de ses prophéties ou d’une rançon que paierait le milieu artistique ou sa famille d’accueil de marins pêcheurs.
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Et ce n’était pas parce que l’État et la Française des jeux croyaient réellement en ses vues qu’ils lui avaient demandé de se taire, non, mais qu’en faisant pythie, elle perturbait grandement la bonne marche de la loterie. En effet, plein de gens avaient décidé d’arrêter de jouer tant qu’ils n’avaient pas consulté la Cantatrice ; la Française des jeux perdait donc beaucoup de clients et donc énormément d’argent ! Des rumeurs disaient qu’elle aurait fait gagner deux fois de suite au jeu du loto des millions d’euros à une famille d’immigrés florentins ; et c’est de là qu’est partie sa réputation de prophétesse visionnaire…
Cette famille habitait à Menton, une ville du sud-est de la France, chef-lieu de canton des Alpes-Maritimes, dans le même arrondissement que Nice en région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Eh bien, les propriétaires du bureau de tabac qui
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avaient enregistré leur ticket étaient très suspicieux à l’égard de cette famille d’origine florentine. Car ils avaient en l’espace de quelques semaines gagné deux fois de suite le gros lot ! Et ils avaient gagné dès le premier tirage du lendemain justement après avoir consulté la Cantatrice à la robe bleue ! Eh bien, quand ils sont revenus dans ce bar-tabac, les buveurs au comptoir comme les propriétaires les avaient chambrés sur leur relation intime avec la Cantatrice en émettant au passage l’hypothèse que c’était elle qui leur avait donné les bons numéros… mais personne en vrai ne prenait cela au sérieux.
Et quand ils gagnèrent une deuxième fois après leur nouveau passage devant la Cantatrice, les rumeurs concernant la crédibilité de cette hypothèse qu’elle était bien divinatrice parcoururent toutes les sphères des télécommunications d’une
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manière plus intense, plus fournie que la première fois : télévision, téléphones, radios, vidéos via les portables, tablettes, Internet ! Mais aussi la presse écrite : journaux, magazines, périodiques, revues, publications, SMS, Blog, Facebook, Twitter sur Internet également ! Oui, il y avait des milliers d’histoires avec des variantes narratives importantes et différentes concernant les détails multiples de cette anecdote extraordinaire d’avoir gagné deux fois de suite en l’espace de quelques jours. Jamais d’ailleurs cela ne s’était produit dans toute l’histoire de la Française des jeux d’être consécutivement victorieux à deux reprises d’une très grande somme d’argent ; cela ne pouvait donc être une coïncidence-statistique naturelle…
La ville de Menton était devenue célèbre du jour au lendemain, mais la famille florentine avait disparu, semble-t-
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il à Florence en Toscane, ville située au pied de la chaîne des Apennins, sur l’Arno, pas très loin de la France. Voilà pourquoi la Cantatrice à la robe bleue ne devait plus rien dire et elle tenait bien sa parole ; elle continuait malgré tout à conseiller les gens, leur disait l’avenir, leur chantait des magnifiques morceaux d’opéra et autres, mais elle ne disait plus rien concernant les jeux de hasard…
Elle avait beaucoup de qualités, c’était incroyable ! Elle avait un timbre de voix et une capacité à la moduler qui dépassait les meilleurs d’aujourd’hui ; même Natalie Dessay n’était qu’une petite débutante à côté de cette diva sortie de nulle part ! Mais elle avait des manies, des lubies obsessionnelles qui étaient plus que de simples envies capricieuses passagères ; en fait, quand elle était sur scène, elle ne se séparait jamais de sa cage à oiseaux ni de son gros
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aquarium. Elle disait que les bonnes vibrations supplémentaires de la nature animale en mouvement la transcendaient. Les oiseaux pour leur chant fantastique et les poissons pour leur souplesse de nage qu’elle comparait à sa propre langue flottante qui faisait ondoyer l’air ambiant pour répandre les meilleurs sons invisibles qui dansaient, virevoltaient jusqu’aux oreilles des auditeurs passionnés qui venaient la voir pour l’écouter sans jamais s’en lasser !
Christèle, en grec, veut dire : « qui porte le Christ » ! Eh bien là, c’est la voix de la Cantatrice via son opéra qu’elle portait indirectement, car elle était la propriétaire de l’Opéra Garnier à Paris, un établissement qui reçoit dans l’année un large public de toutes origines européennes et qui, soit dit en passant, fait partie des plus prestigieuses scènes lyriques et de danses parisiennes. C’est
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Napoléon III qui avait décidé de sa construction, que le baron Haussmann avait ensuite intégré dans le nouveau décor urbain de la capitale qu’il s’était engagé à refaire.
Christèle avait deux enfants : une fille, Sophie, qui avait 10 ans et un fils, Cédric, 14 ans. Son mari s’appelait Alain, il avait été pompier pendant vingt ans et sa hantise, c’était l’incendie ; il ne voulait surtout pas que celui de 1936 se reproduise. Maintenant, il était chargé de l’entretien de l’opéra, qui comprenait la propreté (le ménage), le rangement des tapisseries afin qu’elles soient bien repassées, pliées, bien tendues, l’entretien de toutes les appliques murales qui recevaient les lumières, mais aussi du magnifique lustre en cristal et en bronze de huit tonnes qui descendait du plafond par un jeu de poulies. Le toit était quand même à 76 mètres de la scène, alors
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imaginez le nombre d’ampoules nécessaires qu’il fallait pour éclairer toute la salle qui était de couleur rouge et or avec ses 2 131 places assises entre les balcons arrondis, les dorures, et les places en bas juste au-dessous du lustre qui lui-même était aidé d’un plus large collier de perles d’ampoules qui courait circulairement à la base de la voûte pour en éclairer le sommet et toute la salle inférieure des spectateurs en plus de la scène. Beaucoup l’ignoraient, mais sur le toit, il y avait plusieurs ruches où l’on faisait, par l’intermédiaire de jolies abeilles parisiennes, du bon miel qui était vendu dans l’opéra même… Sinon, dernière cette scène, il y avait plein de luminaires dans les salles de répétition où s’échauffaient les étoiles montantes ou confirmées comme les danseuses, les stars, les vedettes et bien sûr la Cantatrice. Mais ce n’était pas tout, il y avait aussi les foyers, la bibliothèque
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avec ses nombreux ouvrages de théâtre et de musique, sans oublier ceux racontant l’histoire de l’opéra. Et le musée avec ses trois salles réservées à des expositions temporaires qui avaient été installées avec la bibliothèque en 1880 dans le pavillon de l’empereur. Il y avait également les dégagements où les spectateurs circulaient, comme les couloirs, les paliers, le déambulatoire, l’escalier d’honneur avec du marbre de différentes couleurs et des mosaïques qui se jouaient les unes des autres…
Oui, certaines pièces de l’Opéra Garnier pouvaient rivaliser avec celles que l’on pouvait trouver au château de Versailles.
Alain avait donc vraiment du pain sur les appliques ! Il se chargeait aussi de toute la rénovation de ce monument qui faisait partie du patrimoine français, classé monument historique en 1923 !
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Depuis que cette énigmatique Cantatrice était en tournée chez eux, ils avaient gagné, avec sa femme, des milliers d’euros supplémentaires pour rénover et innover en améliorant par exemple les services de distribution des produits consommables, comme les bonbons, les glaces, les sucreries en général et autres objets de souvenirs en rapport avec l’Opéra et Paris. On pouvait y trouver des cartes postales, des objets en miniature de l’Opéra Garnier comme ceux que l’on peut trouver au Trocadéro avec les petites tours Eiffel, des pulls, des tee-shirts, etc. Et là, il n’y avait pas de fantôme qui venait racketter les clients comme dans le roman de Gaston Leroux, non, l’argent rentrait bien dans les caisses du couple Christèle et Alain. Mais des ouï-dire journalistiques laissaient entendre que ce fantôme aurait eu sa demeure dans le sous-sol où il y a des urnes recelant les cendres d’ancêtres propriétaires de
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l’opéra… et que ces voix auraient été même enregistrées il y a un temps ! Mais bon, Alain et Christèle comme leurs deux enfants Sophie et Cédric et tous les employés de l’opéra avaient tous la tête bien ancrée sur leurs épaules et n’avaient jamais entendu de voix inexpliquées pour y croire, à part celle, la vraie celle-ci, de la Cantatrice qui était irréelle dans le réel !
Ils pouvaient maintenant étendre leur palette de produits de vente tout en assurant de bien meilleures campagnes publicitaires pour faire connaître toutes les représentations qui se dérouleraient dans l’opéra : pièces de théâtre, concerts de chant, opéras bouffes, opéras sérieux, opéras-comiques, opérettes, concerts de musique classique, soirées tours de magie, etc.
Il y a un temps, quand Chantal Goya était en représentation à l’Opéra Garnier
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dans les années 80, ils avaient déjà à cette époque, puis à d’autres, refait tous les canapés/fauteuils, car beaucoup étaient en mauvais état… Mais maintenant, de nouveau, ces fauteuils/canapés avaient vraiment besoin de se refaire une nouvelle jeunesse… et on peut dire qu’ils ont même été directement victimes du succès de la Cantatrice à la robe bleue. Oui, étant donné qu’elle avait, chaque soirée, ramené des milliers de clients supplémentaires en peu de temps, par conséquent, l’usure et la dégradation de ces fauteuils comme de ces canapés rouges rembourrés s’étaient fortement accélérées depuis des mois. Et même depuis la période de quelques semaines qui avait précédé les grandes vacances scolaires d’été et maintenant celles de fin d’année jusqu’à ce soir, jour de fête de la naissance du Christ de ce 24 décembre 2013, où l’affluence n’avait
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pas arrêté d’être exponentielle ! Alors bonjour les canapés pépés !
L’opéra était vraiment grand, beaucoup d’espaces étaient occupés entre les salles de répétition, les foyers, les pièces pour les différents métiers annexes, la grande salle, la bibliothèque, le musée et tous les dégagements : couloirs, paliers, escaliers secondaires qui étaient plus petits que l’escalier d’honneur principal, dont l’une des fonctions était de mieux assurer l’organisation protocolaire de la haute société d’avant comme de celle de toutes les classes sociales visiteuses-spectatrices d’aujourd’hui… Eh bien, ces vastes volumes n’empêchaient nullement que les vibrations magiques de la voix de la Cantatrice ne s’infiltrent partout dans ces espaces intérieurs qui composaient l’Opéra Garnier avec ses 12 kilomètres de couloirs à peu près au total ; ce qui
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était encore plus grand que la distance qui s’étalait du nord au sud de Paris ! Les spectateurs pouvaient être n’importe où dans l’enceinte de l’opéra qu’ils entendraient quand même la voix magique de la Cantatrice. Mais c’est vrai, avoir une place confortable sur l’un de ces canapés/fauteuils de la salle principale, c’était quand même bien mieux, oui, idéal même pour s’abreuver et s’imprégner visuellement et auditivement de ces milliers de battements et friselis sonores que la Cantatrice émettait suavement concentriquement, omnidirectionnellement…
Voilà pourquoi Christèle et Alain s’étaient dit qu’avec l’argent que cette dame à la voix de laine leur permettrait de gagner en plus par rapport aux années, aux mois, sans sa visite, eh bien, ce serait l’occasion de l’utiliser pour la
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restauration et la modernisation du monument. Ça ne se voyait pas, mais il y avait toujours des choses à réparer, à rénover dans cet Opéra Garnier. Oui, il y avait plus de 120 corps de métier avec un personnel de 1 800 personnes qui y travaillaient : costumiers, accessoiristes, couturiers, décorateurs, peintres, etc., sur les 17 étages dont cinq sous la scène. Il y avait même sous cette scène un bassin où nageaient carpes et cygnes. Les travaux ne s’étaient plus interrompus après la Commune, période où ils s’étaient arrêtés en 1870. Et ce n’étaient plus les familles Blancs qui apportaient cette fois-ci des financements en échange que Garnier construise aussi un opéra à Monte Carlo. Non, l’histoire ne pouvait se répéter, car c’était maintenant cette fameuse Cantatrice à la jolie robe bleue qui permettait directement à ce couple d’obtenir beaucoup d’argent entre les places vendues et les agences de pub qui
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leur proposaient en parallèle des offres très alléchantes, très juteuses, pour placer leur spots publicitaires entre deux pauses lors de la diffusion télévisée et radiophonique en direct de ce concert de chant exceptionnel pour cette soirée de Noël 2013 !
On était le mardi 24 décembre 2013 et c’était Noël ce soir, alors la Cantatrice avait une immense surprise à faire à tout le monde, mais tous les gens ignoraient ce que c’était, sauf les personnes proches d’elle ! Mais cette déclaration qui provenait totalement d’elle, de sa propre initiative, avait eu pour conséquence d’attirer un maximum de gens de toute l’Europe qui étaient tous intrigués et curieux à la fois de savoir ce que la Cantatrice pouvait bien leur réserver de plus, de mieux que ses multiples et caressantes mélodies de voix…
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La salle de l’opéra était remplie, bien qu’il restât une trentaine de places, en particulier non loin du lustre, juste en dessous ; tous les balcons étaient remplis, à tel point que des gens restaient debout, appuyés sur les balustrades joliment décorées de ces plates-formes en saillie quand d’autres, mêlés de joie et d’impatience, trépignaient plus au moins fortement… Et justement, à cause de cela, certains qui étaient au niveau inférieur assis sur les fauteuils principaux et périphériques de cette grande salle, avaient peur que ces balcons ne cèdent sous le poids trop important des spectateurs agités avant qu’ils finissent leur course sur leurs têtes avec des morceaux de blocs de béton comme sur celles de leurs amis spectateurs/auditeurs qui étaient aussi installés en bas à côté d’eux, mais plus au centre, et donc un peu plus éloignés de ces balcons sismiques. Personne ne voulait être le
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nouveau mort de la place 13, du romancier Gaston Leroux encore une fois, avec son roman Le Fantôme de l’Opéra publié en 1910, qui avait reçu sur la tête non des morceaux de balcon, mais carrément le gros lustre à cause de ce fameux fantôme ! Oui, tout le monde était méfiant par nature… alors beaucoup, attirés par les bruits, regardèrent en l’air pour voir ce qui s’y trouvait et se tramait au-dessus de leur tête, dont ce grand lustre qui faisait l’admiration de tous par sa splendeur étoilée, presque céleste !
On n’avait jamais vu autant de gens à l’opéra et même quand Chantal Goya venait y faire ses représentations, il n’y avait pas eu autant de personnes à la fois ! Aujourd’hui, il y avait des médias avec caméras de tous les continents qui étaient positionnés sur tout le devant de la scène au sol, juste devant les premiers
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rangs des fauteuils rouges. Mais plein de gens aussi étaient restés en famille chez eux pour suivre tranquillement sur leur poste de télévision l’événement en direct. Et d’autres avaient même préféré faire l’achat d’un grand écran à LED pour ne pas rater une seule miette de cette représentation qui semblait devoir marquer l’histoire humaine du chant d’opéra par son caractère inhabituel dans le degré de virtuosité. Car tout le monde avait pris la déclaration de la Cantatrice à la robe bleue comme argent comptant. Elle ne parlait jamais dans le vide et ses prédictions s’étaient toujours révélées exactes à la virgule près, au mot près, à la phrase près, au son près, à l’image près, une vraie magicienne ! Il y avait plus d’une cinquantaine de caméras réparties dans toute la salle de l’opéra et la représentation allait être diffusée dans une trentaine de pays à la fois ; même les États-Unis étaient intrigués par cette
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dame fantastique qu’ils avaient pourtant essayé à plusieurs reprises de faire venir sur leur continent pour ses chants, mais cela n’avait jamais pu encore se faire à cause des nombreuses sollicitations qui venaient aussi de toute l’Europe pour qu’elle vienne mélodieusement se représenter…
Tout le monde se demandait ce qu’elle pourrait chanter, faire ou dire de si particulier pour attirer tant de gens ; il y avait aussi dehors, dans les rues de Paris, plein de badauds qui s’étaient agglutinés sur la place de l’Opéra qu’on ne voyait même plus d’ailleurs, comme on ne voyait plus également la bouche d’entrée du métro Opéra tellement c’était bondé de toute part. Les internautes disaient même que cette diva était extraterrestre et que sa musique valait mille Mozart réunis ! Quand elle chantait, tout Paris s’arrêtait pour l’écouter ; les
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automobilistes, d’un commun accord implicite, coupaient tous leur moteur pour pouvoir entendre cette voix qui s’insinuait dans toutes les rues parisiennes en virevoltant entre le sol et le sommet des maisons. C’était là aussi un mystère que les mélomanes ne comprenaient pas ; comment sa voix pouvait-elle filtrer comme elle le faisait à travers murs et portes sans oublier les fenêtres dont certaines étaient pourtant à double vitrage et bien fermées pour cette soirée d’hiver ? Tous les ingénieurs du son s’étaient cassé la tête sans trouver de réponse physique. C’était comme s’ils découvraient de nouvelles lois acoustiques tellement c’était inhumain ; sa bouche était capable de générer des ondes sonores aux propriétés électromagnétiques hors du commun au niveau du coefficient de pénétration si on pouvait appeler cela comme ceci ! Des tas d’anecdotes avaient d’ailleurs été
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rapportées sur les blogs des internautes qui avaient eu justement l’occasion d’approcher cette Cantatrice ! Et une particulièrement attirait l’attention plus que les autres.
Un jour, pendant qu’elle chantait La Flûte enchantée, toutes les communications des portables s’étaient coupées, comme s’il y avait eu un vent solaire, une éruption solaire qui touchait la Terre ! Au même moment, une vingtaine de lampes du principal lustre de huit tonnes de la grande salle s’étaient brisées en mille morceaux ! Et des personnes étaient tombées d’évanouissement tellement l’émotion du chant était sublime, exquise, inimaginable ! Oui, il fallait vraiment être là pour le vivre…
Alors, qu’allait être la tournure de ce soir ?
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Mais la rumeur phénoménale la plus marrante et surprenante à la fois, c’est qu’il paraîtrait que plein de pigeons de Paris viendraient aussi se poser sur le monument chaque fois que la Cantatrice émettait ses chants. Des scientifiques ornithologues avaient même constaté ce phénomène sur l’année : autrement dit, chaque fois qu’elle était en représentation, tous les toits et les façades étaient bien plus abondamment couverts de volatiles. Oui, leur nombre était en centuple plus important par rapport aux soirées où c’était une autre cantatrice qui venait chanter ou des spectacles magiques sans chant. Non, il n’y avait aucun doute possible, c’était bien elle, et elle seule, qui ramenait à la fois autant de personnes et d’animaux à l’Opéra Garnier. Et pour preuve, même quelques chiens et chats errants, abandonnés, étaient plus importants autour du monument quand elle émettait
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ces voluptueuses mélodies que les jours sans représentation de la Cantatrice.
Tout le monde avait vraiment un mal fou pour ne pas arrêter ce qu’il était en train de faire dans la vie quand sa voix surgissait et parcourait les espaces aériens ; elle envoûtait tous ceux qui l’écoutaient. Elle avait charmé tout un jury lors d’un festival à Venise et elle était à elle seule aussi sublime que toute une représentation de différentes personnes réunies qui se représentaient à la Scala de Milan… par l’ampleur en qualité et en intensité de son timbre de voix qui était U N I Q U E !
Il y avait une personne chargée des tapisseries que Christèle, non loin de ses enfants, s’apprêtait à présenter à la Cantatrice qui venait faire un petit tour de reconnaissance sur la scène, toujours assise dans un fauteuil domestique classique et habillée d’une magnifique
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robe bleue qui cachait ses jambes en descendant seulement jusqu’au ras du sol pour ne pas empêcher les roulettes de son fauteuil de continuer à rouler souplement sans s’accrocher à sa jolie robe bleue.
– Madame, je vais vous présenter la personne à qui l’on doit en partie ces beaux décors comme ces magnifiques rideaux rouges. Il va bientôt arriver, il est en train de se changer et il ne va pas tarder. Il vous adore, et m’a dit que même son chien s’arrêtait de ronger son os dès qu’il entendait votre voix à la télévision ou à la radio !
– Ah bon ! Oui, je dois avoir un timbre magique qui charme tous ceux qui m’écoutent, humains comme animaux, hi hi hi ! Je ne sais pas, j’ai toujours eu ce don !
– Oh que oui, vous pouvez le dire, Madame ! Vous avez vraiment un don,
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personne ne peut dire le contraire, vous chantez tellement bien !
Répliquèrent de concert les enfants de Christèle qui venaient de monter sur la scène avec difficulté. La Cantatrice eut un petit sourire de plaisir aux lèvres en les voyant se dépêcher de grimper. Et une fois arrivés…
– Oh maman, ils sont beaux les poissons ! lança Sophie émerveillée du haut de ses 10 ans.
– Moi, je préfère les oiseaux… C’est quoi Madame comme espèce ? répliqua Cédric, 14 ans.
– Ce sont quatre aras macao aux jolies couleurs rouge, orange, jaune, bleue, verte, noire… qui viennent des forêts tropicales d’Amérique du Sud et Centrale.
– Mais on dirait des perroquets ! intervint Sophie en les regardant plus attentivement à son tour.
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– Oui, c’est une variété de perroquets. En fait, ce sont des perroquets si tu veux, c’est pareil !
– Ohhh… ils sont beaux… Maman, je voudrais bien en avoir un à la maison !
– Non chérie, ce sont des oiseaux rares et ils sont mieux en liberté, tu ne penses pas ?
– Oui, mais maman, tu penses qu’ils sont malheureux comme ça en cage ? relança Sophie.
– Ne vous inquiétez pas, j’habite sur une île, et quand je suis là-bas, ils vivent en liberté ! la rassura la Cantatrice à la voix magique.
– Oh ! C’est bien ça, Madame, vous êtes gentille de laisser vos animaux en liberté ! Mais ils reviennent à chaque fois !? Pourquoi ils ne partent pas vivre ailleurs en reprenant justement leur liberté ? demanda cette fois-ci Cédric.
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– Parce que c’est chez eux, ils se sont habitués et ils m’aiment, alors ils reviennent me voir tous les jours. Et ils adorent entendre ma voix, alors ils reviennent toujours m’écouter. Et tu sais, Coco, celui-ci, c’est un petit coquin, car il sait un peu m’imiter !
– Oh ! Je voudrais bien voir ça ! dit innocemment la petite fille complètement ébahie.
– Tu sais, cela ne se commande pas, généralement il chante juste après que j’ai chanté ; en fait, c’est comme s’il clôturait mes représentations par son chant générique si je puis dire, tu comprends ?
– Oui, comme un film qui est terminé… hi hi hi !
– C’est ça, ha ha ha !
Les enfants étaient sous le charme de voir ces animaux exotiques, mais Sophie
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voulait aussi savoir ce qu’étaient les poissons qui nageaient dans l’aquarium. Alors :
– Madame, et ces poissons, c’est quoi au juste ? Car ils sont très jolis aussi avec leurs diverses couleurs !
– Alors, celui qui est orange et blanc et qui semble être posé sur les tentacules de l’anémone de mer, c’est un poisson-clown.
– Ouah, il est beau ! Et celui-là ?
– Dis-moi la couleur et comment il est, car je ne peux me lever maintenant et je ne peux le voir, car il est de ton côté derrière les algues, contrairement au poisson-clown ! Je ne peux me lever, parce que je me prépare pour tout à l’heure ! Allez, dis-moi les poissons que tu voudrais connaître.
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– Il est long et bleu avec une petite bouche et on dirait qu’il est collé à l’algue !
– C’est un poisson-perroquet !
– Oh ! C’est marrant comme nom ! lança Sophie en rigolant. Et celui-là, il est bleu aussi avec comme une touffe de poils sur le dos !
– Oh ! Tu dois parler du baliste !
– Oui, c’est ça ! répliqua Christèle à sa fille. Allez chérie, laisse la dame, elle doit se préparer !
– Oui, maman ! Mais se préparer comment, elle ne bouge pas !
– Eh bien, elle doit probablement préparer et échauffer sa voix…
– Ils sont adorables vos enfants, Madame ! dit la cantatrice ! Par contre, votre fils est plus réservé… Oui, je vais commencer à m’échauffer les cordes vocales.
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– Ah d’accord… répondit légèrement Sophie en se tenant les deux mains par-devant tout en penchant un peu la tête sur la gauche en regardant toujours les beaux poissons. Oh ! Maman, une dernière chose, pourquoi, quand on regarde l’aquarium, il y a plus d’eau vers le bas de la scène où nous sommes avec mon grand frère que l’autre côté où tu es avec la Cantatrice ? Je viens tout juste de le remarquer.
– C’est parce que la scène, et tu le sais, est inclinée de 5 % vers la salle pour que les spectateurs puissent mieux voir les effets de perspective.
– Ah d’accord, c’est pour ça que l’eau n’est pas de niveau.
– Tout à fait chérie !
Les enfants s’en allèrent retrouver d’autres enfants qui étaient juste en bas devant la grande scène pour regarder au
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loin l’aquarium et la cage des perroquets. Les enfants de Christèle répétèrent ce qu’ils avaient entendu pour informer tous ces petits curieux qui continuaient à regarder tous ces petits animaux tropicaux de là où ils étaient, comme hypnotisés…
Puis arriva avec un grand sourire le tapissier Ulysse ; il était musclé des bras que révéla sa petite chemisette à manches courtes, car, toujours actif dans l’opéra, il avait chaud. Il s’approcha devant sa patronne Christèle avant de se tourner vers la diva :
– Excusez-moi, j’ai eu un contretemps… Oui, bonjour, Madame la Cantatrice ! Oh si vous saviez comme votre voix est un vrai médicament contre le stress ! Et sans vouloir dégrader ou affadir votre incroyable tessiture, même mon chien semble aussi complètement
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ensorcelé dès que votre voix sort de mon poste radio ou de ma télévision !
– Ah oui, je vous présente Ulysse ! lança Christèle pour faire les présentations avant même que la Cantatrice ne puisse répondre à ce qu’Ulysse venait de lui dire. Mais dès qu’elle entendit ce prénom, la Cantatrice écarquilla les yeux en se figeant sur place ! Apparemment, ce nom lui avait secoué l’âme. Le connaissait-elle ? Détestait-elle naturellement ce nom ? Avait-elle fait une erreur en entendant à la place un autre prénom ou ce prénom lui rappelait-il quelque chose de mauvais de son passé ou de son histoire familiale ?
– Bonjour, Monsieur ! répondit-elle en fixant d’une manière pénétrante les yeux du tapissier Ulysse. Oui, elle le fixait comme un défi, elle le considérait visiblement comme un adversaire
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valable, pourtant Ulysse n’était pas un chanteur comme elle ; il était simple tapissier.
C’était vraiment étrange comme attitude de réagir comme elle venait de le faire. C’était d’autant plus curieux d’essayer de comprendre ce qu’elle pouvait bien penser ou redouter du tapissier pour éprouver furtivement une émotion pareille avant de se reprendre. Ulysse et Christèle avaient perçu son trouble, mais ils faisaient comme s’ils n’avaient rien vu pour ne pas embarrasser davantage la Cantatrice. Ulysse pensait que son charme masculin avait peut-être troublé la Cantatrice et Christèle aussi d’ailleurs pensait à peu près la même chose. Voilà pourquoi ils ne s’étaient pas posé plus de questions sur la psychologie de la diva ! Combien de femmes se troublent devant un bel homme comme
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un homme devant une belle femme… La Cantatrice reprit :
– Alors, c’est à vous que l’on doit ces magnifiques tentures et ces rideaux de velours rouge en forme d’accordéon ?
– Oui, et j’ai encore quelques pièces à faire. Mais je vais devoir vous laisser si je veux que cela soit prêt avant votre représentation de ce soir. Il est quatre heures et il me reste quatre heures. Et j’ai hâte d’entendre la surprise que vous nous avez préparée pour ce réveillon exceptionnel de Noël !
– Oh ! Croyez-moi, cela vous fera certainement plaisir !
– Alors, bon courage pour ce soir, il faut que j’y aille… à plus tard, Christèle !
– Oui, à tout à l’heure Ulysse !
Presque tout le monde s’affairait dans la salle pour tout mettre en ordre ; seuls les enfants pouvaient déambuler un peu
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partout entre les fauteuils et les loggias (balcons) en hauteur après avoir pris le grand escalier d’honneur et s’être faufilés entre les milliers de gens. Mais beaucoup d’enfants étaient aussi tenus par leurs parents ou grands-parents. Il y avait plein de journalistes qui préparaient leur caméra, leur micro, leur angle de vue, mettaient leurs fils électriques et optiques en ordre pour éviter que l’on se prenne les pieds dedans. Beaucoup étaient venus avec leur famille en profitant de leur statut pour faire entrer leurs proches : grands-parents et enfants. Mais il y avait aussi les décorateurs qui s’occupaient des équipements techniques et scéniques. Et ce qui était surprenant, c’est qu’il n’y avait aucun orchestre à part un micro et tous ceux des caméras des journalistes des chaînes télévisées comme ceux travaillant à la radio ! Oui, seule la voix de la Cantatrice magique suffirait pour ce soir, et cela était rarissime ! C’était
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une avant-première pour tout le monde, chanter pour tout Paris sans accompagnement musical, c’était inouï ! Et seule cette diva azurée de sa belle robe pouvait le faire pendant trois heures d’affilée pour fêter la naissance du Christ !
La famille qui s’occupait d’elle devait écarter un peu la Cantatrice du centre de la scène, car un dernier coup de balayage pour la forme devait être fait. Ils ont donc déplacé la dame à la robe bleue qui restait sur son fauteuil à roulettes, donnant l’impression qu’elle volait au ras du sol ou qu’elle flottait sur une eau virtuelle remplissant cette statique scène qui était quand même d’une superficie totale de 1 350 m2 avec une largeur de 48,5 mètres pour 16 mètres d’ouverture de cadre, pouvant recevoir en même temps 450 artistes environ. Les gens dans la salle ont pu même voir à ce moment
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précis sa magnifique robe bleue qui traînait jusqu’au sol pendant que cette ancienne famille de marins la poussait vers les coulisses plus loin, derrière ces grands rideaux rouges, vers la cage de scène de 45 mètres de haut. L’utilité de cette cage de scène était d’avoir de bonnes résonances vocales et sonores lors des dialogues ou des chants qui diffusaient dans toute la salle quand chantait un/une professionnel(le) d’opéra ou bien un chant classique ou encore des acteurs lors d’une représentation théâtrale. Mais elle servait aussi par ses hauts murs à supporter les structures sophistiquées comme les cintres qui permettaient de changer les différents décors en pouvant aussi les faire apparaître ou disparaître lors d’une pièce jouée ou chantée… Il y avait aussi le dessous de scène qui faisait 15 mètres de hauteur, où là aussi, on pouvait faire apparaître différents éléments des décors
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comme du mobilier, de la végétation (plantes, fleurs, corbeilles de fruits…), objets, mais aussi des personnages, des animaux… par l’intermédiaire de trappes à même le plancher de la scène. Mais pour la Cantatrice, très peu de décors seront mis en jeu ce soir, non, sa voix se suffisait à elle-même pour faire tout le spectacle en englobant le visuel et l’auditif…
Cette salle avait la forme d’un fer à cheval à l’italienne et était pourvue de balcons, de loges sur cinq niveaux. Son plafond avait été peint par Marc Chagall (1887-1985) qui avait représenté les plus grandes œuvres du répertoire, et c’est l’écrivain et homme politique André Malraux (1901-1976) qui l’avait commandé en 1962 à cet illustre Marc Chagall.
Ceux qui étaient déjà installés dans la « salle à cheval » pouvaient voir que
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cette diva ne se levait pas de son fauteuil… mais ils voyaient aussi tout le monde arriver dans les allées, les balcons… pour essayer de prendre place par terre, sur les balustrades, etc. Car le problème pour cette grande soirée exceptionnelle qui allait se jouer dans cette grandiose salle de l’Opéra Garnier, c’est qu’elle pouvait accueillir seulement 2131 places sur des sièges tout en velours rouge. Alors qu’aujourd’hui, plus de 15 000 personnes voulaient prendre place à l’intérieur même de la salle, mais aussi dans toutes les annexes de l’opéra ; c’était la cacophonie, il y avait du monde partout dans les couloirs, les escaliers, le grand foyer qui était richement décoré et pourvu de nombreux miroirs, sans oublier les fenêtres qui rendaient encore plus vaste ce monument… C’est là, dans ce grand foyer, que normalement les gens se retrouvaient lors des entractes ; de plus, c’était vraiment facile de le
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reconnaître, car son plafond avait été peint par Paul Baudry (1828-1886) qui y décline les thèmes de l’histoire de la musique… Il y avait ce soir vraiment des gens partout, même le foyer de la danse en arrière-scène où s’échauffaient et répétaient en temps normal les corps de ballet, les petits rats, les danseuses et tous ceux qui étaient en représentation lors de concerts, était plein de journalistes de presse, de radio, de télévision, qui remplissaient cet espace habituellement toujours caché aux spectateurs. Mais ce foyer de scène pouvait aussi être utilisé pour prolonger la scène principale, afin d’accentuer encore plus les effets de perspective, de profondeur. Mais ce n’était pas tout, car sa principale caractéristique, comme Sophie vient de l’apprendre de sa mère Christèle, c’est que ce plateau d’arrière-fond est incliné en sens inverse de celui de la scène avec une petite pente de 5 % ; cela avait donc
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été prévu pour avoir un bien meilleur effet de relief, de perspective, pour un régal visuel des spectateurs. Mais aujourd’hui, il était aussi complètement investi par des personnes célèbres dans le milieu de la musique classique, mais aussi par des journalistes. On avait vraiment l’impression que l’intérieur de l’opéra était envahi de toute part d’une marée humaine.
Il y avait vraiment des gens partout dans l’escalier d’honneur qui avait une hauteur de 30 mètres et qui avait été pensé par Charles Garnier comme un décor où le public pourrait se mettre lui-même en scène lors de spectacles de parades imaginaires à travers des jeux de séduction et de classe (parades vestimentaires, d’élégance, de pose, faire la belle, le beau…) pendant l’espace d’attente où il restait bloqué sur les marches ou au contraire au moment de
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les gravir. Ce soir, tout le monde avant la représentation de la Cantatrice pourrait être son propre acteur étant donné que la majorité devra rester sur ces marches faute de place dans la salle principale où chantera cette Cantatrice à la robe bleue, dont l’accès à la salle en fer à cheval relevait à l’heure actuelle plus du parcours du combattant que d’une fluide promenade de santé.
Il y avait de nombreux d’endroits où les visiteurs pouvaient discrètement se cacher, même s’ils ne voyaient pas la Cantatrice de là où ils étaient quand elle chantera ; sa voix leur suffirait largement pour être envoûtés. En effet, il y avait les salles de répétition pour trouver des cachettes, là où se trouvait en arrière-scène tout à l’heure cette Cantatrice fantastique avec ses proches. Mais il y avait aussi des appartements que Christèle et son mari avec leurs enfants
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occupaient toujours, et dont l’accès au public restait officiellement impossible, interdit ; alors n’allaient-ils pas être investis, assiégés pour ce soir… tellement il y avait des gens qui provenaient de partout ? Cependant, plus facilement, les visiteurs pouvaient aller, sans s’instruire cette fois-ci, dans la bibliothèque pour se camoufler et écouter les chants de la diva. L’opéra était en temps normal comme une micro-ville pour la petite famille qui vivait sous son toit et ceux qui venaient le visiter ou assister à une représentation.
Et en dehors de la scène, des loggias, des fauteuils et des plates-formes entre les cinq niveaux, il y avait plein d’espace dans les couloirs, les escaliers… dans les halls… Ce monument avait de quoi accueillir un grand nombre de personnes pour assurer cette soirée mondaine qui serait formidable grâce à la
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représentation nocturne de cette Cantatrice à la robe bleue !
Elle avait vraiment une voix incroyable et, encore une fois, à chaque fois qu’elle était en représentation, des milliers de pigeons se rassemblaient sur la toiture de l’opéra avec ses multiples jeux de courbes surchargées d’ornements baroques en relief. Et quand c’était une cantatrice classique, le nombre d’oiseaux n’était pas le même : une centaine se posaient sur le monument en temps normal, mais quand c’était la diva à la robe bleue qui était en représentation, plus de 100 000 volatiles s’y rassemblaient ! Incroyable, même les oiseaux de Paris étaient sous son charme vocal ! L’opéra était déjà magnifique, et d’ailleurs Charles Garnier aurait eu un haut-le-cœur en voyant son monument construit et inauguré le 15 janvier 1875 par le président de la République Mac-
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Mahon. Oui, s’il avait été là aujourd’hui avec cette chanteuse d’opéra, ce n’est plus un haut-le-cœur qu’il aurait eu, mais des emportements de joie inouïs, car ça allait être une soirée inoubliable…
Il y avait plein de gens et même des groupes d’enfants de la DDASS (Direction Départementale de l’Action Sanitaire et Sociale) qui étaient au rendez-vous grâce à une association qui portait le nom de « Petite pièce magique pour entendre la Cantatrice à la robe bleue unie ».
Cette association avait récolté plus de 8 000 euros en dons sur Internet, qu’elle avait ensuite dispatchés entre différents foyers de la région parisienne pour permettre justement à ces jeunes enfants en difficulté, abandonnés pour certains, de se faire payer maintenant l’entrée de l’opéra pour voir et entendre enfin, en vrai, la voix céleste de la Cantatrice. Et
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là, devant le parvis du monument, beaucoup d’autres en plus des enfants étaient en attente-espoir que les agents de la sécurité leur ouvrent aussi les portes, à ces potentiels spectateurs mélomanes, amateurs qu’ils étaient sans savoir que l’opéra était déjà archicomplet !
En fait, depuis l’après-midi, ils avaient continué d’ouvrir les portes par à-coups avant de les refermer pour laisser le temps aux gens de l’intérieur de trouver une place avant de faire rentrer un autre groupe, et ainsi de suite jusqu’à ces jeunes qui faisaient partie des dernières personnes qui avaient encore le droit d’entrer grâce à leur ticket d’accès. Et tous les autres citoyens français et étrangers, eux, resteront sur le parvis et dans les rues parisiennes pour assister à la représentation via plusieurs immenses écrans qui étaient accompagnés de puissants haut-parleurs disposés un peu
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partout sur la place de l’Opéra dans le neuvième arrondissement parisien…
Des rues avaient été condamnées pour éviter la circulation des voitures, des cyclomoteurs, des bus… Mais il restait la possibilité de prendre le métro et de sortir à deux ou trois stations avant ou après celle de l’Opéra, car la place et les environs étaient complètement bondés. Les mélomanes parisiens avaient aussi les moyens de prendre plusieurs bus spéciaux pour l’occasion, qui s’arrêtaient à une centaine de mètres du monument ; au même endroit où les vieilles personnes des maisons de retraite étaient amenées en car. Il y avait donc des milliers de citoyens qui ne voulaient pas rater cette représentation fabuleuse !
Le maire de Paris avait même pris l’initiative vers 17 h de commander deux autres immenses écrans à LED qu’il fit installer sur le boulevard des Capucines ;
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de chaque côté de l’intersection de la place de l’Opéra. Mais aussi deux autres un peu plus tard, de l’autre côté du monument, au coin de l’intersection de la rue Auber et celle plus loin d’Halévy. Toute la place était donc entourée d’une multitude de gens et on ne voyait même plus le sol gris de Paris. C’était donc uniquement par l’intermédiaire de ces quatre écrans que le reste des Parisiens, touristes et étrangers verraient ce soir la représentation de la Cantatrice.
Mais comment allaient-ils faire pour accueillir autant de personnes dans le théâtre sans qu’il y ait des incidents ? Les places assises étaient limitées à 2131, mais on pouvait aussi en faire entrer le double si les gens restaient debout dans les allées. Alors, Christèle et son mari demandèrent aux ingénieurs si les loggias qu’ils désignèrent avec leurs doigts pourraient supporter dix personnes de
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plus, vu que les autres étaient déjà bondées ; et qui d’ailleurs ne rassuraient pas ceux d’en dessous… Oui, ils pourraient, mais il ne faudrait pas plus par mesure de sécurité, avaient-ils rétorqué dans le brouhaha du public spectateur, dont certains étaient surexcités. Par contre, d’autres personnes pouvaient continuer à rentrer pour s’asseoir dans les allées, les escaliers qui étaient éloignés de la salle principale… bien que ce soit déjà comblé, bourré, complet… Alors, ils avaient arrêté le nombre à 5000 personnes qui se débrouilleraient pour trouver un angle de vue ou un angle d’audition pour voir et entendre la magicienne chanteuse. Oui, c’était le double de places que pouvait recevoir l’opéra… mais bon, le couple responsable du monument pouvait faire une exceptionnelle exception pour l’occasion avec une telle diffusion de son
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agréable que cette Cantatrice leur réservait à l’unisson…
– Maman, maman, je veux aller voir la dame à la robe bleue !
– Non, chérie, elle est en train de se préparer pour ce soir. Allez viens, on va continuer à faire entrer des clients en plus ; ce sont des groupes de jeunes qui ont à peu près ton âge et qui nous attendent sur le parvis ! Allez viens !
– Oui, maman, j’arrive ! Mais où est mon frère ?!
– Cédric, Cédric, Cédric, s’il te plaît, on va faire entrer les dernières personnes, allez viens, tu vas peut-être rencontrer des copains à toi ! lança sa mère avec une voix assez forte pour couvrir le vacarme général.
Cédric apparut de derrière les coulisses avec les yeux grands ouverts ; il venait visiblement de voir quelque chose de très
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très bizarre ! Alors sa mère, connaissant la physionomie habituelle de son fils, lui demanda intriguée ce qu’il y avait.
– Rien, maman, j’ai cru voir quelque chose, mais j’ai dû mal voir, ce n’est rien !
– Mais dis-moi, c’est quoi chéri ?
– Rien, maman, je suis content et j’ai dû mal voir dans la précipitation, ce n’est rien, crois-moi !
En fait, Cédric avait trop honte de dire ce qu’il avait cru voir, car il n’était pas sûr, alors il préférait oublier cette sorte d’hallucination visuelle fugace que d’être ridiculisé par les ricanements de ses parents et de sa petite sœur ! D’ailleurs, son attention était déjà captée par l’idée de rencontrer des copains à l’entrée de l’opéra. Alors, il dit à sa mère :
– On y va, maman ?
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– Oui, allez, mais restez près de moi, car outre le fait que l’opéra est déjà bien rempli, il y a d’après les images de la télévision et de la fenêtre du hall également plein de gens dehors qui entourent tout l’opéra ; les hélicoptères des médias ne voient même plus le parvis, mes enfants, tellement les gens sont agglutinés, proches les uns des autres ! Il est 18 heures et on va dans une heure terminer de faire rentrer les derniers, c’est ce qui était prévu, mais avant, il faut qu’on parle avec les gens de la sécurité ! Car je souhaiterais, en plus de ce groupe de jeunes, laisser encore rentrer quelques personnes âgées et des familles avec enfants qu’on pourra caser sur certains balcons !
– Oui, tu as raison, maman, car cela ne doit pas être facile pour eux d’attendre debout en étant bousculés par les personnes folles de joie d’être déjà
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assises quelque part pour voir et entendre la Cantatrice ! Mais dis-moi maman, il y a combien de personnes là, car on a largement dépassé le nombre habituel, je le vois, il y a des gens partout !? demanda Cédric dubitatif.
– Oui et j’ai peur que cela ne dégénère, car d’après les agents de sécurité, il y a beaucoup de voyous qui sont attirés par le monde, par la foule : les Parisiens, les touristes venus exprès de l’étranger… On a décidé avec ton père de faire rentrer 5000 personnes supplémentaires ; c’est la limite que l’on s’est imposée ! Mais je commence à regretter. Oui, je crains des débordements et les pickpockets, bien que nos agents de la sécurité ont dû bien faire leur travail de filtrage, de barrage et de blocage !
– Mais maman, il y a des policiers dehors qui surveillent ! Je les ai vus à la télévision sur un écran de la salle de
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répétition, c’est marrant de les voir partout, en faux et en vrai ! déclara Cédric pendant qu’il montait les marches avec sa sœur, avant d’en redescendre d’autres pour se rendre à l’entrée, toujours accompagnés de leur mère qui écoutait leur échange après lui avoir répondu :
– Oui, chéri, je sais qu’il y a des écrans partout !
En effet, il y avait aussi des écrans plasma à différents endroits dans l’opéra même, et ils permettraient à ceux qui n’ont pas pu entrer dans la grande salle principale de voir aussi, dans les espaces annexes des couloirs, des escaliers, l’escalier d’honneur, etc., la Cantatrice en pleine œuvre de chant. Mais le son sera baissé, coupé, enlevé, pour entendre sa vraie voix qui filtrera partout dans le monument ; par contre, pour les plus éloignés de la salle rouge en fer à cheval
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où se représentera tout à l’heure la Cantatrice, le volume sonore pour ces postes télévisés isolés, reculés, écartés, sera exceptionnellement remis. Et les spectateurs qui sont dehors ont eux aussi de la chance grâce à l’initiative du maire qui avait fait venir d’autres écrans beaucoup plus grands, car il faisait peut-être nuit dans un froid de canard, certes, mais le ciel était dégagé de tout nuage ; donc aucune chance qu’il pleuve ou qu’il neige pendant la représentation de cette Cantatrice à la robe bleue pour ce réveillon de Noël 2013 ! Vraiment, cette froidure n’était nullement un inconvénient pour voir et écouter une telle voix qui leur semblera descendre du cosmos tout en les réchauffant ! Oui, peu importe le désagrément de rester debout pendant des heures en étant bousculé, ceci en vaudrait certainement le coup vu la circonstance exceptionnelle pour une Cantatrice tout aussi extraordinaire
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qui leur ferait vite oublier ces inconvénients d’observation et de condition d’inconfort… tellement ils se retrouveront émerveillés, et pour certains à demi hypnotisés… en entendant sa délicieuse voix parfumée !
Christèle, son mari et ses enfants arrivèrent donc à l’entrée, devancés par quatre gros hommes baraqués de la sécurité qui ouvraient déjà la marche sur le parvis de cette place de l’Opéra. Eh bien, une fois devant l’entrée, Christèle finalement avait décidé de faire encore entrer d’autres personnes et lança à la cantonade :
– Ceux qui ont leur ticket et qui ont plus de 60 ans et des enfants, vous pouvez commencer à entrer. Allez, vous pouvez venir ! Allez, allez, venez ! Et ceux qui n’ont pas cet âge et ni d’enfant, veuillez s’il vous plaît les laisser passer, merci ! Attends, chéri, tiens, prends ce
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haut-parleur si tu veux prendre la relève pour faire cette annonce. Tiens, ta voix va porter bien plus loin que la mienne, car quelle clameur ! Tout le monde est visiblement content !
– Ah oui, bonne idée, comment ça fonctionne ?
– Attends, c’est le responsable de la sécurité Guillaume qui me l’a prêté, et d’après ce qu’il m’a dit tout à l’heure, il faut que tu appuies sur le bouton qui est dessus, là !
– Ah oui ! Merci maman !
Cédric redisait exactement ce que sa mère venait de dire avec sa voix naturelle qui n’avait malheureusement pas été très loin la première fois. Mais avec ce haut-parleur, l’intensité triplait pour aller parcourir toute la place du monument avant de mourir dans les rues annexes de Paris en survolant très très loin l’avenue
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de l’Opéra. Et pour preuve, dès qu’il eut envoyé le même message que sa mère, un grand nombre de personnes au loin cette fois-ci levèrent les mains en criant :
– Laissez-moi passer, laissez-moi passer… on arrive, on arrive !
On voyait même des mamies et des enfants sur les épaules de leur papa trottiner vers l’entrée de ce monument grandiose que l’on doit à Charles Garnier après qu’il eut remporté le concours de 1860 organisé par Napoléon III sous le Second Empire.
Dans le grand hall, les gens continuaient à s’amasser ; certains retardataires étaient répartis par secteur en fonction de leur place réservée avant d’être acheminés à leur fauteuil respectif dans la grande salle proprement dite, où il restait une trentaine de places, non loin du grand lustre qui était comme un soleil suspendu entre leur siège et le plafond
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magnifiquement décoré d’un style éclectique composé d’éléments baroques et néoclassiques italiens.
Il y avait une famille dont les enfants étaient les copains et copines de Cédric ; ils étaient contents de se retrouver ! Et leurs parents aussi se connaissaient très bien, étant donné qu’ils s’étaient vus plusieurs fois à l’entrée de l’école, dans leur quartier, mais aussi à la piscine et dans les divers magasins de ce neuvième arrondissement de Paris ! Ils s’étaient même invités lors d’anniversaires… Ils se connaissaient donc assez bien pour être contents de se retrouver maintenant. Ils avaient réservé quelques places dans une loggia du quatrième étage qui faisait face à la scène. Christèle et ses deux enfants les accompagnèrent, tandis qu’Alain son mari restait dans le hall pour prêter main forte aux niveaux inférieurs pour la répartition, ou plutôt les
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tentatives de placement des autres spectateurs qui venaient d’entrer dans l’opéra, car c’était pire qu’une salle de cinéma bondée ! La grand-mère de cette charmante famille avait eu du mal à monter toutes ces marches, mais une fois arrivée, ce fut un grand soulagement pour cette vieille dame… Cédric, lui, demanda à sa mère s’il pouvait rester avec ses amis :
– Mais oui, chéri, et cela m’arrange pour te dire, comme ça je pourrai placer avec mon personnel tout le monde au niveau inférieur avec papa et faire ce que j’ai à faire ; tu t’embêterais si tu devais me suivre jusqu’à ce que le spectacle commence ! Et quand j’aurai terminé, je viendrai vous rejoindre avec papa pour voir le spectacle avec vous d’ici. Oh, j’adore cette loggia qui surplombe toute la salle ! Combien de représentations
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avons-nous vues de celle-ci ? Je ne les compte plus !
– Merci, maman, et je m’occupe de Sophie aussi !
– Oui, elle reste avec toi ! Mais vous êtes sages ! Tenez, régalez-vous mes choux, à tout à l’heure !
Christèle sortit de sa poche un paquet de confiseries comme ceux qui se vendaient en bas à l’entrée du hall ; elle s’était vu offrir un sachet justement pour ses enfants. Et elle l’avait accepté en disant un grand merci au vendeur itinérant invité pour l’occasion à vendre sa marchandise dans l’enceinte même de l’opéra ! Et il n’était pas le seul, il y en avait une dizaine d’autres en tout, positionnés un peu partout aux étages, aux sorties des loggias comme des couloirs.
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Christèle redescendit donc rejoindre son mari qui avait disparu pour réapparaître entre deux groupes de personnes qui entraient en même temps dans le grand hall.
– Chérie, ça va ?
– Oui, j’arrive, c’est bon pour là-haut ?
– Je viens de placer la famille Coquillage et les loggias se sont remplies au fur et à mesure, à tel point qu’elles sont complètement surchargées ! Je n’ai jamais vu un monde pareil !
– À qui le dis-tu ! Oui, jamais vu ça moi aussi, et regarde sur l’écran, il y a encore autant de monde dehors, alors que mille autres personnes sont déjà entrées ! Et bientôt, on va pouvoir faire rentrer en plus les jeunes couples sans enfant et les groupes d’amis ! Mais seulement une trentaine, pas plus, sinon l’opéra va exploser toute sa toiture comme
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les couvercles des cocottes-minute condensées de vapeur, hi hi hi !
– Oui, on ne pourra pas refaire tous les jours de pareilles représentations en laissant entrer tant de personnes, chéri !
– Non, mais là, c’est exceptionnel ! C’est dû à ce qu’a déclaré la Cantatrice, qu’elle nous ferait en plus, pour ce soir, une belle surprise, alors les gens ont tous eu la curiosité piquée et exacerbée d’enthousiasme jusqu’à accourir pour venir la voir, et surtout entendre ce qu’elle avait de si important, de si extraordinaire, de non ordinaire à nous révéler !
– Oui, chéri, tu as raison, car les autres représentations n’étaient pas aussi remplies, bien que ce fût la même Cantatrice à la robe bleue qui y jouait !
– De plus, ce soir, c’est le réveillon, donc cela fait beaucoup de motivations
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supplémentaires pour venir à l’opéra ! Alors oui, je comprends tout ce monde présent et ta volonté de faire des exceptions en faisant rentrer encore et encore d’autres gens venus du monde entier.
– Tout à fait, et j’espère que cette soirée va bien se dérouler, bien que nous ayons décidé de faire rentrer encore et encore des personnes, alors que tout est déjà archirempli. D’ailleurs, on va finir par l’atteindre ce nombre de 15000 personnes dans tout l’opéra. Physiquement, j’ai l’impression d’étouffer déjà ! Heureusement que c’est interdit de fumer, sinon on ne se verrait même plus avec toutes ces personnes ! Regarde, à deux mètres de toi, je ne vois déjà plus tes pieds ; on est dans une vraie fourmilière humaine, chéri !
– En tout cas, j’espère que la Cantatrice aura une vraie surprise à nous
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faire, et elle en aura une, j’en suis sûr ; elle n’a jamais déçu qui que ce soit, ne serait-ce que dans ses pronostics, alors…
– Oh ! À mon avis, elle va nous chanter des morceaux qu’elle a composés elle-même ! Et ils seront encore plus beaux que ceux qu’elle nous a déjà chantés jusqu’ici ; on verra dans une heure ! Il est 19 h 30 maintenant et je ne pense pas qu’à 20 heures on aura placé tout le monde, il va y avoir un retard, mais bon, ce n’est pas grave ! Les chaînes France 2 et Arte nous ont avertis que ce n’était pas grave, car ils mettraient tranquillement les téléspectateurs en haleine devant leur canapé, installés chez eux en famille en montrant des images du théâtre qui se remplit tout en filmant et montrant en direct les gens dedans, comme ceux qui sont dehors, avec quelques images d’archives retraçant le cursus de cette Cantatrice à la robe
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bleue ! Oui, ces chaînes, qui se devaient culturelles depuis quelques années, passeront des archives, des chants que la Cantatrice avait déjà vocalisés dans le passé à l’opéra et ailleurs ! Et je leur fais entièrement confiance pour meubler en attendant l’heure du commencement ; même s’il y a une demi-heure ou plus de retard, car le direct est toujours plus compliqué, c’est comme dans la vie… Ils pourront parler comme cette après-midi de l’histoire de l’opéra et de la vie antérieure, comme des représentations que la Cantatrice avait déjà pu faire en Europe avant ce soir… Bon, chéri, on continue notre travail ?
– Oui, ne perdons pas de temps, poursuivons nos placements. Mais dis-moi, Ulysse a-t-il terminé de mettre et d’arranger les tapisseries ?
– Oui, il ne lui reste plus beaucoup de tentures à mettre en ordre et il s’est
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même rapidement entretenu avec la Cantatrice, qui d’ailleurs n’est pas restée insensible à ses charmes…
Le couple, propriétaires du théâtre, continuait pendant trois quarts d’heure à faire rentrer les gens avec l’aide de son personnel. Ils avaient embauché pour cette soirée trente jeunes étudiants et étudiantes qui avaient postulé suite à une annonce-affichette posée sur la porte d’entrée vitrée de toutes les librairies de ce neuvième arrondissement de Paris. Mais c’est seulement au bout d’une heure, c’est-à-dire à 20 h 30, que presque tout le monde fut enfin placé, bien que plein d’autres personnes soient toujours debout dans les allées, les pièces annexes, les couloirs, les loggias… quand d’autres restaient assises par terre, sur les rampes des escaliers, hall, etc. Mais ce qui était surprenant, c’est que sur la place de l’Opéra, d’après les images que
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diffusaient les grands écrans, eh bien, il y avait encore plus de monde que tout à l’heure. En fait, ceux qui étaient entrés avaient laissé la place à d’autres badauds occasionnels qui passaient par-là entre la foule déjà amassée et ceux qui avaient prévu de venir depuis plusieurs jours. Mais c’était trop tard, car tout le monde était prêt et la Cantatrice s’apprêtait même dans les coulisses… Quand, à un moment, une dizaine de minutes plus tard, les lumières s’éteignirent, seule la scène resta éclairée par un rond qui englobait par le dessous la table, l’aquarium et la cage des perroquets de la diva qui était juste derrière. On voyait même les ombres des vaguelettes se former sur la magnifique robe bleue de la Cantatrice, dues au remous de ses poissons qui agitaient légèrement l’eau, vu que la pompe à oxygène était pour l’occasion coupée : plus de bruit, plus d’agitation qui aurait pu sinon détourner
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les oreilles et les yeux… de quelques-uns ; la salle était d’un calme incroyable… seule la lumière parlait…
Mais cette lumière s’éteignit et quarante secondes après, certaines se rallumèrent pour laisser apparaître la Cantatrice à la robe bleue aux lamelles-écailles mobiles dans sa partie inférieure ! Et la partie supérieure de sa robe brillait de mille éclats autour d’elle comme des milliers de paillettes-étoiles diamant bleues !
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Deuxième partie
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Les gens hurlaient, criaient, l’applaudissaient, tant dans la salle que sur le parvis de l’Opéra ! Paris était en extase d’une manière irrationnelle dès qu’ils virent la dame vêtue de sa magnifique robe bleue couleur ciel, couleur mer, couleur bleuet ou bleue fleur de lys appelé aussi bleu cachemire, de la pierre précieuse le saphir (de l’hébreu sappir, qui veut dire : « chose la plus belle »). Autrement dit, la couleur de sa robe renvoyait à de belles choses terrestres !
« Bonjourrrrrrrrrrrrrr ! ! ! », lança-t-elle en le chantant.
Un frisson crème passa sur toutes les colonnes vertébrales des gens qui l’écoutaient, directement de cette salle ou dans les annexes proches, comme des autres spectatrices/spectateurs parisiens via les écrans installés à l’extérieur du monument où le son des postes n’avait
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pas été coupé contrairement à la quasi-totalité de ceux positionnés à l’intérieur, afin que la vraie voix de la Cantatrice se diffuse tout naturellement dans les méandres à demi fermés des espaces architecturaux de l’opéra, dont la scène principale en fer à cheval surmontée de son soleil-lustre qui est le point central !
Les lumières crépitèrent en donnant l’impression visuelle que la dame était devenue une étoile au centre de milliers d’autres plus petites ! Et quand elle souriait, ses dents réfléchissaient une lumineuse blancheur neigeuse qui donnait une illusion de semi-transparence ! Elle tourna la tête pour regarder l’ensemble de l’opéra, ceux qui étaient venus pour elle ; oui, pour la voir elle, la véritable chanteuse-rêveuse tellement ses yeux occupés et émerveillés partaient dans des contrées imaginaires qu’elle arrivait à faire partager aux autres
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d’un seul regard, d’un seul son combiné à des milliers d’autres ; ce qui expliquait en partie son grand succès ! Les enfants cassaient facilement leur tirelire pour venir la voir, comme les adultes qui n’hésitaient pas à retirer de l’argent au distributeur automatique de billets ; elle avait autant de succès qu’un président ou la reine d’Angleterre, ou encore un grand savant fraîchement nobélisé qui venait en visite à Paris !
La dame commença à présenter ce qu’elle allait chanter en prenant la parole après avoir rapidement fait rouler un deuxième bonjour plein de petits « r », comme si elle avait voulu s’échauffait la gorge ou la tester ! Ce simple mot prononcé à sa manière, qu’on aurait dit qu’elle le chantait, le rendait sonorement magique.
– Bonjourrrrrrrr, je vais vous chanter plusieurs chants qui viennent des grandes
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profondeurs de mon âme et de mon histoire ! Je vous souhaite à tous une excellente soirée pour ce Noël 2013, et croyez-moi, je vais vous faire une très jolie surprise à vous tous ! Vous qui êtes assis dans cette salle, vous qui êtes derrière votre écran ! dit-elle en regardant successivement les caméras qui retransmettaient les images en direct. Et vous qui êtes venus ce soir dans ce magnifique opéra-théâtre parisien, dans cette salle arquée et habillée de tout ce rouge (elle montra les rideaux de ses belles mains effilées) ! Je vous promets votre plus grand cadeau pour ce Noël 2013 ; oui, je pense qu’il restera gravé dans votre cœur, vos oreilles et vos yeux pour très, très, très longtemps ! La soirée sera divisée en trois actes, afin que je me repose un peu, et vous, pendant ce temps, vous pourrez prendre une pause pour vous dégourdir les jambes ou pour aller fumer une cigarette dans les parties
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prévues à cet effet ! Et vous les enfants, je sais que vous êtes nombreux ce soir, vous pourrez demander à vos parents de vous acheter des sucreries qui se trouvent dans les escaliers et dans le hall… Et on terminera la soirée par ma grande surprise qui alimentera, je pense, vos rêves à tous…
– Merci, vous êtes un ange, merci !
– Oui, merci, vous êtes vraiment la meilleure chanteuse que je n’ai jamais vue et entendue de toute ma vie ! Merci d’exister, j’aurais connu ça dans ma vie avant de mourir, merci !
– Oui, moi aussi, je pense la même chose, vous êtes la meilleure et la plus jolie dans votre robe bleue magnifiquement scintillante…
Plein de gens lui lancèrent des compliments, la salle était raisonnablement exaltée sans provoquer
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le moindre débordement, les gens savaient se tenir, et même ceux debout à l’extérieur qui voyaient les images sur les grands écrans de la place de l’Opéra remuaient les bras en l’air comme pour lui faire un signe ! La température de dehors était de 4°, mais apparemment personne ne s’en souciait tellement leur esprit était capté par ces écrans plasma-tétines géants qui vampirisaient toute la surface électrique de leur âme-rétines !
La Cantatrice à la robe bleue commença à rouler sur sa chaise en tournoyant sur elle-même pendant qu’elle commençait son premier chant ! Les gens avaient des frissons sur tout le corps et même les enfants ne comprenaient pas cette nouvelle sensation intense qu’ils ressentaient lentement et qui s’insinuait partout dans leurs entrailles ! Sur la loggia, il y avait le couple propriétaire de l’opéra avec la famille amie Coquillage
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et leurs enfants qui s’étaient finalement réunis et qui voyaient ensemble toute la scène en vue plongeante pour admirer cette Cantatrice virtuose qui se mettait en mouvement rotatif sur son siège avec toujours sa robe qui lui couvrait les jambes ! Et de temps à autre, dans les pirouettes, la robe se soulevait en laissant apercevoir un fond noir bleuté avec par moments des reflets métalliques ! La voix continuait d’accompagner ces mouvements, ces spires… Elle tourbillonnait sur elle-même ! Oui, sa voix était comme la traînée d’une étoile filante qui restait sur la scène ; c’était merveilleux, incroyable ! Il y avait un silence dans tout Paris, seuls les avions au loin dans le ciel se faisaient entendre en arrière-fond de la voix de la diva ! Les gens pleuraient tellement c’était beau, magnifique. Elle continua à moduler ses vocalises d’une rareté, d’une pureté qui semblait vraiment descendre du ciel en
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venant du paradis ou d’une ville paradisiaque sous-marine plus que féérique…
Elle se tourna en faisant face à la scène et aux spectateurs qui étaient dans la salle et qui restaient interdits, presque aveuglés devant une telle beauté de son et de charme qui ressemblait à un quasar[1] rayonnant, provoquant de vives émotions, suscitant des sentiments inénarrables pour toutes les attentions qui étaient psychiquement portées, concentrées sur cette unique et grande Cantatrice à la robe bleue ! Une sensation physique et émotionnelle présente, qui valait les meilleures vacances passées, les meilleurs rapports sexuels individuels ou partagés, les meilleurs plaisirs professionnels ou pécuniaires, les meilleurs livres lus ou films regardés.
[1] Quasar : astre dont l’émission est supérieure à celle d’une galaxie tout entière. C’est donc un objet céleste, ressemblant à une étoile, mais d’une luminosité infiniment plus intense…
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Oui, rien n’égalait cet état semi-hypnotique provoqué par sa merveilleuse voix douce, sensuelle et exquise !
Les femmes âgées se retenaient à leur mari pour ne pas fléchir de plaisir tellement elles se sentaient mentalement caressées par cette voix qui s’infiltrait par leur oreille en leur provoquant au passage des frissons dans tout le corps, dans le cerveau, comme des milliers de petites gouttes d’oxygène qui se lâcheraient en même temps pour effleurer et câliner leur cou avant de descendre le long de leur colonne vertébrale, puis de remonter jusqu’au cerveau et piquer en plein dans leurs neurones de l’écoute avant d’abreuver ensuite tout le reste de leur encéphale dans un feu d’artifice de sensations douces et agréables, inoubliables…
Cette Cantatrice était inhumaine, impossible qu’une voix aussi belle puisse
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avoir tant d’impact sur les consciences humaines ! Un téléspectateur sur la place de l’Opéra voulait vérifier la rumeur, à savoir si c’était vrai qu’à chaque fois qu’elle était en représentation, la façade de l’opéra était remplie de pigeons et autres oiseaux parisiens. Alors, il se tourna vers la gauche et leva la tête sur le bâtiment ; eh bien, avant même qu’il ait posé ses yeux dessus, sa vision périphérique lui dévoila vaguement plein de petites masses immobiles noires et grises ! Et quand ses yeux furent effectivement sur la façade et la toiture de l’opéra, il vit plein de pigeons tranquilles en train, semble-t-il, d’écouter ce chant qui filtrait par le toit en venant caresser sur son chemin aérien le lustre intérieur de la grande salle avant de finir dans les petites oreilles des volatiles ! Le gars donna un petit coup de coude à sa compagne pour lui indiquer du menton de regarder aussi :
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– Ohhh chéri ! C’est donc vrai, incroyable le nombre… Cette Cantatrice à la robe bleue n’est pas humaine, ce n’est pas possible, incroyable, je ne rêve pas mon chou ?
– Non, je te le confirme, je vois la même chose que toi, il y a bien tous ces oiseaux qui sont comme subjugués en restant presque complètement statiques ! Il y a vraiment des choses mystérieuses dans l’univers, je crois que l’on ne connaît rien en vrai, hallucinant !
Puis il enveloppa sa chérie de ses bras relâchés, apaisés, tout en restant extrêmement envoûté devant ce spectacle supplémentaire… (des oiseaux).
La Cantatrice venait de finir la première partie de son spectacle. Le rideau se baissa et les gens semblèrent sortir d’un sommeil léger ; ils se rappelaient tout ce qu’ils venaient d’entendre, alors ils applaudirent de
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concert ! Ils n’en revenaient pas, surtout ceux qui venaient de l’entendre pour la première fois de leur vie comme la famille Coquillage et leurs enfants, Paul, 14 ans, et Sandrine, 11 ans, qui étaient les amis de Cédric, le fils du couple Christèle et Alain, les deux propriétaires de l’Opéra Garnier et leur fille Sophie ! Eh bien, la mère, Caroline, toute retournée, prit la parole avant que son mari Roger ne réponde à son tour :
– Sa voix, c’est comme manger la meilleure des Blédine pour bébé ! Le meilleur fruit exotique qui puisse exister ! Oh oui, c’est bien de cet ordre du sensationnel ou quelques sens se rejoignent, se mélangent en impressions gustatives, tactiles et auditives des plus délectables ! Les mots sont bien limités pour exprimer et faire partager dans sa plus grande justesse ce que je viens de ressentir ! Pas toi, chéri ?
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– Oh oui, Chérie, je te retourne la remarque, incroyable ! Mais moi, j’avais plutôt eu l’impression d’être massé par plein de jolies filles avec de la crème bien visqueuse, trés agréable ! Mon cerveau était comme court-circuité, entre mes sensations en mémoire et les sensations que sa voix me provoquait présentement à chacune de ses vocalises-sons érotiques, pourrait-on dire… Oh, je paierais bien un milliard d’euros si j’avais les moyens pour l’entendre tous les jours !
– Comment ça, chéri ? Tu aimes bien mes bisous et mes caresses quand même ?
– Mais oui, oui, oui, ne mélange pas cette expérience des sens à distance sans contact avec cette magicienne diva et toi, ma puce !
– Je t’aime !
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– Moi aussi !
Christèle et Alain avaient un petit sourire aux lèvres après avoir entendu l’échange de ce couple ami qui était les parents des camarades de leur fils ! Puis leurs enfants aussi prirent la parole :
– Oh maman ! lança Sandrine, 11 ans, la petite fille de la famille Coquillage, j’ai vraiment cru entendre ta voix au ralenti. C’était comme une vague lente qui passait, s’infiltrait par mes oreilles avant d’emplir tout mon être ; c’était bizarre et très doux ! Car je ressentais comme une vibration entre mes oreilles, ma colonne vertébrale et le reste de mon corps ; c’était vraiment agréable et marrant comme sensation !
– Oui, moi aussi, reprit le copain de Cédric, Paul, 14 ans, qui voulait comme sa sœur dire un mot sur ce qu’il venait de ressentir dans ce grand Opéra Garnier à Paris ! Oui, moi, j’ai vraiment cru que
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j’allais m’endormir comme un été sur la plage après avoir mangé une bonne glace ! J’avais un goût de sucre dans la bouche et une envie terrible de me reposer sans pouvoir me détacher de sa belle et attendrissante voix…
Cédric prit la parole à son tour :
– Moi, j’ai cru que j’étais en train de nager dans un lagon avec une température agréable, et qu’après, je remontais sur ma bouée pour boire une boisson exotique ! J’avais, comme toi Paul, un goût sucré dans la bouche et une envie de me laisser bercer par les vaguelettes qui faisaient légèrement tanguer ma bouée… J’étais bien… Et les paroles de cette Cantatrice sont très jolies et justes, car elle parle beaucoup de la mer et de ce que les méchants pêcheurs peuvent faire subir aux animaux qui y vivent ; mais elle le dit tellement joliment que tout passe…
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– Oui, c’est vrai qu’elle ne chante que des chants en rapport avec la mer et ce que les hommes peuvent faire comme dégâts. Elle veut peut-être, comme nos profs, nous sensibiliser à l’écologie, rajouta Paul.
– En tout cas, moi, elle me sensibilise de sa magnifique belle voix, répondit du tac au tac Cédric à son copain !
En fait, tout le monde n’avait eu que de bonnes sensations à rapporter pendant qu’ils écoutaient la Cantatrice à la robe bleue ! Oui, c’était une expérience sonore qui provoquait en cascade des troubles psychophysiologiques, sensitifs, kinesthésiques et cinesthésiques à un point tel que ça perturbait hautement, mais agréablement, leurs sensations habituelles internes de leur corps. Et leurs différentes mémoires aussi se mélangeaient entre celles du tactile, du goût, de l’odorat, du visuel, de la
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sémantique… en hypertrophiant tous ces modules des sens à la fois, alors qu’ils étaient normalement moins interdépendants, tout en gardant un régime beaucoup plus lent, mais qui donnait dans ce cas-là l’impression intense d’être dans un rêve-sommeil-éveillé ressemblant à une légère fièvre de 37,99 degrés, voire plus pour certains qui atteignaient même un seuil de température légèrement au-dessus de 38 !
Le second acte allait commencer, le rideau se leva et la dame à la robe bleue était toujours sur son fauteuil avec un merveilleux sourire aux lèvres. Elle regarda toute la salle en faisant un tour panoramique pendant qu’elle faisait tourner son petit cou toujours en souriant. Les gens étaient en extase ; en fait, ils étaient tous amoureux d’elle et le moindre geste de sa part, comme un petit doigt relevé, était comme un mouvement
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parfait, irréel, fantastique ! Elle observait partout, elle avait des mains magnifiquement effilées avec des ongles plats à la géométrie cylindrique presque parfaite. C’est clair qu’une femme pareille au Moyen Âge serait passée pour une sorcière envoûteuse ! Et heureusement qu’on était en 2013 et que les mentalités avaient évolué depuis… Malgré cela, personne ne comprenait d’où venait ce puissant pouvoir de séduction, cette capacité à charmer rien qu’avec sa simple voix ! Quel apprentissage avait-elle fait dans son enfance, car elle semblait avoir entre vingt et trente ans, peut-être vingt-huit ans ! Qui étaient ses parents ? Personne ne connaissait rien d’elle, sauf ses proches, la famille de marins à la retraite qui s’occupait d’elle dorénavant… Elle restait mystérieuse !
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Voilà, la représentation reprenait, elle changea de côté en bondissant d’un seul coup de son fauteuil pour changer de position ! Le bureau et l’aquarium avaient légèrement bougé et elle commença à chantonner. Elle prenait des mimiques encore plus expressives, plus fortes que tout à l’heure, elle chantait avec plus d’intensité ; les gens fragiles dans la salle tombaient dans les pommes un par un ! L’émotion qu’elle provoquait était encore plus puissante que lors du premier acte ! Elle lança comme des petites boules imaginaires de son en fermant et en ouvrant alternativement la bouche pour diffuser sa voix ! Des lampes dans la salle éclatèrent et plein de spectateurs dans l’amphithéâtre et sur la place de l’Opéra dehors pleuraient de joie, de bonheur : « C’est exquis, extraordinaire ! » Les pigeons sur la toiture roucoulaient pendant que les chiens hurlaient comme font les loups
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dans les montagnes ! C’était incroyable, oui, incroyable ! Beaucoup de personnes dans le monde qui entendaient la Cantatrice ne parlaient plus ; la plupart des hommes et des femmes de la planète Terre restaient silencieux pour savourer cette délicieuse voix de miel… Certains dans la salle étaient en pleurs et ils voulaient quitter l’opéra tellement la sensation devenait, je répète pour certains seulement, désagréable tellement c’était agréable ! Un peu comme un rapport sexuel où la femme ou l’homme crie tellement c’est fort, c’est bon : là, c’était pareil, mais sans provoquer un orgasme génital ! Non, c’était une pure jouissance cérébrale ! Comment pouvait-elle faire ça ? Et elle continua pendant une demi-heure avant que le rideau ne se rabaisse ! Les gens dans la salle étaient éberlués, ébranlés par ce qu’ils venaient d’entendre, de voir et de ressentir au fond de leurs entrailles ! Certains se
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demandaient ce que ça allait être au troisième acte, tellement l’intensité en émotion entre le premier et le deuxième acte était déjà montée crescendo, puissance crescendo !
En plus, elle avait une surprise à faire, alors cela voulait dire qu’elle ferait, outre sa voix, un cadeau supplémentaire extraordinaire à ses fans qui l’aimaient d’un amour intellectuel et émotionnel sans faille ; mais aussi à ceux qui la découvraient ce soir pour la première fois. Certains avaient même peur de rester dans la salle pour écouter ce troisième acte, alors une vingtaine de personnes voulurent suivre la suite, mais en sortant pour aller sur la place de l’Opéra et suivre sa représentation via les écrans hauts de gamme, pour justement avoir ce filtre électronique entre eux et la Cantatrice à la robe bleue : comme ça, se disaient-ils, leurs émotions seraient
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moins fortes ; oui, ils seraient moins happés que s’ils avaient eu directement la Cantatrice physiquement devant eux sans l’intermédiaire de ces écrans tampons… Il était 22h15, leur place vacante avait été aussitôt prise par d’autres spectateurs qui étaient restés debout jusqu’ici dans les allées, et ils avaient eu le temps de s’installer et les autres de sortir de l’opéra en se frayant difficilement un chemin jusqu’à dehors, et il était temps, car cette troisième partie allait bientôt commencer, on entendait déjà des bruits derrière le grand rideau rouge bordeaux de la scène !
– Maman, j’ai vraiment cru que mon corps était léger et que j’allais m’envoler pour rester collée au plafond de l’opéra qui est encore plus haut que le grand lustre ! Oui, je me voyais survoler toutes ces lampes et regarder en vue plongeante la Cantatrice ! C’était incroyable maman ! lança Sophie à sa
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mère Christèle qui regarda son mari Alain en même temps qu’elle embrassa sa fille sur la tête.
Le couple des parents du copain de Cédric avait aussi un regard complice devant une telle innocence exprimée spontanément par la fille de leurs amis. Tout le monde dans la salle donnait ses impressions, et cette fois-ci, par rapport à tout à l’heure, ils étaient beaucoup plus nombreux à s’exprimer ! Car beaucoup de gens avaient ressenti des sensations et des émotions encore plus fortement que lors du premier acte ; mais certains restaient cois, muets, comme Cédric et le couple ami Coquillage et leurs enfants !
Le rideau se leva et la Cantatrice apparut debout sur une sorte de déambulateur qui la maintenait verticalement, mais toujours vêtue de sa magnifique robe bleue ! Personne ne voyait ses jambes, personne ne pouvait
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voir son galbe, la robe opaque, mais d’une couleur fraîche, lui donnant une très belle forme digne de rivaliser avec les plus beaux mannequins de la planète ! Et elle prit la parole :
– Vous passez une bonne soirée ?
Tout le monde dans les rues parisiennes et sur la place de l’Opéra comme dans la salle cria ensemble de joie :
– Oui, oui, vous êtes merveilleuse…
Et même les mamies et les papys s’y mettaient tellement ils semblaient avoir rajeuni en l’écoutant ! Tout le monde était d’accord, elle était extraordinaire, et grâce à elle, ils passaient une inoubliable soirée qui s’inscrivait dans leurs gènes ! Mais ils étaient tous en attente, impatients de connaître la suite. Oui, quelle était sa surprise ? Elle qui avait déjà assuré jusqu’ici, que pouvait-elle
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faire de plus ? se disaient la plupart. Car concernant les émotions et les sentiments, on peut toujours repousser les limites ; les mots limitent la définition des ressentis ; les ressentis comme les sentiments et les réelles émotions ne peuvent avoir un similaire explicatif-curseur-indicateur d’intensité qui transpose, qui détermine et fixe au nanomètre près la réalité de ce que l’on ressent vraiment uniquement par le verbal, sans autre objectif sinon de réduire justement le ressenti exacte de ces sensibles-impressions-émotions, car ces dernières resteront toujours dans les grandes subjectives lignes sensorielles invisibles propres à tous ceux qui vivent justement leur individuelle et personnelle vie psychique…
Alors, la Cantatrice disposait encore, dans le timbre de sa voix, de milliers de palettes émotionnelles pour eux ; et elle
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leur réservera encore probablement plein d’autres émotions qui tripleront pour imprégner beaucoup plus fortement la perception parapsychique exquise de tous ces auditeurs mélomanes ! Mais d’où venait-elle ? Qui était-elle ? Était-ce une déesse venue sur Terre pour prêcher la bonne parole comme l’avait fait Jésus ? Personne ne comprenait comment une diva pouvait avoir une faculté largement supérieure à la moyenne en provoquant dans les consciences des émotions pareilles ; et cela sans connaître les spectateurs et amateurs qui n’étaient pas particulièrement attachés à la musique de l’opéra ! Beaucoup avaient même des goûts à l’opposé, aimant plutôt la techno, le rap, le funk, le jazz… Non, sa voix avait vraiment de l’attrait pour tous les goûts des gens divers et variés qui composaient la société ; ce qui faisait qu’elle était vite devenue une célébrité ! Ses CD de musique partaient comme des
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petits pains sur les rayons des boutiques musicales ! Sur Internet, on téléchargeait gratuitement (ou après transaction pour les honnêtes personnes) à tout va ses représentations visuelles et sonores ; elle avait fait six fois le buzz sur la toile en captant des milliards d’internautes et ses musiques avaient été écoutées, de par le monde, plus de 20 milliards de fois, et ça continuerait encore et encore avec la représentation de ce soir…
Enfin, elle restait un mystère pour toutes les femmes et tous les hommes qui étaient actuellement vivants sur cette généreuse Terre ! Elle reprit la parole après avoir laissé les enthousiastes clameurs de la foule s’atténuer :
– Je vais vous chanter mon meilleur morceau, celui que ma maman me chantait quand j’étais petite fille pour m’endormir ! Et en même temps, je vous montrerai quelque chose, mais ne prenez
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pas peur, ne paniquez pas ! Je suis à votre service, je vous aime tous…
– Oui, oui, on vous fait confiance, Cantatrice, on vous aime aussi !
Elle commença à chanter son morceau… Mais là, dès le départ, son chant commença à prendre une telle ampleur, oui, une telle intensité, que cela en devenait inouï, sublime, divin ! Elle avait un timbre de voix tellement inimaginable en vibrations qu’une dizaine d’appliques de la grande salle avaient radicalement explosé. Tous les gens, les spectateurs de l’amphithéâtre comme ceux de la place de l’Opéra ou ceux assis chez eux dans leur canapé devant leur télévision étaient dans un semi-état comateux éveillé ! Elle tripla pourtant d’intensité en regardant la salle avec ses yeux aussi grands ouverts que sa bouche à demi close ! Les lampes du lustre implosèrent en tombant gentiment
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en petits morceaux sur la tête des mélomanes qui ne bronchèrent même pas tellement ils étaient captés, hypnotisés par la Cantatrice à la robe bleue qui se déplaçait sur son déambulateur de part et d’autre de la scène comme un oiseau planant au ras du sol en lançant des regards partout devant les caméras et dans la salle.
Le monde semblait être collé à ses lèvres, les gens étaient dans un état proche du nirvana en entendant un si plaisant chant qu’ils pensaient tous, à tort, connaître, tellement il était parfait ! Les pigeons, les chiens comme les humains, restaient collés à ces mélopées vibratos sans rien émettre, n’osant à peine bouger : ils étaient comme prisonniers d’eux-mêmes par la chaîne invisible des sens auditifs et visuels ! Cela était inouï, comme dans les contes pour enfants, mais là, c’était vrai, elle
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était bien là, devant eux, en train de vocaliser tout en valsant sur la scène avec son déambulateur ! Puis elle passa à la dernière partie de son chant en émettant une intensité vocale jamais atteinte aujourd’hui par une femme ou un homme ! Oui, c’était le moment où elle allait faire sa révélation à tout le monde, elle avait quelque chose à dire, à montrer, mais elle le dirait et le ferait en chantant, c’était son souhait le plus cher, afin de mieux faire passer et imprimer l’information qui serait décuplée dans le codage, le stockage ou la trace mnésique, par l’émotion… Oui, elle voulait que personne n’oublie cette soirée de Noël 2013 !
Toute la salle la regardait avec intensité pendant qu’elle regardait elle-même aussi les spectateurs/téléspectateurs via les caméras qui retransmettront tout ce
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qu’elle allait dans l’instant dévoiler concernant ce qu’elle avait de plus profondément personnel à dire, et surtout à exhiber !
Tout le monde avait une larme qui naissait dans les yeux tellement l’histoire qu’elle chantait a cappella était forte : elle parlait de sa mère qu’elle avait perdue en mer à cause d’un filet qui l’avait étranglée et noyée, de son enfance chaotique et difficile entre la disparition de cette mère et la vie qu’elle avait eue en pleine mer … pendant qu’au même moment, elle enleva sa robe devant tout Paris…
Oui, tout Paris était médusé comme tous les téléspectateurs qui suivaient de par le monde grâce à la magie du direct due à ces ondes électromagnétiques qui filent à la vitesse de la lumière avant de retransmettre à l’autre bout de la planète ce qui se passait ce soir-là dans l’Opéra
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Garnier en plein Paris ! Les gens n’en revenaient pas et certains doutaient de leurs sens, d’autres se frottaient les yeux, d’autres les faisaient cligner, d’autres essuyaient leurs lunettes, mais tous regardaient au même endroit ce qu’il n’arrivaient pas au premier coup d’œil à bien voir, ce qu’il y avait sous la robe bleue de cette incroyable Cantatrice !
La robe tomba sur le plancher en bois de la scène pendant que la Cantatrice continuait à débiter son flux de chant en rapport avec sa vie intime…
Les gens étaient tous frappés d’une stupeur mêlée à une intarissable curiosité de remplir leurs yeux d’informations visuelles tellement c’était inimaginable et féérique à la fois ce qu’ils découvraient là, devant eux ! Les contes devenaient donc véridiques, ce qu’on pouvait lire dans certains livres était donc vrai ! Mais où s’arrêterait cette réalité si ce qu’ils
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voyaient tous devant eux n’était pas une supercherie, mais une réelle réalité-vérité de matérialité potentiellement et possiblement palpable à tout moment si on voulait venir vérifier que ce l’on voyait était réel encore une fois ! Certains pleuraient de joie comme la famille Coquillage et leurs enfants Paul, 14 ans, et Sandrine, 11 ans, et même les deux propriétaires Alain et Christèle avec leurs deux enfants Sophie et Cédric, qui n’avait du coup pas rêvé lorsqu’il avait vu cette chose bizarre tout à l’heure avant la représentation de la Cantatrice… Ils restèrent tous estomaqués ! Car ils connaissaient la Cantatrice mieux que n’importe quel spectateur pour s’en être approchés de très près et jamais ils n’auraient pu s’attendre à une telle chose si enchanteresse…
Car tous les téléspectateurs, ceux présents dans la grande salle en fer à
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cheval ou ceux devant les écrans disposés ailleurs dans l’opéra ou sur la place, purent découvrir devant leurs yeux, derrière sa jolie robe bleue enlevée, une magnifique… queue de sirène !
Toute la salle était en larmes. En fait, cette Cantatrice à la robe bleue était une magnifique sirène qui avait été sauvée par la famille de marins pêcheurs ! Mais sa mère n’avait pas survécu à ce drame et elle mourut en s’enfonçant dans la profondeur des eaux bleues de la mer. Les marins, ce jour-là, avaient versé des larmes en voyant la sirène si affectée, pleurant d’une voix sonore de colère envers les hommes. Sa voix pleine de rage avait semblé ce jour-là avoir fait le tour de la Terre tellement elle était d’une puissance en intensité, car elle avait été très affectée de perdre sa mère sous ses yeux une fois libérée du filet. En effet, elle l’avait vue partir doucement dans les
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profondeurs abyssales de la mer, comme dans le film Titanic de James Cameron où Rose (Kate Winslet) voit son chéri Jack (Leonardo DiCaprio) partir pareillement sous les dévoreuses eaux géantes, glaçantes et sombres de l’océan…
Les marins l’avaient ramenée sur la terre ferme pour la soigner de ses blessures. Elle avait survécu, mais elle avait eu la queue comprimée jusqu’au sang à vouloir se dégager au plus vite de ce filet aux mailles en forme d’entonnoir qui serraient sa queue et qui l’avaient piégée.
Elle avait finalement manifesté de la reconnaissance à ces marins qui l’avaient sauvée, mais elle voulait quand même en échange avertir les hommes du monde entier de ne plus polluer les mers, tout en arrêtant de les vider de ses poissons, tout en faisant attention à ne plus pêcher dans
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leurs filets tous ceux qu’ils ne mangeaient pas comme les dauphins, les baleines, les orques, les phoques, etc. Oui, elle faisait passer le message en se servant de sa voix étincelante pour accompagner ses chants implorants et plaintifs, afin que cela ne laisse plus personne indifférent… Les gens n’en revenaient pas que les sirènes existent réellement ! C’est vrai que la mer était un milieu aquatique que l’homme n’avait pas aussi bien exploré que celui des terres… L’homme connaissait peut-être plus de choses sur la Lune et l’Univers que sur les mers ! Alors, toute créature exceptionnelle pouvait y vivre en cachette, la preuve avec cette magnifique Cantatrice-sirène !
En tout cas, le message était visiblement bien passé, tout le monde dans le monde applaudissait et approuvait, et depuis ce jour-là, la pêche
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des poissons avait été divisée par dix ! Et des mesures supplémentaires de surveillance avaient évité de tuer malencontreusement des milliers de dauphins, de phoques, de baleines, d’orques, de méduses et peut-être d’autres… divas sirènes !
Coco le perroquet émit deux mots : « Bravo Cantatrice ! », et le rideau se referma sur l’Opéra Garnier.
Cette nouvelle a été écrite en hommage à la chanteuse Adèle qui fut la première chanteuse à me faire vibrer à chaque fois, et cela dès la première fois que j’écoute l’une de ses nouvelles musiques ! La Cantatrice que je me représentais ressemblait beaucoup à cette petite Adèle, sauf qu’il lui manque la queue serpentine irisée… hi ! hi ! hi !
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Fin de l’histoire.
La Cantatrice à la robe bleue
Dans l’Opéra Garnier à Paris se déroulera la plus grande représentation vocale de tous les temps depuis que l’homme a conquis tous les territoires proches ou éloignés de la Terre : mers, îles, plaines, forêts, montagnes, ciel, espace, Lune…
Une Cantatrice dont la voix faisait plus que de transmettre des mélodies ! Oui, quand elle chantait, la planète s’arrêtait pour elle… mais quel était son secret ?
