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Pauvre Martine...
Desplanches David. Né le 3 juin 1975. Premier jet terminé à l’âge de : 37 ans. « Pauvre Martine… » et publié sur Amazon le 8 octobre 2021 à l’âge de 46 ans.
Pauvre Martine…
Première partie : page de 5 à 44
Deuxième partie : page de 45 à 68
Épilogue : Page 69 à 75
Nombre de pages total : 76
Nombre de lignes : 1735
Nombre de mots : 11036
Paragraphes : 200
Photos : 0
Principaux personnages : Pauvre Martine…
Quatrième de couverture
Elle mangeait des gâteaux sans même regarder le nombre de paquets qu’elle engouffrait. Elle passait son angoisse en restant chez elle à regarder la télévision, car elle se sentait très mal dans sa peau, alors, elle fuyait le regard des autres (…)
En effet, elle était très complexée par son corps et avait tenté de trouver du travail, en vain, car son aspect physique répugnait à chaque fois les patrons des entreprises…
Mais voilà qu’une entreprise décide enfin de l’embaucher avant qu’un retournement de situation ne provoque le rejette de la candidature de cette Pauvre Martine qui sera inconsolable. Tout semblait bon avant qu’un responsable la voie dans la salle d’attente et annule son contrat… Trop habituée à ce genre de chose que Martine n’en pouvait plus de ce nouvel échec remettant une fois de plus en cause son apparence, mais était-ce vraiment son physique cette fois-ci qui avait joué ou un autre élément ?
Est-ce que sa triste condition trouvera une issue ? En tout cas, c’était très loin d’être gagné, et cela toujours aux dépens de cette pauvre Martine…
Copyright © 2020 Desplanches David Tous droits réservés. ISBN : 978-2-9566808-0-2
Première partie
Elle mangeait des gâteaux sans même regarder le nombre de paquets qu’elle engouffrait. Elle passait son angoisse en restant chez elle à regarder la télévision, car elle se sentait très mal dans sa peau, alors elle fuyait le regard des autres. En effet, elle pesait 118 kilos pour un mètre soixante-cinq et avait cinquante-six ans, mais elle en paraissait dix de plus à cause de ses soucis liés à l’image qu’elle dégageait et qui la travaillait beaucoup depuis des années maintenant. Oui, elle était très complexée par son corps après avoir tenté de trouver du travail en vain, oui pour rien, car son aspect physique répugnait à chaque fois les patrons des entreprises ; pourtant, cette pauvre Martine souhaitait de tout son cœur être embauchée dans ces sociétés diverses et variées. Elle ne comprenait pas pourquoi les gens la jugeaient comme ça, de prime abord, sans même essayer de dialoguer avec elle. Elle avait pourtant fait plein d’efforts pour se
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faire accepter en présentant un très bon CV, digne de rivaliser avec les meilleures postulantes diplômées des plus hautes écoles universitaires.
Mais visiblement, son physique faisait obstacle à tout jugement objectif des recruteurs comme des patrons qui l’interrogeaient quand elle venait postuler au poste proposé. Leur annonce à l’ANPE portait pourtant l’inscription des qualités requises qui ne mettait aucunement le physique en avant :
« Si vous voulez être accepté(e) pour ce poste, qualités exigées : il vous faut une très bonne élocution, une répartie fulgurante, être souriant(e) et observateur(trice). Même si vous avez un défaut physique quelconque, cela n’a aucune importance si vous regroupez les attributs cités précédemment. Nous privilégions l’intelligence de la relation humaine à l’apparence. Et nous vous demanderons aussi d’être vous-même sur le long terme sans travestir votre personnalité en simulant de faux sentiments.
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Voilà, nous vous souhaitons bonne chance pour votre recherche d’emploi et nous serons heureux de vous accueillir parmi nos membres ; nous recherchons vingt-cinq personnes, vous en saurez plus après le premier contact établi, alors tentez votre bonne-étoile-chance ! »
Voilà comment était présentée l’annonce qu’avait lue Martine. Elle était maintenant presque heureuse, avachie sur son canapé, juste en dessous d’un petit encadrement rectangulaire protégé par une vitre. Et au centre de ce dernier, qui est donc au-dessus de sa tête, elle voyait un diplôme où figurait un nom qu’elle pouvait lire dans le reflet d’une glace, qui elle, se trouvait sur le mur d’en face, au-dessus de la télévision à écran plasma qui reposait sur une petite commode. Elle pouvait lire un mot incompréhensible vu sous cet angle, mais elle le connaissait, sans jamais avoir réellement pris conscience de sa signification exacte, ce mot qu’elle voyait à l’envers, comme dans un rétroviseur d’une voiture : « + tuotA». Elle habitait un appartement à
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Châtenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine, département 92, et elle vivait seule : son mari (Maurice) était parti avec leur unique enfant Fabien qui n’avait que 9 ans à l’époque de cette séparation. Elle venait d’avoir 39 ans et elle était plus jeune que son ex-mari de dix ans, car Maurice avait 49 ans. Ils l’avaient abandonnée à son triste sort voilà dix-sept ans pour qu’elle se dirige vers un destin qui semblait à première vue fatal, étant donné son état psychologique en déprime ! Elle mangeait tout ce qui passait devant elle, elle avait à peu près le même automatisme qu’un alcoolique qui dilue son spleen ou son mal-être dans l’alcool. Mais Martine s’était promis de ne pas rompre la promesse qu’elle avait faite à sa grand-mère maternelle : de ne jamais boire de toute sa vie ! Alors elle s’était rabattue sur les sucreries, la charcuterie, les boissons sucrées,… etc, au détriment de sa santé et de son aspect physique qui n’arrangeait rien à sa vie dans ce monde d’apparences sans pitié !
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Châtenay-Malabry dans les Hauts-de-Seine, département 92, et elle vivait seule : son mari (Maurice) était parti avec leur unique enfant Fabien qui n’avait que 9 ans à l’époque de cette séparation. Elle venait d’avoir 39 ans et elle était plus jeune que son ex-mari de dix ans, car Maurice avait 49 ans. Ils l’avaient abandonnée à son triste sort voilà dix-sept ans pour qu’elle se dirige vers un destin qui semblait à première vue fatal, étant donné son état psychologique en déprime ! Elle mangeait tout ce qui passait devant elle, elle avait à peu près le même automatisme qu’un alcoolique qui dilue son spleen ou son mal-être dans l’alcool. Mais Martine s’était promis de ne pas rompre la promesse qu’elle avait faite à sa grand-mère maternelle : de ne jamais boire de toute sa vie ! Alors elle s’était rabattue sur les sucreries, la charcuterie, les boissons sucrées,… etc, au détriment de sa santé et de son aspect physique qui n’arrangeait rien à sa vie dans ce monde d’apparences sans pitié !
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Alors, elle vivait souvent sur le moment après quelques indices optimistes, dans l’anticipation faussement positive, en profitant d’un fantasme plaisant pré-échec, afin d’être armée contre la déception post-échec qui suivrait immanquablement ; c’est ce que lui disait son inconscience ! Martine avait une psychologie très, très compliquée, mais c’était son instinct de survie qui mettait en place des systèmes psychiques défensifs imaginatifs fluides contre la folie ! Mais là, après la dernière annonce lue, elle avait pris réellement un sacré coup au moral ! Et sans cette dernière publication parue à l’ANPE de Châtenay-Malabry, qui mettait plus en avant les qualités intellectuelles et morales que le physique, elle aurait probablement fait une grave bêtise… Et sa prostration sur son canapé, en train de manger n’importe quoi, était une triste illustration de son état d’esprit en exil qui mourait d’envie d’oublier les problèmes terrestres qui la ramenaient à sa réalité physique disgracieuse, le principal obstacle à son épanouissement personnel dans les relations sociales qui restaient pour elle cruelles et sans appel.
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Mais maintenant, elle était vraiment contente de cette annonce qui lui avait semblé cette fois-ci de bon augure. Pour preuve, elle souriait à toutes les personnes qui se trouvaient dans la salle d’attente de l’ANPE et qui faisaient, pour la plupart, une mauvaise tête de perdant sans grande conviction pour leur avenir. Mais Martine, au contraire, n’arrêtait pas de parler en étant spirituelle, à tel point que tout autour d’elle, il n’y avait pas moins de dix personnes qui l’écoutaient avec attention. Elle était béate de prolonger ce moment d’expectative avant d’affronter physiquement le patron. Mais d’abord, elle devait rencontrer une responsable de l’ANPE, qui la mettrait ensuite en relation avec le directeur de l’entreprise de cette annonce. Une fois les coordonnées en main et les présentations téléphoniques terminées, elle pourrait s’y rendre pour enfin passer cet entretien final d’embauche.
Elle continuait à parler beaucoup tout en ayant quand même l’œil rivé au compteur qui défilait au-dessus du bureau d’accueil.
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Car en rentrant, dès son arrivée, elle s’était directement dirigée vers le rouleau qui distribuait les tickets qui géraient la bonne harmonie chronologique de l’attente de chaque personne qui attendait son tour sur ces chaises en ferrailles transpercées de petits trous. Le compteur indiquait « 16 » et elle avait le numéro 17 ; ça allait donc être son tour dans pas très longtemps. Alors, elle ralentit son débit verbal fluide en faisant mine de chercher quelque chose dans la poche intérieure de son sac noir pour que les quelques interlocuteurs qui l’écoutaient, faute d’une conversation nourrie, repartent vaquer à leur occupation de lecture d’annonces ou d’attente. Elle regardait alternativement le compteur tout en poursuivant sa fausse recherche pour faire diversion à son vrai centre d’intérêt, qui était le passage au numéro suivant qu’elle ne voulait, sous aucun prétexte, manquer ! Puis le compteur passa à ce fameux numéro 17…
« Tiens, c’est mon tour ! Bon, je vous souhaite bonne chance à vous tous, et à moi aussi, je vais tenter la mienne une fois de
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plus, car, croyez-moi, je ne compte plus mes lamentables tentatives ! »
Pendant qu’elle s’avançait vers les bureaux vitrés où l’attendait la personne qui allait la recevoir, des jeunes gens sur d’autres chaises la dévisageaient sans gêne, tout en faisant des commentaires désagréables à son encontre ; heureusement que Martine n’entendait pas, trop préoccupée à passer correctement son entretien ; elle semblait imperturbable et bien concentrée. Oui, un jeune d’une vingtaine d’années disait à son copain, qui était venu l’accompagner à cet ANPE – car ils allaient ensuite ensemble à la piscine, mais avant ils devaient venir prendre connaissance des nouvelles annonces affichées sur les panneaux : « Oh ! Tu as vu l’engin ? Quel boulot une grosse femme pareille peut occuper ? Personne ne va l’embaucher ! Tu as vu la tête qu’elle avait quand elle parlait ? On aurait dit un alien venu de l’espace galactique, hi hi hi hi ! »
Les gens dans la salle se tournèrent avec dégoût en entendant deux jeunes cons
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immatures se foutre de la tête d’une femme respectable, malgré son aspect peu appétissant !
– Arrête poteau (mon pote), cela ne se fait pas, ce n’est pas sa faute !
– Oui, c’est vrai, excusez-moi, cela m’a échappé ! finirent-ils par dire hypocritement tous les deux, car ils étaient mal à l’aise en vrai maintenant que plusieurs regards réprobateurs étaient pointés sur eux…
Martine entra dans le bureau avec un grand sourire qui n’était pas forcé, tellement elle était réellement en confiance après la lecture de cette annonce. Et comme elle avait affûté sa langue quelques minutes plus tôt en parlant à son petit groupe de curieux, elle avait toute l’assurance d’une femme rodée mettant tous les atouts de son côté pour réussir son entretien haut la main, ou plutôt haut la langue ! Et quand celle qui devait recevoir Martine la vit dans l’embrasure de sa porte de bureau qui était ouverte, l’échange commença :
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–oMadame, bonjour ! Allez-y, entrez, je vous en prie, asseyez-vous !
–oBonjour Madame, je peux poser mon sac ici ?
–oOui, allez-y ! Bon alors, vous avez été interpellée par l’annonce d’Atout + qui a été affichée en début de semaine !
– Oui, et j’étais impatiente d’être à vos côtés pour en parler ! Car j’ai passé une vingtaine d’entretiens et aucun employeur n’a voulu me faire signer un contrat, même déterminé ! Alors un CDI (Contrat à durée indéterminée), n’en parlons pas ! Maintenant, vous êtes mon seul et dernier espoir, car d’après l’annonce, j’ai toutes mes chances, malgré ma grosse charpente charnelle adipeuse, hi hi hi !
– Oui, tout à fait !
La dame qui accueillait Martine avait les cheveux bouclés avec une broche sur le côté gauche. Elle était en sandalettes et portait un pantalon qui lui arrivait aux genoux. Martine regarda un moment les orteils de cette gentille dame, qui étaient posés à
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même le sol à côté d’une poubelle rose foncé ; oui, elle avait regardé au passage tout naturellement les pieds de cette femme pendant qu’elle posait son sac. Mais elle se dit intérieurement que des chaussures de ville, ça fait quand même plus habillé quand on tient un bureau à l’ANPE, mais bon…
– Madame, vous voulez donc être prise pour ce poste et je vous rassure tout de suite : depuis ce matin, deux personnes ont déjà été acceptées ! Alors, il souffle un bon vent en ce moment sur l’ANPE de Châtenay-Malabry et il faut en profiter ! Et j’ai eu l’adjoint du patron qui m’a fait part qu’il recherchait encore cinq personnes de chez nous. Car ils ont mis d’autres annonces dans d’autres villes, et pour partager tous les postes, ils ont devisé trois autres communes en zones géographiques. En fait, ils ont besoin de 21 personnes en tout, et comme 3 x 7 = 21, il nous reste donc cinq postulants à classer pour nous, étant donné qu’il y a déjà eu deux placements de fait ce matin. Et avec vous, si le travail vous intéresse vraiment et
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que vous l’acceptez, cela ne fera plus que quatre postes vacants à pourvoir !
– Oui, oui, c’est bon pour moi ! Oh madame, laissez-moi vous faire un bisou ! lança Martine impulsivement en se levant de sa chaise comme un kangourou.
– Non, non, je n’ai rien fait ! Moi, je ne fais que mettre en communication, en contact les demandeurs d’emploi comme vous et les employeurs ! Je n’ai donc aucun mérite, vous savez…
– Oh ! Ce n’est pas grave, je vous fais quand même un bisou ! Attendez, je fais le tour de votre bureau… Car je suis contente. Enfin mes grosses fesses ne vont pas m’empêcher de travailler comme tout le monde cette fois-ci ! Oh que je suis heureuse ! Oui très heureuse… Allez venez… Bissssss !
La dame était interloquée par l’enthousiasme peu coutume de Martine qui avait été jusqu’à lui faire la bise en venant à elle en contournant sa table de travail. Oui, cette gentille dame n’avait rien dit, tellement
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cette action s’était faite rapidement en la prenant au dépourvu. Mais aussi parce qu’elle avait de l’indulgence et de la compréhension pour Martine ; tout en étant aussi satisfaite d’elle-même de lui faire plaisir par les informations positives qu’elle lui donnait.
– Alors, vous savez comment cela se passe : on va téléphoner à la personne qui s’occupe des candidatures pour voir si, dans un premier temps, votre profil correspond bien à ce qu’ils font au sein de leur entreprise !
– Oui bien sûr… faites…
La dame prit son combiné téléphonique après avoir posé devant ses yeux la fiche de l’entreprise pour lire leur numéro de téléphone. Et elle composa le numéro devant Martine qui la regardait avec un grand sourire qui coupait ses muscles zygomatiques. La dame lui renvoya son sourire tout en attendant qu’une personne, à l’autre bout de fil, réponde. Au bout de trois tonalités :
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– Oui allô, Atout + !
– Bonjour Monsieur, c’est l’ANPE de Châtenay-Malabry, je vous rappelle une troisième fois, car j’ai une nouvelle personne qui souhaiterait se faire embaucher par votre entreprise !
– Ah oui très bien, alors parlez-moi d’elle, présente-t-elle les qualités requises ?
– Oui, elle a une très bonne diction et paraît très instruite, avec un savoir-vivre visiblement sans tache, dit-elle en faisant un clin d’œil complice à Martine.
En fait, à part la grosse bise qu’elle venait de recevoir sur sa joue gauche, cette dame, en disant cela, repensait à la conduite de Martine quand elle était arrivée et qu’elle avait demandé si elle pouvait poser son sac par terre. Et elle l’avait demandé avec politesse et fait avec délicatesse. Ce comportement présageait donc d’un minimum de retenue et de savoir-vivre. Cette dame avait de l’expérience et elle savait que certaines femmes, contrairement à Martine qui avait agi avec sensibilité,
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auraient pu carrément poser leur sac sur son bureau sans demander l’autorisation. Et certaines auraient même pu carrément faire valdinguer ses affaires de son secrétaire, qui assuraient et contribuaient à son travail de bureautique, comme sa tasse dans laquelle elle mettait ses stylos, ses feutres, ses ciseaux, le papier, sa petite pendule, etc… Mais aussi son écran qui était souvent l’objet de chocs et donc de changements d’orientation, ce qui avait pour conséquence d’énerver cette dame aux sandalettes. Car elle devait à chaque fois repositionner son moniteur au bon angle pour ses yeux.
Le monsieur affecté au recrutement de l’entreprise Atout + reprit la parole et répondit :
– Je vous fais confiance Madame, car les deux personnes que vous nous avez envoyées en début de matinée ont une attitude et un comportement parfaits. Nos clients sont d’ailleurs contents de leur présentation et de leur représentation ! Donc, nous sommes prêts à accueillir votre
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nouvelle venue cette après-midi si cela est possible pour elle.
La dame mit sa main sur la partie inférieure du combiné en levant la tête vers Martine :
– Madame, la personne responsable du recrutement vous propose un rendez-vous pour cette après-midi ! Pouvez-vous y aller ou êtes-vous occupée à autre chose ?
– Oui, oui, bien sûr, j’accepte ! Oui, j’accepte mille fois oui ! Même si j’avais eu un improbable rendez-vous galant, je l’aurais repoussé ; le travail pour moi est la chose la plus importante, c’est mon moral, c’est mon équilibre psychologique ! Oui, c’est toute ma vie… Oui, oui, je suis d’accord ! Eh oui, il faut de l’argent pour assurer le loyer de mon appartement et pouvoir aussi continuer à me nourrir ; bien qu’à première vue je n’en ai vraiment pas besoin ! Oh oui, dites à ce monsieur que j’arriverai quand et où il le voudra, et à l’heure qu’il le souhaitera… Oui, c’est vrai, mais à quelle heure dois-je me rendre et où précisément ? Car sur vos
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annonces, il n’est jamais mentionné l’adresse des patrons !
– Oui et vous comprenez pourquoi ! Sinon, n’importe qui se pointerait ici et irait directement relever les adresses en appelant ensuite dans la foulée les patrons ! Et pour vous, qui êtes inscrite à l’ASSEDIC, nos annonces ne serviraient du coup plus à rien ! Et on ne pourrait plus filtrer les candidatures, afin de cibler les attentes et les demandes des employeurs qui recherchent leurs employés avec des profils particuliers. Alors voilà pourquoi les adresses ne sont remises qu’une fois que l’on a préalablement passé un entretien avec la personne légalement inscrite et postulant au poste.
– Oui, je m’en doutais. Non, je vous ai demandé cela, car j’ignore où je dois me rendre, voilà tout !
– Oui attendez, donc c’est d’accord, je vais reprendre le monsieur au téléphone pour lui dire que c’est OK et je vous donnerai ensuite les directives et conseils pour vous rendre chez eux. Et vous allez voir, c’est facile, deux avant vous s’y sont déjà rendus
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ce matin sans visiblement le moindre problème. Car ils m’ont rappelée pour me dire qu’ils avaient facilement trouvé l’entreprise et que leur entretien s’était bien passé.
– Oui, oui, allez-y, je vous en prie !
La dame retira sa main de la partie inférieure du combiné téléphonique en forme de demi-sphère évasée pour reprendre sa conversation avec le recruteur d’Atout +.
– Oui, excusez-moi Monsieur. Bon, la personne est d’accord, elle viendra cette après-midi ! Mais pouvez-vous lui dire à quelle heure ?
– Oh, à 15h30, si cela lui convient.
– Bon, d’accord, elle viendra à votre rendez-vous, je vais lui dire. Je vous remercie Monsieur, et je vous dis à plus tard, car d’autres personnes vont probablement postuler pour aller à Atout + comme on a encore quatre postes à pourvoir chez vous !
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– Oui, vous avez raison, alors je vous dis aussi peut-être à tout à l’heure pour nous avertir d’une potentielle autre postulante ! »
La dame raccrocha sous les yeux interrogateurs de Martine. « Elle a oublié de lui demander l’adresse », se dit-elle sans même réfléchir dans une demi-panique. Mais la dame allait vite la rassurer…
« Voilà, c’est bon, ils vous attendent pour 15h30 !
– Mais où est-ce ?
– Ah oui, je vais vous donner l’adresse que j’ai déjà, car vous n’êtes pas la première personne qui est partie là-bas, comme je vous l’ai dit ! Attendez… ah voilà, j’ai retrouvé informatiquement leur adresse… Vous allez donc aller à Longjumeau en prenant le bus ; c’est le…
– Oh ! Ne vous embêtez pas, je vais demander à un ami de m’y accompagner. L’essentiel, c’est que j’ai maintenant leur adresse et l’heure.
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– Oui, bien sûr, vous faites comme vous voulez, tenez, la voici ! Elle se trouve à côté de l’église Saint-Martin au numéro 9 de la route de Corbeille, code postal 91160 Longjumeau !
– Merci Madame ! Mais pouvez-vous, avant que je ne parte, m’apporter des informations sommaires concernant ce poste !
– Ah oui, alors d’après notre fiche, votre fonction sera de répondre aux questions et d’orienter ensuite des jeunes qui recherchent un club de football, mais aussi tout autre sport qui va de la pétanque à la natation en passant par l’athlétisme. Vous serez donc en relation avec les entraîneurs des différents clubs de tous les Hauts-de-Seine. Et aussi de ces jeunes qui viendront à l’entreprise pour obtenir de l’aide par votre intermédiaire, que vous orienterez, afin qu’ils trouvent le bon club et qu’ils puissent ensuite, dans la foulée, faire la pratique sportive qu’ils souhaitent. Mais ces personnes ont toutes un point commun : elles souffrent d’un défaut physique ou
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mécanique dû à une maladie ou à un accident. Et c’est un établissement qui est visiblement très sérieux, car, d’après des collègues travaillant dans d’autres ANPE, tous ceux qui vont dans cette entreprise y restent très longtemps avec au bout un contrat à durée indéterminée (CDI) quand certains y font carrément carrière !
– Bon alors, dans ce cas, je n’ai donc pas de temps à perdre, je vais retourner chez moi pour me préparer et manger un peu ! J’ai le temps… Et comme je connais les environs, cela ne devrait me poser aucun problème. Je vous remercie beaucoup, Madame !
Martine se leva devant la dame qui ne pouvait s’empêcher de regarder le derrière de cette forte et large femme. Mais elle s’interdit, par respect envers Martine et envers elle-même, de tout commentaire, et de toute critique en posant vite ses yeux sur son écran d’ordinateur, comme si elle n’avait rien vu…
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Martine sortit de la salle pour passer devant les chaises de tout à l’heure, sur lesquelles il ne restait que quelques-uns de ses interlocuteurs passifs. Elle avait un sourire rêveur en poussant la porte de sortie de l’ANPE. Oui, elle sortait joyeuse et il était 11h20, elle avait donc largement du temps devant elle !
Elle prit ensuite deux bus pour s’arrêter finalement devant le Truffaut de Châtenay-Malabry et marcher pendant une dizaine de minutes avant d’arriver chez elle. Elle rentra dans son appartement et ouvrit une boîte de raviolis avant de vite filer dans sa garde-robe : elle était pleine d’espoir ! Son regard s’arrêta sur un pantalon et un pull violet avant de descendre pour stopper sur des petites chaussures élégantes de couleur noires ; Martine avait des tout petits pieds boudinés.
Eh oui, elle voulait être sur son trente-et-un pour mettre toutes les chances de son côté, en limitant sa disgrâce naturelle causée par son volume corporel et son poids qu’elle considérait comme un obstacle certain à son
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évolution et à sa réinsertion sociale ! Elle s’était beaucoup laissé aller depuis sa séparation avec son mari (Maurice) et leur unique enfant Fabien qui n’avait que 9 ans et qui en avait maintenant 26. Mais aujourd’hui, elle voulait reprendre une place dans la société et essayer de refaire sa vie ! Et là, elle était contente de savoir que des personnes l’attendaient à 15h30 cette après-midi. Elle entendit un bruit sourd : le bouillonnement des raviolis qui commençaient à être bien chauds pour la dégustation !
« Oh mince, mes raviolis ! »
Elle mangea bien, puis elle se mit sur son canapé avec un bloc-notes pour noter toutes les questions essentielles qu’elle devrait poser une fois devant le recruteur ; elle le faisait avec enthousiasme en visualisant toute la scène… Mais en étant trop concentrée comme elle l’était, elle ne fit même pas attention à l’horloge, car il était maintenant 14 heures ! Oui, le temps d’arriver chez elle pour se faire à manger et choisir une tenue correcte avait pris des
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heures et des minutes. Et finalement, elle n’avait pas distinctement perçu ce temps passé à cause justement de son état d’esprit accaparé par la préparation vestimentaire et rédactionnelle (mettre ses questions par écrit) dans des émotions rêveuses agréables d’être enfin prise dans une entreprise !
« Oh non, il faut que je parte maintenant, ce n’est pas vrai, il est déjà 14 heures ! Bon, il faut que je prenne mes feuilles où j’ai dressé la liste des questions à poser, et je me laverai les dents plus tard… Mais je vais quand même prendre ma brosse à dents et mon dentifrice et je me les brosserai dans les W.C. d’un café, d’un bar ou d’un restaurant… si j’en ai l’occasion et le temps… mais là, il faut absolument que je parte ! »
Martine sortit de chez elle à toute vitesse pour se diriger vers le Truffaut, dont l’abribus était juste devant, pour récupérer justement le bus qui l’emmènerait ensuite vers la Croix de Berny avant d’en reprendre un autre qui l’acheminerait cette fois-ci vers l’église Saint-Martin au numéro 9 de la route de Corbeille, à Longjumeau.
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Le bus arriva à peine qu’elle arriva elle aussi devant cet abribus bien couvert par un toit, comme le nom l’indique (abribus), car il pleuvinait.
« Hé attendez ! », cria-t-elle en levant le bras en l’air. Le bus venait de la droite pour remonter la rue par la gauche, et Martine arriva en lui faisant face en plein milieu sur son flanc gauche. Le chauffeur freina légèrement pour qu’elle puisse arriver à la hauteur de sa cabine (côté de sa vitre ouverte), qu’elle contourna ensuite par-devant. Et elle monta par les portes avant, avant de prendre place plus loin dans le fond. Elle n’avait pas eu à attendre, mais elle venait de courir, alors elle profita, une fois assise, d’une place près des portes arrière pour reprendre son souffle après avoir oblitéré dans l’appareil son ticket de transport et traversé la petite section du couloir avant de s’asseoir. Et dix minutes plus tard, elle descendit pour sauter dans un autre bus qui l’emmena jusqu’à la place de l’église Saint-Martin de la ville de Longjumeau.
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Il était 15h, elle était donc en avance, contente, mais pressée d’être aussi devant ce recruteur. Alors pour tuer ces trente minutes qui lui paraissaient une éternité, elle alla dans un premier temps repérer la rue de l’entreprise pour gagner quelques minutes quand elle se représentera tout à l’heure à son rendez-vous. Mais elle voulait aussi tuer le temps en commençant à faire du shopping dans une boutique, quand elle se rappela, entre deux rayonnages de chemisettes, qu’elle devait impérativement relire ses notes concernant les questions qu’elle devrait poser. Alors elle ressortit aussitôt de ce magasin d’affaires vestimentaires pour aller s’asseoir sur un banc public de la place, juste devant l’église.
Il était maintenant 15h20, alors elle rangea ses feuilles dans son sac pour se diriger vers le numéro 9 de la route de Corbeille. Et avant de rentrer, elle vit son reflet dans la vitre de la devanture de l’entreprise d’Atout + en étant furtivement satisfaite de son image ; elle ne devait pas se
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laisser troubler par quoi que ce soit dont sa propre image positive ou négative.
– Bonjour Madame, je suis Madame Martine, je viens de la part de l’ANPE de Châtenay-Malabry !
– Ah oui, venez, vous avez votre pièce d’identité ?
– Oui, attendez… Voilà, tenez !
– Merci ! Ça a été le trajet ? Vous avez trouvé sans problème ?
– Oui, oui, j’habite à Châtenay-Malabry et j’ai mis à peine une demi-heure ; j’ai eu de la chance d’attraper consécutivement en vol les deux bus !
– Bon, très bien, vous pouvez donc attendre dans la petite salle d’attente, on va venir vous chercher dans quelques minutes !
Martine récupéra sa carte d’identité et était ravie d’être sur le point de se faire embaucher. Elle s’assit sur une chaise de la salle d’attente, quand une personne en costard-cravate passa dans le couloir en la regardant en coin. Mais ce n’était pas le
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recruteur, ça devait être un des responsables de l’entreprise d’Atout +. En tout cas, il avait les yeux grands ouverts dans la direction de Martine, qui elle, ne l’avait pas vu derrière la baie vitrée et rayée horizontalement de noir comme les tee-shirts des Daltons en prison de la célèbre bande dessiné de Lucky Luke, créé par Morris en 1946 ; suivi du dessin animé.
Au bout de quelques minutes, un autre homme en chemise et cravate d’un gris beige avec un grand sourire entra dans la salle pour lui donner certes une bonne poignée de main franche, mais elle était aussi pleine de douceur, chaleureuse et moelleuse !
– Bonjour Madame, je suis Philippe Rose !
– Oui, bonjour Monsieur !
– Vous venez s’il vous plaît dans mon bureau, on va parler de votre candidature.
– Oui, bien sûr !
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Martine était aux anges qu’une personne lui manifeste autant d’attention et de gentillesse ; elle en avait même des frissons dans toute sa tête et à l’arrière de son cou pendant qu’elle suivait le recruteur à la belle et si chaleureuse voix, similaire à sa poignée de main cordiale.
– Allez-y, asseyez-vous, je vous en prie ! Alors, vous êtes intéressée par nos postes concernant la mise en relation des jeunes handicapés avec les clubs handisport ?
– En fait, je n’ai pas tellement eu plus d’informations que ça, mais oui, cela pourrait me convenir, me satisfaire.
– Eh bien, je vais vous en dire davantage par rapport effectivement au très peu d’informations qu’il y a sur l’annonce affichée dans votre agence ANPE de Châtenay-Malabry. Oui, il faut le reconnaître, c’est vrai qu’à part les critères de personnalité sur lesquels on a insisté, il n’y a pas grand-chose de plus éclairant ; et pour le reste, c’est la totale surprise, ha ha ha ! Mais
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pas aujourd’hui Madame, car je vais vous en parler dans les détails.
– En effet, Monsieur, ceci pourrait mieux m’éclairer concernant ce futur poste, si vous m’acceptez bien sûr… Et pour les critères expressifs et autres… je pense les avoir…
Alors, Madame Martine, le poste consistera à recevoir des jeunes handicapés qui aspirent à faire du sport. Vous savez, la plupart d’entre eux souhaiteraient vraiment oublier leur handicap (physique et/ou psychique) pour aller mieux moralement en pratiquant justement une activité, en faisant pour certains diversion à leur mal-être existentiel habituel… Et pour la totalité de ces jeunes, ils ont trouvé nos coordonnées sur notre site Internet qui est, soit dit en passant, très bien ordonné ! C’est un informaticien hautement diplômé qui est d’ailleurs aussi handicapé moteur des membres inférieurs qui nous l’a créé. Nous avons donc besoin d’assistants d’orientation pour coordonner tout ça entre ces jeunes qui
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– se présentent chez nous et les clubs exerçant les sports recherchés et souhaités.
– Mais vous travaillez avec des clubs en particulier ? Je veux dire, avez-vous un réseau limité dans une région, un département, avec lequel vous êtes habitués à travailler, en plaçant précisément dans ces associations sportives ces jeunes organiquement et psychologiquement amoindris ?
– Ah oui, c’est vrai, c’est une très bonne question… Alors, oui, on est en relation avec tous les clubs de France et aussi parfois en Europe, comme l’Espagne, l’Italie, l’Allemagne, l’Angleterre… Et nous avons des délégués équipés de véhicules qui couvrent tout le pays, car dès que l’on a une candidature, une demande d’un jeune potentiel (pour entrer chez nous), on l’emmène voir le club de l’hexagone en question, afin qu’il puisse voir un peu comment cela se passera, avant qu’il s’inscrive définitivement pour commencer dans la foulée rapidement son sport. Et quand c’est un jeune venant de l’étranger et
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– voulant s’inscrire dans un club français – car il y a aussi plein de jeunes étrangers qui consultent notre site Internet avant de venir nous voir parce que, dans leur pays natal, le sport recherché ne se pratique pas ou n’existe point –, eh bien le club français se propose alors soit de le récupérer à la frontière soit, si son handicap est trop important, d’aller carrément le chercher en avion à son domicile ! Ou bien à l’inverse, si ce sont des jeunes Français qui veulent aller à l’étranger pour exercer un sport que l’on ne fait pas ici en France, eh bien, dans ce cas de figure, c’est le contraire : c’est le club étranger concerné qui vient le chercher à la frontière ou à domicile comme nous l’aurions fait pour eux ! Et pour répondre tout de suite à votre éventuelle interrogation, on reçoit des dons pour payer entre autres ces billets d’avion quand l’occasion d’un placement hors pays se présente ; mais c’est plus rare ! Et puis j’ajoute que, dans les inscriptions générales, nous incluons aussi un tout petit pourcentage qui comprend le tarif de ces voyages exceptionnels.
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– Oui, mais si admettons qu’un jeune qui vient de Châtenay-Malabry souhaite faire du cheval et que son handicap l’empêche de pratiquer correctement cette activité ? Jusque-là, j’ai bien compris ce que vous avez dit, cela n’est pas grave, car ces clubs avec lesquels je vais être amenée à travailler s’occupent justement de handicapés ; on est d’accord ! Oui, mais ma question est : si le seul club qui peut l’accepter se trouve à Marseille, pour exagérer la distance, ou bien carrément dans l’un de ces pays européens limitrophes, comment fera-t-il ensuite pour s’y rendre quotidiennement après les présentations de ce premier voyage accompagné ?
– Bon, je vais vous dire plusieurs choses, Madame Martine. D’abord, il est très rare que, dans toutes les disciplines spécialisées souhaitées par eux, il ne s’en trouve pas une au moins dans Paris ou sa banlieue. Un jour, on a eu un garçon de douze ans, handicapé des jambes, qui voulait faire du ski nautique assis sur une planche. Eh bien, on s’est arrangé pour qu’un club près d’un petit lac
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pas loin de chez ses grands-parents lui offre cette opportunité. Content, il partait ensuite chez eux un week-end sur deux, sans oublier les petites et grandes vacances, pour exercer son sport attendu, espéré ! Et pour ceux qui viennent de l’étranger ou y partent en quittant la France, c’est temporaire. Car cela se fait généralement dans une famille d’accueil ou chez un membre proche qui a émigré. Ils restent donc sur place en retournant le soir chez leur nouvelle petite famille exotique. C’est un peu comme ceux qui partent dans une famille d’accueil à l’étranger dans le cadre d’un séjour linguistique ; là, ce sera sportif, échange de bons procédés sociaux ! Mais la plupart, en effet, partent en famille, chez un grand-cousin, une grande sœur, un grand frère, une grand-mère, une tante qui a émigré là-bas, tout en étant à côté ou proche du club sportif du pratiquant en herbe. Voilà en gros comment les choses se font avec ceux de l’étranger ou ceux désirant partir dans ces pays frontaliers. Historiquement, au départ, on ne travaillait qu’en France, mais au fur et à mesure des demandes, cela a fait boule de
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neige. Oui, on a eu d’autres demandes de handicapés voulant aller à l’étranger comme des étrangers voulant venir en France. Et au final, notre entreprise principale « Atout + », censée travailler uniquement dans l’hexagone, a ouvert une petite succursale qu’elle a appelé judicieusement « Petit club circulaire d’Atout + », qui s’occupe de placer les handicapés à l’étranger comme placer ceux de l’étranger dans les handisports de France. Et cette petite succursale a des heures d’ouverture plus larges en travaillant avec plusieurs équipes par roulement continu. Eh oui, elles travaillent sur des distances plus longues, ce qui n’est pas si facile de faire correspondre correctement tous ces déplacements ; leurs portes restent ouvertes jusqu’à 22heures. La raison ? C’est pour mieux assurer le service de mise en communication préalable via les télécommunications (téléphone, Internet, …etc.), puis la mise en relation physique en faisant rencontrer (pour leur premier entretien) les personnes qui gèrent les clubs et ces jeunes. Tout cela a été fait, afin que tous ces jeunes défavorisés mécaniquement
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et intellectuellement, habitant sur toute l’Europe, puissent se mettre à pratiquer leur sport que les personnes d’Atout + et du « Petit club circulaire d’Atout + » ont rendu possible en adaptant justement tout le matériel de ces clubs travaillant conjointement avec nous pour ces jeunes enfants infirmes.
– Ah d’accord, j’ai compris ! Mais quel sera mon rôle au juste ? Car je vois qu’il y a plusieurs endroits possibles où je pourrais travailler d’après vos dires : dans des bureaux d’Atout + ou du Petit club circulaire d’Atout + pour recevoir ces jeunes, mais peut-être aussi que je pourrais occuper un poste directement dans les clubs… non ?
Eh bien oui, on peut, par la suite, proposer aux membres d’Atout + des mutations vers ces clubs, c’est ce que nous proposons d’ailleurs à ceux qui le veulent après deux ans de bons et loyaux services d’un travail qui a toujours été bien fait dans les bureaux d’orientation. Mais vous, dans un premier temps, si vous êtes acceptée,
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– vous travaillerez uniquement dans ces bureaux d’orientation pour recevoir ces jeunes handicapés en entretien.
– Oui, oui, oui, il n’y a pas de problème ! Alors, je commence quand ?
Martine et Monsieur Rose continuaient à parler en évoquant plein d’aspects du travail que devrait faire Martine si elle était embauchée ! Puis au bout de trois quarts d’heure :
– Eh bien, il faut que je présente votre dossier au patron, et ensuite, si c’est OK pour lui, on vous appellera chez vous pour vous indiquer le jour où vous commencerez, OK ?
– Oui, très bien, j’attends donc votre appel !
– Oui, c’est ça ! Et ne vous inquiétez pas, il y a de fortes chances que vous fassiez partie de notre entreprise… répondit Monsieur Rose avec un large sourire.
Martine se leva, contente, repassa devant la secrétaire en lui lançant son sourire plein de vie que lui renvoya cette dernière ; il était
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était vraiment dans la joie qu’elle s’était laissé traîner à faire les boutiques pendant tout le reste de la journée avant de rentrer chez elle vers 18h30.
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Deuxième part
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Martine ouvrit sa porte et vit qu’elle avait un message sur son répondeur. Elle n’était vraiment pas, et cela d’une manière bizarre, pressée de l’écouter. Alors elle déposa son sac et commença à essayer les affaires qu’elle venait d’acheter. Elle a fait cette folie dépensière sous le coup de l’enthousiasme. Elle se disait en effet : « Je peux dépenser un peu d’argent étant donné que je vais bientôt retravailler ! » Oui, mais le problème, c’est qu’elle avait dépensé une fortune en achetant pour 400 euros d’affaires vestimentaires Et si elle n’avait pas ce poste, elle se retrouverait dans l’incapacité de payer les factures d’électricité, et pour ses repas, n’en parlons pas ! Oui, après cette prise de conscience, elle regrettait vraiment d’avoir fait ces achats sous le coup des émotions qui l’avaient baignée de rêves (juste après l’entretien) d’un meilleur futur en perspective de ce que son prochain poste lui laissait augurer, présager… Mais bon, pour le moment, elle était contente, et elle essaya une par une ses affaires qui, pour la plupart, à part la robe trop petite, lui allaient
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parfaitement bien, malgré sa grosseur. Elle avait un visage qui resplendissait de joie, de bonheur, de ravissement… Puis elle les rangea toutes dans sa garde-robe avant de se diriger vers la cuisine pour préparer son dîner qu’elle prendrait dans la joie devant la télévision. Elle se prépara une quiche lorraine et une petite salade comme entrée. Mais en repassant devant son téléphone, elle aperçut périphériquement de son œil gauche, sans le regarder, le bouton rouge qui clignotait toujours.
« Ah oui, c’est vrai, j’ai reçu un message ! » Elle l’écouta :
« Oui, re-bonjour Madame Martine, c’est Monsieur Rose d’Atout +, on s’est vus cet après-midi, je suis vraiment désolé, mais vous ne pourrez pas occuper ce poste, nous vous souhaitons quand même bonne chance pour vos futures démarches… »
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Martine resta interdite, figée sur place ! Elle regarda son téléphone avec des sentiments qui se mélangeaient entre l’amertume, la tristesse, la colère… le dégoût des humains qui la rejetaient systématiquement ! Elle se parla à elle-même à haute voix tellement ses émotions devaient sortir…
« Mais pourquoi ? Pourquoi ? Qu’est-ce qui ne va pas encore ? Même pour un poste comme celui-ci, pour des handicapés, on ne veut pas m’accepter, alors tout espoir d’un avenir meilleur n’est qu’une illusion ! J’en ai marre, ce n’est pas possible, mais qu’est-ce qui les a fait changer d’avis, il avait vraiment l’air d’être OK ce Monsieur Rose !
En fait, ce jésuite (hypocrite) m’a jugée sur ma grosseur et il n’a pas voulu m’en parler pour ne pas me blesser, alors il a continué l’entretien comme si de rien n’était, pour la forme ! Oui, oui, Dieu, tu m’as fait comme une grosse vache et personne ne veut de ma compagnie maintenant à cause de toi ! C’est injuste, j’ai plein de qualités et
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personne n’en veut, et cela dès l’abord (la vue) de ma charpente de pachyderme ! C’est injuste, j’en ai marre ! »
Martine pleurait à chaudes larmes en allant s’asseoir sur son canapé en voyant sans les voir les images de la télévision. Elle se releva pour aller chercher sa quiche lorraine, et la déposa sur sa petite table devant le canapé (qui avait une hauteur de 50 centimètres) sur le tapis qui reposait lui dessous sur le sol. Martine remettait en cause toute sa personne, elle continuait de se dire :
« Mais ce n’est pas vrai, je dois vraiment être très, très moche pour que personne ne veuille de moi pour travailler ! Pourtant, j’ai passé un bon entretien, j’ai parlé avec ce type visiblement faux-cul jusqu’à l’âme, car il avait l’air aussi d’être ravi de ma candidature ; sacré comédien… je n’y comprends plus rien ! Non, non et non, ce n’est pas possible ! »
Puis elle se remettait à pleurer plus intensément en pensant aux dépenses
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qu’elle venait stupidement de faire sur cette place de l’église, sous l’œil peut-être narquois de Dieu qui la regardait d’en haut, se disait-elle, parano. Beaucoup de larmes glissaient sur ses joues ; les mêmes qui pourtant étaient heureuses tout à l’heure. Elle était dégoûtée de la vie, de voir comment les gens se comportaient d’une manière hypocrite envers elle. Elle croyait qu’elle allait enfin avoir ce poste qui lui convenait parfaitement d’après l’annonce de l’ANPE : « Physique ou défaut ne pose aucun problème, être intellectuellement et psychologiquement vive et avoir le sens de la communication ! »
Et en plus, elle avait appris qu’elle travaillerait avec des jeunes, ce qui l’aurait rajeunie un peu, tout en travaillant plaisamment à leurs côtés… Oui, elle perdait vraiment un poste en or, elle avait des larmes aux yeux en regardant ce cadre qu’elle voyait toujours par reflet dans la glace d’en face, au-dessus de la télévision, sans pouvoir lire réellement ce qu’il y avait
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dessus, car ses larmes embrouillaient sa vision et ses illusions…
Elle s’endormit dans la tristesse, et sa quiche lorraine, reposant toujours sur la table, s’était arrêtée de fumer. Mais la fumée enthousiaste de Martine aussi s’était arrêtée en disparaissant dans les volutes incertaines d’une fatigue diluée en grande partie dans le canapé…
Martine se réveilla à minuit, c’était la télévision qui l’avait réveillée ; il y avait en effet un film de cow-boys et ce sont les coups de feu sur les Indiens qui l’ont réveillée. Elle constata devant elle que sa quiche était intacte, mais froide, et que la télévision était restée allumée !
Elle l’éteignit et alla se déshabiller après avoir éteint toutes les lumières ; elle s’allongea dans le sofa et se rendormit à demi-tourmentée…
Quelques heures plus tard, à 8h30, Martine se réveilla et, dans la confusion du réveil, elle se posa plein de questions
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concernant sa pauvre vie qui n’allait jamais comme elle le souhaitait. Elle se repassa tout l’entretien pour voir si un détail lui avait échappé, mais en fait, il n’y avait rien, elle avait bien parlé avec ce type qui finalement avait fait correctement son travail. Mais elle resta dubitative sur ce revirement de décision aussi rapide, alors que les apparences de l’échange laissaient penser quelle avait toutes les chances d’être prise à ce poste quand elle était sortie de l’entreprise.
« Mais pourquoi on ne m’a pas acceptée à ce poste ? Pourquoi ? Qu’ai-je fait au Bon Dieu pour avoir autant de poisse que ça ? Si Dieu, tu m’entends, pourquoi tu me fais ça, tu t’amuses de moi ou quoi ? Ce n’est pas possible, je suis déprimée d’accumuler tant d’échecs, alors que d’autres n’ont qu’à sourire pour obtenir tout ce qu’ils veulent ! »
Elle prit sa quiche lorraine pour la réchauffer, car elle avait vraiment faim maintenant que l’intensité de sa déception était un peu retombée ; et le petit-déjeuner
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n’aurait pas été assez bourratif pour remplir entièrement son grand ventre affamé par la déprime qui commençait à pointer le bout de son nez. À 8h45, elle mangea pensivement. À 9h10, méditative, elle fit sa vaisselle quand tout à coup elle entendit le téléphone : Drinnnnng, dringgggggg ! Drinnnnng, dringgggggg ! Drinnnnng, dringgggggg !
– Oui, allô ?
– Bonjour Madame Martine, c’est Monsieur Rose, je ne vous dérange pas j’espère, mais vous savez, normalement, je n’ai pas le droit de vous rappeler ! Mais je suis réellement et tellement désolé pour vous, car vous auriez mérité ce poste ! Oui, vous aviez le profil qui correspondait parfaitement, mais il s’est passé entretemps une chose et je ne peux vous en parler, mais croyez bien que je suis réellement désolé pour vous ! Et je vous souhaite sincèrement de retrouver assez rapidement du travail, car je sais Ô combien la vie est difficile aujourd’hui !
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– Bah merci, Monsieur, mais… que s’est-il passé, car comme vous le dites je méritais ce poste !
– Je ne peux vraiment pas vous en parler davantage, vous avez donné visiblement mauvaise impression à une personne ! Et je répète, j’en suis réellement déçu pour vous, car j’ai eu l’occasion de vous parler et vous êtes une femme calme, posée et réfléchie, alors moi-même je trouve cela injuste ! Mais je ne peux vraiment rien de plus pour vous, sauf vous encourager à poursuivre vos recherches !
– Je vais être sincère avec vous, Monsieur Rose. Votre annonce était pour moi comme un gâteau descendu du ciel, par le profil qui pour une fois ne mettait pas en avant le physique, la beauté comme la majorité des annonces de l’ANPE ou d’autres entreprises que j’ai pu prospecter et qui n’étaient pas rattachées à cette agence de l’emploi de Châtenay-Malabry. Et vous n’êtes pas aveugle, vous avez bien vu mon physique ! Et encore une fois, j’en pâtis
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d’une manière totalement injuste, imméritée, inéquitable, inique, attentatoire ! Et croyez-moi, Monsieur Rose, c’est pour moi psychologiquement des plus préjudiciables et des plus démoralisants pour l’avenir que je ne veux même plus entrevoir ! Et je ne vous cache pas que je suis dégoûtée et que je n’ai plus du tout envie de me battre ! Mais merci de votre appel, je ne suis pas plus avancée dans la vie, mais merci quand même de vos impressions et sentiments sincères à mon égard, Monsieur Rose !
– Je renouvelle donc ma compassion envers vous, Madame Martine, je vous souhaite de retrouver rapidement du travail, accrochez-vous bien ! Au revoir !
– Au revoir, Monsieur Rose !
Martine était triplement intriguée de cet appel impromptu de ce Monsieur Rose qui était finalement un gars bien, et non un hypocrite comme elle avait pu le penser sous le coup de la colère. Mais elle se posait plein de questions en se remettant de nouveau en cause en allant se rasseoir sur son canapé.
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Son physique n’était-il pas vraiment un obstacle permanent, éternel, qu’elle ne pourrait jamais enlever pour être définitivement débarrassée de ce handicap visuel de tous les instants ! Mais apparemment, il s’était passé quelque chose. Peut-être qu’une personne l’avait vue au moment d’aller à l’entretien et l’avait mal jugée à cause encore une fois de son physique ? Mais dans ce cas, ça n’allait pas avec la philosophie d’Atout + de mettre d’abord en avant les qualités intellectuelles et morales des personnes. Elle commençait à se reprendre obsessionnellement la tête sur son physique, ne comprenant plus rien :
« Oh là là, si même dans une entreprise comme celle-ci on ne m’accepte pas, c’est que mon défaut physique visible doit être encore pire que les autres défauts des autres candidats, car même cette entreprise ne veut pas de moi ! Pourtant, j’ai toutes les qualités expressives requises, comme l’a si bien constaté et dit ce Monsieur Rose qui, par ironie contradictoire de son nom, m’a fait croire que depuis notre entretien la vie
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serait pour moi justement en rose ! Oui, Monsieur Rose m’a vraiment fait croire que je verrais dorénavant la vie en rose, mais il ne me reste plus qu’à m’acheter des roses et me réconforter ; mais même cela ne suffirait pas pour arriver à bout de ce désespoir qui m’étripe, là, sur ce canapé ! Et j’ai oublié, mais je n’ai plus de sous à cause de ces dépenses stupides que j’ai faites hier après-midi… Oh que je suis nulle, j’ai tout perdu ! Et moi qui me voyais refaire du sport pour rentrer dans cette robe… Quelle truffe de se voiler la face comme ça !
Mais, j’y pense là, il y a bien eu deux embauches qui s’étaient faites juste avant moi dans la matinée, et eux n’ont visiblement rencontré aucun problème d’après la dame de l’ANPE ! Mais moi, oui… Oh que le ciel me tombe tout de suite sur la tête pour dissiper et morceler cette vaste graisse obstacle de mammouth ! »
Martine était vraiment touchée au plus profond de son être. Elle n’avait plus de considération pour elle-même et la vie en
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général, et elle allait même se remettre à manger du sucre devant la télévision : comme des glaces, des bonbons, des gâteaux, des gros plats… Elle avait aussi l’intention de reprendre la cigarette qui, à défaut de la tuer sur le moment, la ferait peut-être maigrir, se disait-elle avec humour gris, triste ! Oui, elle était au plus bas de l’échelle de la déprime ! Il faut le supporter et avoir les épaules bien solides pour être rejeté comme ça par tout le monde sans broncher d’un iota graisseux ! Tant que vous ne le vivrez pas comme Martine, vous ne saurez jamais ce que les personnes comme elles peuvent réellement éprouver quand elles subissent de telles injustices humaines inhumaines !
« J’en ai marre, je vais faire une liposuccion pour enlever toute cette masse charnelle qui me bouffe la vie ! Oui, j’en ai vraiment marre de cette mauvaise image adipeuse qui me colle à la peau au sens propre comme au figuré ! Tout le monde pense que je suis une femme moche, grosse et sans intelligence parce que je me laisserais
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aller à la goinfrerie, alors que c’est faux ! Tout le monde est hypocrite avec moi en vrai : sourire par-devant avec de belles paroles, et on se moque de mon physique, on me descend esthétiquement, relationnellement et socialement parlant par-derrière… Alors comment puis-je rêver d’obtenir un poste un jour avec une telle image négative que je dégage dans une société aussi perverse et largement centrée sur les apparences ? Même ce poste qui aurait pu me plaire – et ma personnalité correspondait en plus parfaitement à ce qu’ils recherchaient comme postulante du point de vue mental pour justement l’occuper efficacement – me passe encore une fois sous mon gros nez légèrement pustuleux ! »
Elle n’en pouvait plus la pauvre Martine de sa condition humaine, à cause de son physique qui, croyait-elle, la confinerait éternellement dans les plus mauvaises sphères sociales des rejetés. Elle s’assit sur son canapé, à la limite de la rupture nerveuse, et elle regarda la télévision dans le vague. Son regard remonta vers la glace qui
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reflétait toujours l’encadrement du diplôme de son ex-mari, qu’il avait obtenu à l’université des années en arrière. Puis elle reposa son regard sur la télévision en même temps que son four à micro-ondes sonna pour l’avertir que sa quiche lorraine était enfin chaude. Quand tout d’un coup, elle revint rapidement sur l’encadrement et écarquilla les yeux ! Oui, elle commençait à comprendre la signification de ce mot, tout en prenant conscience de la situation au fur et à mesure qu’elle avançait dans le déchiffrement à l’envers de ce qu’il y avait écrit dans ce cadre :
«AAAAAttttttttttttttttooooooooooooouuuuuuuuuuu uuuutttttttttt++++++++++++++++, mais oui, je suis conne ! Atout + comme le nom de cette entreprise ! »
Elle faisait tout son possible pour essayer de comprendre, elle n’arrêtait pas de penser que c’était son manque de beauté qui la freinait à chaque fois, qui faisait obstacle à tous les essais pour être embauchée, malgré
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ses qualités morales et expressives ; mais là, elle pensait comprendre, oui, la lumière se faisait progressivement dans sa tête sans en être sûre à cent pour cent. Mais sa conviction grandissait en même temps qu’elle s’enfonçait dans son canapé… quand le téléphone retentit !
– Oui allô ?
– Bonjour Madame, c’est Monsieur Rose à nouveau, je vous rappelle, car je n’en pouvais plus de rester dans le silence sans vous avoir dit la raison pour laquelle vous n’avez pas été prise dans notre entreprise ! Je vais donc être direct avec vous Madame Martine !
– Je vous écoute !
– Vous n’avez pas été prise, car le dirigeant de l’entreprise d’Atout + est…
– Mon ex-mari ! lança Martine plus rapidement que Monsieur Rose.
– Oui, vous me l’avez enlevé des lèvres, c’est ce que je voulais vous dire. Mais comment avez-vous trouvé ? Je reste
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estomaqué, car vous avez été plus rapide que moi… en sachant la réponse que je m’apprêtais à vous donner !
– Ouf, je suis contente, Monsieur Rose, vous m’enlevez une sacrée grande charge psychologique. Oui, merci d’avoir confirmé mes soupçons ! Je suis heureuse, merci, vous me redonnez de l’espoir !
– Je ne comprends plus rien, vous êtes contente, Madame Martine ? Alors qu’un poste en or pour vous vient de vous être retiré !
– Oui, je suis soulagée de votre déclaration, car je ne comprenais pas, j’avais toutes les qualités ! Et voilà que même chez vous, j’essuyai un échec, alors que vous étiez l’entreprise la moins regardante que j’ai pu voir à l’ANPE concernant le physique, l’esthétique… En mettant d’autres qualités en avant que ces critères superficiels du XXIe siècle depuis l’apparition de la photo, du cinéma et de la télévision ! Oui, voilà que même chez vous, je n’étais pas acceptée ! Alors, cela voulait donc dire pour moi que
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j’étais vraiment une horreur pour les autres, que je dégoûtais visuellement tout le monde et ceux particulièrement qui m’avaient aperçue dans votre entreprise… Ce qui aurait empêché ensuite de trouver une place parmi vous pour réaliser ce travail très social !
Martine ne voulait pas se dévoiler entièrement, elle ne voulait pas exprimer la raison de sa véritable joie, alors elle fit diversion en amenant Monsieur Rose sur un autre terrain.
– Oui, je viens de me rendre compte que, dans mon salon, au-dessus de mon canapé, il y a un encadrement en verre qui est le diplôme de mon ex-mari qu’il avait gagné à l’université ! Et sur ce titre, il y a marqué justement « Atout + ».
– Ah oui, je vois, il a appelé du coup son entreprise du même nom…
– Oui, c’est cela, j’imagine !
– Mais dites-moi, vous êtes divorcés, n’a-t-il pas récupéré son cadre ?
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– Oh vous savez, il a l’original avec lui, il ne m’a laissé qu’une copie !
– Bon bah… voilà Madame ce que je voulais vous dire. Sinon vous êtes une personne qui aurait pu largement occuper ce poste, car humainement parlant vous êtes remplie de qualités inestimables ! Et je vous souhaite bonne chance dans vos futurs recherches.
– Au fait, dites-moi, est-ce que mon mari sait que vous m’avez avertie ?
– Non, surtout pas ! ! Et SVP, ne lui dites pas, je compte sur vous ! Ne l’appelez pas ! Il a encore des sentiments pour vous, mais il ne voulait pas mélanger vie sentimentale, familiale et vie professionnelle ! Et croyez le bien, il est vraiment peiné pour vous de devoir vous refuser ce poste qui vous aurait pourtant parfaitement convenu ! Il a même pleuré sur mon épaule pendant que l’on était à la machine à café avec d’autres membres d’Atout + et tout le personnel l’a réconforté tendrement. Il ne voulait pas avoir à se justifier auprès de vous chaque
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jour pour donner les raisons de votre séparation… Enfin, cela aurait été compliqué de travailler ensemble, alors que vous êtes divorcés ! Mais il regrette énormément que cette décision vous empêche de vous réinsérer comme toute personne française admirable !
– Mais comment a-t-il su que c’était moi ? On ne s’est même pas entretenu, ni croisés…
– Quand vous êtes venue me voir, il vous a vue à travers la baie vitrée quand vous étiez dans la salle d’attente ; il est passé dans le couloir et c’est à ce moment-là qu’il vous a aperçue. Et quand vous êtes partie, il m’a immédiatement mis au courant de votre histoire, d’où mon appel rapide dans la foulée le même jour pour vous avertir !
– Ah je comprends, mais laissez-moi vous dire quelque chose, Monsieur Rose !
– Oui ?
– Vous êtes mon sauveur psychologique ! Oui, vraiment !
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– Ah bon, mais pourquoi ?
– Comme ça !
– Voilà, Madame Martine, je vais devoir vous laisser, je renouvelle mon souhait que vous trouviez du travail le plus rapidement possible !
– Merci, Monsieur Rose !
– Au revoir !
– Au revoir !
Elle avait compris avant même que Monsieur Rose lui confirme au téléphone son intuition qu’elle avait eue devant ce cadre ! Mais au départ, elle ne comprenait pas, car elle était gentille et pleine de qualités… mais maintenant, elle savait la raison pour laquelle elle n’avait pas été prise à Atout +, c’était parce que le patron de l’annonce et donc de l’entreprise, était son ex-mari !
Elle était contente de cette nouvelle et l’avait d’ailleurs exprimé dans les oreilles de Monsieur Rose. Martine était très contente,
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car ceci ne remettait d’aucune manière en cause son physique… Oui, ce n’était pas sa physionomie ou son aspect général pour une fois qui avait encore joué un rôle de freinage pour un placement à un poste idéal.
« Oui, j’ai vraiment cru que mon physique encore une fois me desservait, j’étais désespérée d’un avenir meilleur qui n’arriverait jamais, car je croyais à tort que la cause première était mon physique ! Et je l’ai vraiment cru, oui, j’étais butée sur cette seule possibilité ! Alors qu’en vrai, grâce à l’indiscrétion de Monsieur Rose, j’ai pu connaître enfin la vérité pour découvrir que finalement mon physique n’était nullement mis en cause ! Oh que je suis contente de m’être trompée ! Oh que je suis heureuse de pouvoir espérer d’autres postes ! Car si je me suis fourvoyée cette fois-ci en croyant dur comme fer que la cause était uniquement ma silhouette, c’est que j’ai très bien pu
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aussi mal interpréter les autres situations où j’avais essuyé des refus dans d’autres entreprises ! Et d’après mes souvenirs, maintenant que je deviens un peu plus objective depuis cette bonne nouvelle de Monsieur Rose… oui, c’est ça… ça me revient… Eh bien, j’ai même vu des belles personnes se faire également recaler avec des mines complètement défaites en sortant des sociétés recruteuses… ! »
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Épilogue
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Alors boostée, Martine repartit dès lundi vers l’agence de l’ANPE de Châtenay-Malabry à la recherche d’une autre annonce, et elle finira même par trouver un poste dans le marketing pour les jouets après avoir passé dans la foulée un autre entretien dans l’après-midi. Elle revenait vraiment de loin, elle avait failli remettre en cause toute sa personnalité à cause de son physique qu’elle croyait problématique d’une manière irréfutable, à cause d’une croyance qui s’était formée à chaque mauvais regard goguenard ou commentaire critique d’une personne arriérée qu’elle pouvait rencontrer fortuitement sur ses nombreux chemins urbains de citadine ! Oui, des regards peuvent détruire des personnes très sensibles à leur physique !
Lundi matin, Martine entra donc à l’ANPE et la porte se referma derrière elle.
Mais elle aurait quand même vraiment voulu savoir pourquoi son mari avait appelé
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son entreprise Atout + ! Et elle aurait la réponse bientôt… Là, elle ressortit de l’ANPE, car elle avait obtenu un autre entretien à passer dans l’après-midi, alors elle rentra chez elle sans faire de folie d’achats comme elle l’avait fait la dernière fois ! En rentrant dans son appartement, elle s’aperçut qu’elle avait reçu une enveloppe avec le cachet de l’entreprise Atout + !
Dans cette lettre, c’était une petite brochure qui expliquait pourquoi Monsieur Maurice, patron d’Atout +, avait appelé son entreprise comme telle !
Son mari avait appelé son entreprise Atout + pour aider les gens qui n’étaient pas avantagés par leur physique apparent (esthétique) ou bien fonctionnel (mécanique) ou encore mental (intellectuel). Et donner une chance à ces personnes en leur offrant la possibilité de se rattraper avec d’autres atouts. Il voulait donc aider ces personnes pour lesquelles il compatissait.
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Ce nom, Atout +, avait une histoire. Il venait de ce diplôme qu’il avait eu à l’université en étant devenu champion de football. Car il était capitaine d’une équipe de handicapés… et il avait décidé, malgré leur handicap, que le surnom de son équipe serait Atout +. Et finalement, avec ses joueurs, il avait gagné la compétition qui réunissait quand même tous les handicapés des universités du département des Hauts-de-Seine (92). Bien que son équipe fût pourtant composée de personnes amoindries par un handicap quelconque, elles avaient toute été des virtuoses ce jour-là ! Oui, dans ce handisport qu’il avait mis sur pied, chaque joueur avait sa défaillance motrice ou sensorielle, qui déformait, pour certains, leur visage ou leur allure générale… mais malgré cela, ce jour-là, ils avaient fait une prestation digne de rivaliser avec tous les valides !
Après une dizaine de matchs, ils avaient fini par gagner la compétition sous les applaudissements d’un millier de personnes ! Le maire était même venu leur remettre leur coupe et leur médaille. Et ce même maire
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avait particulièrement voulu leur décerner également en main propre avec éloge un cadre avec un diplôme à chacun, sur lequel serait écrit en gros le surnom de leur équipe : Atout + ! Ce nom était une allégorie, comme pour dire qu’être handicapé pouvait avoir aussi des avantages, des atouts supplémentaires par rapport aux bien-portants : par exemple avoir une volonté farouche de se surpasser, de bien faire, d’optimiser au maximum leur attitude, les capacités qu’il leur restait…
Et Maurice, l’ex-mari de Martine, qui était aux commandes de la société, maintenant qu’il avait beaucoup mûri depuis cette belle époque de jeunesse, pour lui, appeler son entreprise Atout + était symbolique ! Il avait l’impression que l’ancienne volonté collective de son équipe irait se transvaser spirituellement non seulement dans les personnes salariées qui viendraient maintenant travailler à leur tour dans sa société pour réussir comme il avait excellé avec son équipe à l’université, mais aussi, il était sûr que la détermination viendrait
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pareillement imprégner l’esprit de tous les invalides qui viendraient s’inscrire dans son entreprise pour exercer une discipline sportive quelconque que la société mettait à leur service.
Quelques heures plus tard, Martine ressortit de l’ANPE avec un demi-sourire aux lèvres, elle s’orienta vers Antony en prenant un bus, car elle avait un entretien pour une place de marketing, afin de mettre en avant, en valeur, des aliments pour animaux. Elle irait vers les gens pour présenter ces produits après avoir préalablement préparé les annonces publicitaires qui se devraient d’être attractives. Mais elle ne savait pas au juste ce qu’elle ferait exactement dans les premiers temps et comment les choses allaient se mettre en place. C’est pour cela qu’elle était impatiente de se rendre à cet entretien préalable à l’embauche finale pour mettre tout ça au clair…
Quelques minutes plus tard, elle rentra dans l’entreprise Animal-Aise… une heure et
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demie passa… Martine ressortit avec une expression angoissée, comme une personne qui venait de terminer les épreuves du BAC sans connaître les résultats.
Elle connaissait que trop bien cette situation de fausse joie qui ne lui avait pas porté chance la première fois avec Atout + : quand tout avait auguré pareillement d’un meilleur avenir après avoir quitté Monsieur Rose…
Elle reprit le bus et retourna directement chez elle sans aller faire du shopping cette fois-ci, mais un thé à la menthe, tout en repensant à ce qui s’était dit l’autre jour au téléphone. Elle regarda l’encadrement comme à travers un brouillard de souvenirs de ce que son mari lui avait dit des années en arrière concernant ce diplôme… quand tout à coup le téléphone retentit !
– Oui, Madame Martine ? Madame Martine, fini les vacances, vous êtes prise !
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demie passa… Martine ressortit avec une expression angoissée, comme une personne qui venait de terminer les épreuves du BAC sans connaître les résultats.
Elle connaissait que trop bien cette situation de fausse joie qui ne lui avait pas porté chance la première fois avec Atout + : quand tout avait auguré pareillement d’un meilleur avenir après avoir quitté Monsieur Rose…
Elle reprit le bus et retourna directement chez elle sans aller faire du shopping cette fois-ci, mais un thé à la menthe, tout en repensant à ce qui s’était dit l’autre jour au téléphone. Elle regarda l’encadrement comme à travers un brouillard de souvenirs de ce que son mari lui avait dit des années en arrière concernant ce diplôme… quand tout à coup le téléphone retentit !
– Oui, Madame Martine ? Madame Martine, fini les vacances, vous êtes prise !
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« Ce qui empêche les gens de vivre ensemble, c’est leur connerie, pas leurs différences »
Anna Gavalda, écrivaine.
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FIN
Remarque : vous pouvez offrir cette nouvelle « Pauvre Martine… » à des personnes qui ont à tort une très mauvaise image d’eux-mêmes… Cela peut aider à réfléchir et prendre conscience que les problèmes ne viennent pas systématiquement de notre apparence physique…
Bientôt apparaîtra « La Cantatrice à la robe bleue » et en attendant, je vous dis à bientôt pour une nouvelle aventure littéraire gratuite.
